‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 189 sur 212 · LIVRE IV, CH. IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CH. IV

mouvement. Or, on n'observe actuellement rien de semblable. Donc le feu n’a pas de pesanteur, ni la terre de légèreté, puisqu’elle est au-dessous de tous les corps, et que le corps inférieur à tous les autres est porté vers le centre.

§ 8. On peut se convaincre de bien des façons qu’il y a nécessairement un centre, où se dirigent les corps qui sont pesants, et d’où s’éloignent les corps légers. La première raison qui le prouve, c'est qu'aucun corps ne peut avoir un mouvement à l'infini ; car de même que rien de ce qui existe réellement, ne saurait être impossible, de même non plus l'impossible ne peut jamais se produire. Or, la direction et le mouvement d’un corps est un phénomène qui se produit d’un lieu vers un autre. Un second argument, c’est que le feu paraît se porter en haut suivant des angles égaux, et que la terre se porte de même en bas, ainsi que tous les corps pesants. Il faut donc néces-

— Ije feu n'a pas de pesanteur , et il est absolument léger, de même que la terre est absolument lourde.

§ 8. Nécessairement, j’ai ajouté ce mot pour compléter la pensée. — Au centre où se diligent.... et d’où s'éloignent , cette définition duccntro ne se comprend bien que dans la théorie d'Aristote, où la terre est prise pour le centre du monde, et y reste immobile. — Un mouvement à l'infini, c’est ce qui a été longuement prouvé dans la Physique , Livre VIII, cb. 13, §4, page 551 de ma traduction; mais il ne s agit que du mouvement eu ligne droite ; car le mouvement en ligue circulaire peut être infini, si ce n’est en éten-

due, du moins en durée. — De ce qui existe réellement , le texte n’est pas tout à fait aussi formel. — Ne saurait être impossible , par cela seul qu'il existe. — La direction et le mouvement d’un corps, il n’y aqu’un seul mot dans le texte. — Un phénomène qui se produit , lo Lexte dit mot à mot, « une génération. » — Suivant des angles égaux, de quelque partie de la terre que le feu s’élève, c'est toujours suivant des angles égaux qu’il se porte dans la région supérieure, c'est-à-dire en ligue droite. — De la même façon, c'est-à-dire suivant des angles égaux aussi. Toutes ces lignes convergent vers le centre, ou s’en éloignent

sairement que ces corps se dirigent vers le centre. Quant à savoir si c'est vers le centre de la terre ou vers le centre du monde, qui se confondrait avec lui, qu’ils se dirigent, c’est une autre question.

§ 9. Puis donc que tout corps qui reste au-dessous des autres se porte vers le centre, il faut nécessairement aussi que le corps qui se tient à la surface de tous les autres corps, soit porté vers l'extrémité de la région dans laquelle ils font leurs mouvements ; car le centre est le contraire de l’extrémité, de même que le corps qui reste au-dessous des autres est le contraire de celui qui se tient à la surface. Voilà comment on peut fort bien concevoir que le pesant et le léger sont deux choses tout à fait distinctes; car les lieux qu’ils occupent sont deux aussi, à savoir, le centre et l'extrémité. 11 y a de plus entr’eux quelque chose d’intermédiaire, qui peut être dit indifféremment l’un ou l’autre, relativement à tous deux; carie lieu intermédiaire est en quelque sorte une extrémité et un centre à l'égard de tous les deux ; et c’est là ce qui fait qu’il y a en outre quelqu’ «autre chose de lourd et de léger, comme le sont l’eau et l’air.

dans la même direction. — C'est une autre question, qu'Aristote sans doute n’a traitée dans aucun autre de ses ouvrages.

§ 9. Qui reste au-dessous des autres , k cause de sa pesauteur. — Se jiorte vers le centre, où il est entraîné par son propre poids. — Vers l'extrémité , qui est l'opposé du centre, et qui est limitée comme le centre. — Le contraire de l’extrémité, « supérieure » sous-entendu ;

car le centre lui* même est une extrémité, puisqu'il est aussi une limite. — Entreux , soit entre le lourd et le léger, soit entre le centre et l'extrémité. J'ai conservé dans ma traduction l'équivoque qui est dans le texte. — Indifféremment dit Lun ou l'autre , voir la Physique, livre V, ch. 1, § 12, p. 280 de ma traduction.

— C'est là ce qui fait, la raison ne doit pas paraître très-concluante. — L’eau et l’air , c'est-à-dire que l'eau

Page 1