LIVRE I, CH. III
vement dans la qualité. Or, les habitudes, les dispositions de la qualité ne peuvent pas se produire sans des changements dans les modifications quelle subit ; et je cite par exemple la santé et la maladie. Mais, nous voyons que les corps naturels qui changent en subissant des modifications, éprouvent tous soit accroissement, soit dépérissement ; et tels sont, par exemple, les corps des animaux et les parties qui les composent, celles des plantes et celles mêmes des éléments.
§ 6. Si donc le corps qui a le mouvement circulaire ne peut ni recevoir d’accroissement ni subir de dépérissement, il est tout simple de penser qu’il ne peut pas non plus éprouver d’altération quelconque. Par suite, on voit pour peu que l'on ait quelque confiance aux principes que nous venons de poser, qu’il doit évidemment résulter de ce que nous avons dit que ce premier de tous les corps est éternel, sans accroissement ni dépérissement, à l’abri de la vieillesse, de l’altération, et de toute modification quelle qu’elle soit.
Il semble, du reste, que le raisonnement vient ici à
tion. — Un mouvement dans la qualité, voir pour cette «pression la Physique , /oc. cil. — Les habitudes, les dispositions, voir les Catégories, eh. 8, § 3, page 95 de ma traduction. — Sans des changements dans tes modifications , l’original ici n'est pas moins pénible que ma traduction; il eût été. facile d'être à la fois plus simple et plus clair. — Les corps des animaux, qui sont en effet dans un changement perpétuel, soit qu'ils croissent soit qu’ils dépérissent. — Celles mêmes des éléments, ceci ne
se conçoit pas bien. Il s'agit sans doute des diverses parties de la matière inerte.
§6 .Le corps qui a le mouvement circulaire, le texte dit simplement :
a Le corps circulaire. » Peut-être aurait-il fallu garder cette dernière expression. — Ce premier de tous les corpf est étemel, et de là, l’éternité du monde dans le système d’Aristote.
— Toute modification quelle qu'elle soit , si ce n’est celle du mouvement, qui d'ailleurs ne change en rien la substance; voir la Physique, litre
l'appui des faits, et que les faits ne viennent pas moins à l'appui du raisonnement. En effet, tous les hommes, sans exception, ont une notion des Dieux, et tous ils attribuent à la Divinité le lieu le plus haut, grecs comme barbares, pourvu qu'ils croient à l’existence des Dieux ; en d’autres termes, ils entremêlent et réunissent ainsi l’immortel à l’immortel, parce qu’il serait impossible qu’il en fût autrement. Si donc il existe quelque chose de divin, comme en effet ce quelque chose existe, il en résulte que ce qu'on vient de dire ici sur la première essence des corps est bien profondément vrai. Mais il suffit de l'observation de nos sens pour nous en attester la parfaite exactitude, à ne parler ici que dans la mesure de la croyance due aux témoignages humains. En effet, dans toute la série des temps écoulés, selonla tradition transmise d’âges en âges, il ne parait pas qu’il y ait jamais eu le moindre changement ni dans l’ensemble du ciel observé jusqu’à ses der-
VIII, ch. 10, § 12, tome II, p. 524 de ma traduction. — A f appui dts faits, Aristote a toujours attaché une égaie importance à l’observation des faits et à la théorie. Voir ma préface à la Météorologie t page XLIV et suiv. — Sans exception , j'ai ajouté ces mots pour rendre la force de l'expression grecque. — Ont une notion des Dieux, le consentement universel ou à peu prés universel est uu argument très puissant, et dont ü a été fait grand usage depuis Aristote et Platon. — Ils entremêlent et réunissent, il n’y a qu’un seul mot dans le texte. — L'immortel à l'immortel , c'est-à-dire qu’ils donnent le ciel éternel pour demeure aux Dieux
éternels comme lui. — Il serait impossible, parce qu’en effet un être immortel ne pourrait avoir une demeure caduque et passagère. — La première essence des corps, c’est-àdire le cinquième élément ou le ciel.
— De l'observation de nos sens, non pas en tant que l'on peut observer individuellement, mais en tant que les observations peuvent se transmettre d’âges en âges. — Aux témoignages humains, voir la Météorologie, sur la durée séculaire d.es observations humaines pour certains faits, livre I, ch. 14, § 7, pages 88 et suiv. — Le moindre changement, dans l’ensemble du ciel, peut-être la science moderne pourrait-elle citer des faits con-