LIVRE I, CH. IV
§ 5. On pourrait croire qu’il en est de même encore pour le mouvement qui s’accomplirait sur un seul demicercle ; par exemple le mouvement de C en D et celui de D en C. En effet c’est le même mouvement que celui qui aurait lieu sur le diamètre, puisque nous supposons que chacun de ces points est toujours distant de l’autre de toute la ligne droite. On pourrait encore en traçant le cercle entier supposer que le mouvement sur uu des hémicycles est contraire au mouvement sur l’autre hémicycle, et qn’ainsi dans le cercle entier le mouvement qui va de E en F, sur l’hémicycle G, est contraire au mouvement qui va de F en E, sur l’hémicycle H. Mais quand bien même on admettrait que ces mouvements sont contraires l’un à
contraire à un autre mouvement sur ces mêmes courbes, que le mouvement sur une seule ligne droite est contraire au mouvement sur cette même ligne; car celui-ci est obligé de revenir par le même chemin qu'a suivi l'autre, et dès lors il lui est absolument contraire.
§ 5. On pourrait croire qu'il en est de même encore , le texte n'est pas tout à fait aussi explicite ; j'ai dû le paraphraser un peu pour le rendre plus clair. — Qui s’accomplirait sur un seul demi-cercle , de telle façon que le mouvement allât d'une extrémité du demi-cercle à l'autre, et revint, par la même voie, de la seconde extrémité à la première. — Qui aurait lieu sur le diamètre , c’est-à-dire que les deux extrémités sont celles du diamètre, «oit que ce mouvement soit curvi-
ligne, soit qu'il soit en ligne droite.
Mais dans un cas il suit uue ligne courbe; tandis que, dans l'autre, il parcourt une même ligne droite en allant et en revenant. — Chacun de ces points , c’est-à-dire le point où le mouvement commence et le point où il finit. — De toute ta ligne droite , qui e*t le diamètre, quand on trace un cercle et quand le mouvement suit la circonférence. — On pourrait encore, nouvelle hypothèse pour expliquer commeut le mouvement circulaire ne peut être contraire à un mouvement circulaire. Ce n’est plus un mouvement qui reviendrait sur la même ligne courbe, qu'il aurait préalablement parcourue sur une demi-circonférence ; mais ce serait la demi-circonférence du haut qu’on regarderait comme contraire à la demi -circonférence du bas. — - En traçant le cercle entier, j'ai
TRAITÉ DU GIKL.
l'autre, il ne s’ensuit pas pour cela que les mouvements sur le cercle tout entier le soient également entr’eux.
§ 6. On ne peut donc pas dire non plus que le mouvement circulaire de A en B, soit contraire à celui de A en D ; car des deux parts le mouvement a lieu d'un même point vers un même point, tandis que l’on a défini le mouvement contraire celui qui vient du contraire et va vers le contraire.
§ 7. Mais si le mouvement circulaire était contraire au mouvement circulaire, il y aurait dès lors un de ces deux mouvements bien inutile; car ils se dirigeraient tous deux vers le même point, puisqu’il y a nécessité que le corps qui se meut circulairement se porte, de quelque point d’ailleurs qu'il soit d’abord parti, vers tous les lieux con-
ajouté ce dernier mot. — Les mouvements sur le cercle tout entier, c'est-à-dire le» mouvements qui ne se bornent plus à une demi-circonférence, mais qui parcourent la circonférence tout entière.
§ 6. te mouvement circulaire de A en B.... de A en D, ce sont deux mouvements qui parcourraient l'un et l'autre U circonférence entière, mais dont l'un irait de droite à gauche, par exemple, pendant que l'autre irait de gauche à droite.
Aristote soutient que, mime dans ce cas, les mouvements ne sont pas contraires. Cette théorie est contestable, et Pbilopon a essayé de montrer qu'elle n'était pas exacte. — Des deux parts, j’ai ajouté ces mots pour que la pensée fût plus claire. —
D'un même point vers un même point, et, par exemple, le mouvement part d» A pour revenir circidairement à A, soit qu'il aille à droite, soit qu'il aille à gauche. — L’on a défini, voir la Physique, livre V, ch. 6 et 7, t. Il, p. 306 et 320 de ma traduction. — Et va vers te contraire, voir la Physique, livre V, ch. 7, § 12, p. 325.
§ 7. Un de ces deux mouvements bien inutile, argument tout métaphysique et qui tient à la théorie de»
causes finales, dont Aristote a toujours été un des plus fermes partisan». — Ils se dirigeraient tous deux, le texte n'est pas aussi précis. — Vers tous les lieux contraires également, voir la Physique, livre VIII, ch. 14, § 1 et suiv., t. Il, p. 553 de matraduc-