LIVRE IV, CH. V
tières différentes de celles-là, et qui sont entr’ elles dans le même rapport, c’est-à-dire absolument portées tantôt en haut et tantôt en bas. Voilà comment l'eau et l’air ont tous deux de la légèreté et de la pesanteur ; et comment l’eau, si l'on en excepte la terre, se tient au-dessous de tous les autres corps, et l’air, si l’on en excepte le feu, se tient à la surface de tous également. § 2. Mais comme il n'y a réellement qu’un seul corps qui soit à la surface de tous les autres, et un seul aussi qui se tienne au-dessous, il faut nécessairement qu’il y ait deux autres corps qui puissent être, et au-dessous d’un certain corps, et à la surface d’un certain autre corps. Par conséquent, il faut que les matières soient comme ces éléments eux-mêmes, au nombre de quatre, et qu’elles soient quatre en ce sens qu’il n’y a bien qu’une seule matière, commune à tous les corps sans exception, puisqu’ après tout ils sortent les uns des
maticalement très-correcte. 11 parait, d'après Simplicius , qu'Alexandre d’Apbrodisée avait une leçon un peu différente; mais cette autre leçon n’est pas plus régulière que l'autre.
Le sens que j'ai adopté est d'accord avec le reste du contexte. — C’està-dire , l’original n'est pas aussi explicite. — Absolument , il semble que ce serait Relativement et non Absolument qu'il aurait fallu dire, puisque les deux corps intermédiaires, l'air et l’eau, sont tantôt légers et tantôt lourds, selon qu’on les compare 4 la terre et au feu. — Se tient au-dessous de tous les autres corps y eu tant que plus lourde. — A la surface de tous également , en tant que plu» léger.
§ 2. Réellement , j’ai ajouté ce mot pour compléter la pensée. — Un seul corps qui soit à la surface , c’est le feu. — Un seul qui se tienne aitrdessouty c’est la terre. — Deux autres corps , l’eau et l'air. — Et au-dessous (f un certain corpsf l’air est au-dessous du feu, et l'eau est au-dessous de l’air. — Et à la surface d un certain autie corps , l’eau est à la surface de la terre; l'air est à la surface de l'eau. — Les matières soient comme ces éléments euxmémesy on ne voit pas futilité de distinguer les matières et les éléments. — Une seule matière y ceci est plus vrai dans la théorie d'Aristote; la matière est unique; mais se* propriété* sont diverses. — La
autres, et que la manière d'être de cette matière soit seule différente. § 3. Rien n’empêche, en effet, que les contraires n’aient un ou plusieurs intermédiaires, comme on peut le remarquer pour les couleurs ; car l'intermédiaire et le milieu peuvent avoir une foule d’expressions et de nuances. Ainsi, chacun des corps qui ont pesanteur et légèreté a, dans son lieu propre, un certain poids, tandis que la terre a du poids dans tous les corps; et ils n’ont jamais de légèreté, si ce n’est dans les éléments à la surface desquels ils surnagent. Aussi quand on retire ce qui les soutient, ils descendent sur le champ dans l’espace inférieur et se portent en bas ; l’air, alors, vient à la place de l’eau , et l’eau, à la place de la terre. $ A. Mais le feu aurait beau disparaître, l’air ne monterait pas à la place du feu, si ce n’est par force, de même que l’eau est attirée en haut, quand la surface devient une,
manière cT être de cette matière f le texte ^’est pas aussi précis; voir la tio du chapitre précédent.
§ 3. S’aient un ou plusieurs intermédiaires , le nombre de* intermédiaire* peut être infini; et, par exemple, dan* le genre de la couleur, il peut y avoir une multitude de nuauccs entre le blanc et le noir, pris pour les deux contraires. — D'expressions et de nuances, il n’v a qu'un seul mot dan* le texte. — Qui ont pesanteur et légèreté , c'està-dire l’eau et l'air, et non poiut la terre et le feu, qui n’ont qu'une pesanteur ou une légèreté absolues. — Tandis que la terre a du poids dans tous les corps , cette phrase iucideute est peu utile , et elle
manque dans plusieurs traduction», celle de* Coïmbrois entr’autres et celle d’Argyropoulo. — Dans les éléments , le texte u'est pas tout à fait aussi net. — Ils surnagent , comme l’eau est à la surface de la terre, et l’air à la surface de l’eau. — On retire ce qui les soutient, l’eau étant à la surface de la terre, si l’on retire la terre qui la supporte l'eau desceud dans l’espace que la terre vient d’abandonner ; et de même, pour l'air par rapport à l’eau.
§ 4. L'air ne monterait pas, ce fait n'est pas ainsi certain que l'autre.
— Si ce n'est par force , il semble au coulraire que l'air, en se dilatant, pourrait monter à la place du feu tout naturellement. — Quand la