‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 21 sur 212 · LIVRE I, CH. III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CH. III

nières limites, ni dans aucune des parties qui lui sont propres. Il semble même que le nom s’est transmis depuis les anciens jusqu’à nos jours, les hommes des temps les plus reculés ayant toujours eu la même opinion que nous exprimons en ce moment. C’est qu’il ne faudrait pas croire que les mêmes opinions soient arrivées jusqu'à nous une ou deux fois seulement ; ce sont des infinités de fois. Voilà pourquoi supposant qu’il y a quelque premier corps différent de la terre et du feu, de l’air et de l’eau, les anciens ont désigné du nom d’éther le lieu le plus élevé, tirant cette appellation de la course perpétuelle de ce corps et voulant lui imposer pour son nom même l’éternité du temps. Anaxagore a, du reste, mal employé ce mot ; et il l’applique faussement, puisqu’il confond l’éther avec le feu.

§ 7. Il est évident d'après ce qui vient d’être dit, qu’il

trairas à cette théorie; mais les changements observés, s'il y en a bien réellement, sont si peu considérables que la science peut les omettre sans danger, et qu’elle peut affirmer l'immuabilité du système du monde. — Observé jusqu’à ses dernières limites, qu'ont beaucoup reculées pour les modernes les instruments ingénieux et puissants qu’ils ont inventés. — Aucune des parties qui lui sont propres , il faut se rappeler qu’Aristote distingue parfois le ciel de cette partie du moude qui s’étend de la lune jusqu’à notre terre. — Depuis les ancien* jusqu’à nos jours, Aristote a toujours professé le respect le plus sincère pour la tradition; voir un peu plus loin, livre

11, ch. 1, § 2. — Ce sont des infi nités de fois , voir la Météorologie , livre I, ch. 3, § 4, page 10 de ma traduction. — Quelque premier corps , c’est l’éther ou le ciel. — Tirant cette appellation de la course perpétuelle , voir des idées tout à fait analogues dans la Météorologie, loc.cit. et les notes. Cette étymologie du mot Éther est bien peu vraisemblable, et ce n’est pas le Craty/e de Platon qui peut lui donner plus d’autorité. On la fait venir souvent aussi d'un autre mot qui signifie Brûler ; et alors elle confirmerait la théorie d’Anaxagore, qui confond l’éther et le feu. — Anaxagore, voir la Météorologie , loc.

cit ., où le même reproche est adressé à Anaxagore.

ne peut y avoir plus de corps simples que ceux qu'on a nommés; car il faut nécessairement que le mouvement d’un corps simple soit simplecomme lui. Or, pour nous, les seuls mouvements simples sont le mouvement circulaire et le mouvement en ligne droite ; et ce dernier se divise en deux parties, le mouvement qui part du centre, et le mouvement qui va vers le centre ou le milieu.

§ 7. Plus de corps simples, salon Aristote, il y a cinq corps simples, les quatre éléments, plus lether ou le ciel. Ce dernier élément, qui est supérieur à tous les autres, a un mouvement circulaire ; les quatre autres oot le mouvement en ligne droite, soit en haut, soit en bas, deux par deux. — Le mouvement circulaire et le mouvement en ligne droite , voir plus haut ch&p. 2, §§ 3 et suiv., page 1. — Qui part du centre, ou force centrifuge. — Qui va vers le centre, ou force centripète. Le premier mouvement appartient à l’air et au feu; le second appartient

à la terre et à l’eau. Aujourd’hui toute cette cosmologie peut nous paraître bien grossière et bien peu précise. Mais il faut se reporter au temps d'Aristote où toutes ces théories étaient fort neuves et pouvaient passer pour un grand progrès. 11 faut ajouter qu’elles ont été dominantes jusqu’au seizième siècle, et que ce n'est guère que depuis lors que l'analyse a été poussée plus loin, et qu’on a fait de nombreuses et importantes découvertes, par des méthodes que la scholastique n’avait pas pratiquées, mais qui étaient bien déjà celles d’Aristote.

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