‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 194 sur 212 · LIVRE IV, CH. V · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CH. V

voyons, et il a été démontré, que certains corps sont toujours et en tous lieux également portés en bas, et d’autres toujours portés en haut. Mais si c'est le vide ou tel .autre principe qui est toujours porté en haut, il n'y aura plus rien dès lors qui soit toujours porté en bas. 11 y aura même des éléments intermédiaires qui pourront être portés en bas plus vite que la terre ; ou dans une grande masse d’air il y aura plus de triangles, soit qu’on les suppose solides, soit qu’on les suppose aussi petits qu’on le voudra. Or on ne voit jamais aucune parcelle de l’air se porter en bas. Il en serait tout à fait encore de même pour le léger, en supposant qu’un élément l’emportât sur un autre élément par une plus grande quantité de matière.

§0. Mais s’il n’y a, en effet, que deux propriétés, comment alors les éléments intermédiaires, l’air et l’eau, pourrontils agir comme ils agissent, en admettant par exemple que

qu'il s agit de la démonstration par l’observation des phénomènes, ou bien d’une théorie antérieure ; voir plus haut, chap. 1, § 4. — Également portés en bas, ce sont les corps lourds et composés de terre. — D'autres toujours portés en haut , les corps qui se rapprochent de la nature du feu. — Si c’est le vide, qui entre danB la composition de tous les corps, et eu est le principe unique. — Certains intermédiaires, l'air et l’eau. — // y aura plus de triangles, voir plus haut, Livre 111, ch. 7. — Soit guon les .suppose solides, le texte n’est pas tout à fait aussi précis. — En supposant qu'un élément t emportât , le teite est ici

obscur à force de concision. On peut, en supposant une plus grande quantité de matière, en obtenir une plus grande aussi de vide, et alors le corp9 deviendrait plus léger; de même que tout à l'heure ou le supposait plus lourd par une plus graode quantité de triangles.

§ 6. S’il n'y a en effet que deux propriétés, le texte est encore ici très-obscur, par trop de concision. — En admettant par exemple, cette phrase incidente n'est pas bien placée, et quelques traducteurs l’ont reportée un peu plus haut, pour rendre la suite des pensées plus claire. Ou pourrait refaire alors toute la phrase de celle façou : « Mais s’il n’y a que

l’une de ces propriétés est le vide et que l’autre est le plein? Dans celte hypothèse, le feu serait le vide, et voilà pourquoi il irait constamment en haut ; la terre serait le plein, et voilà pourquoi elle irait sans cesse en bas. Mais pour l'air, il faudrait dire alors qu’il a plus de feu et que l’eau a plus de terre ; car il pourrait y avoir une certaiue quantité d’eau qui aurait plus de feu qu’une petite quantité d'air ne peut en contenir; et une grande quantité d’air, qui aurait plus de terre que n’en a une petite quantité d’eau. Par conséquent, il faudrait qu’une certaine quantité d’air descendit plus rapidement en bas qu’une petite quantité d’eau; or c’est là un phénomène qui ne se voit jamais nulle part. Il faut donc admettre nécessairement que, de même que le feu est porté en haut, parce qu’il a quelque chose comme par exemple le vide, tandis que les autres élémeuts ne l’ont pas, et que de même que la terre est portée en bas, parce qu’elle a le plein ; de môme aussi l’air se rend à sa place et reste au-dessus de l’eau, parce qu’il a

» deux propriété, en admettant par u exemple que l'une est le plein et » que l'autre est le vide, comment » alors les éléments intermédiaires » pourront-ils agir, etc. » J’aurais pu faire aussi ce déplacement ; mais j’ai préféré conserver le léger désordre du teite, sauf à le signaler comme je le fais dans cette note. — Dans cette hypothèse, le texte n’est pas aussi formel. — Le feu serait le vide , et alors son mouvement en haut s'expliquerait tout naturellement. — La tei're serait le plein t et son mouvement en bas ne serait pas moins naturel. Mais l’explication ne serait pas suffisante pour les deux éléments

intermédiaires; et il resterait à dm* que l’air participe davantage de la nature du feu, et l’eau de la nature de la terre. — Car il pourrait y avoir , cette même pensée a été déjà plusieurs fois exprimée, comme le remarque l’auteur lui-mème à la fin du chapitre. — Or, c'est là un phénomène, ainsi l’observation est contraire à la théorie par laquelle on essaie d’expliquer la chute des corps. — Que de même que, toute cette phrase est longue et embarrassée, bien que le sens en soit assez clair ; mais je n’ai pas cru devoir la refaire, parce que j’aurais trop cbaugé les allures de l’original. —

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