‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 35 sur 212 · LIVRE I. CH. VI, § H · texte numérisé non relu

LIVRE I. CH. VI, § H

vement, sans qu’on pût d’ailleurs jamais atteindre un temps qui serait le plus petit possible. § 10. 11 ne servirait même de rien que cela fût ainsi : car on prendrait alors quelqu'autre corps fini, dans le même rapport de temps où l’infini est relativement à cet au' re corps plus grand. Il en résulterait que, dans un temps égal, l’infini aurait le même mouvement que le fini; or c'est là une chose impossible. Mais, puisque l’infini se meut dans un certain temps, quel qu’il soit, et d’ailleurs toujours fini, il est nécessaire que cet autre poids fini se meuve aussi dans ce même temps, suivant une ligne finie et limitée.

§11. Il est donc impossible qu’il y ait une pesanteur infinie, et il n’est pas plus possible que la légèreté soit infinie non plus. Donc il est également impossible qu’il y ait des corps ayant un poids infini ou une infinie légè-

— Que le corps infini ferait son mouvement, j'ai dû encore ici développer le texte pour le rendre plus clair. — Un temps qui serait le plus petit possible, et wtn< être néanmoins l'instant, qui est une limite de deux temps, le passé et l'avenir, plutôt qu'il n’est lui-même du temps véritable.

§ 10. Que cela fût ainsi , c'est-àdire que le temps, dans lequel serait mu le corps infini, fût le plus court possible. — On prendrait alors quelqu’ autre corps fini , dont la pesauteur serait en rapport avec la durée la plus petite possible que le corps infini mettrait à faire son mouvemeut. — Dans le même rapport de temps , j’ai ajouté : « De temps, o — A cet autre corps plus grand, il y a quelques manuscrits

qui donnent : « plus petit , » au lieu de a plus grand. » La vieille traduction sur laquelle travaillait saint Thomas avait cette leçon, qui pourrait être défendue. J’ai préféré cependant la leçon vulgaire, parce qu'il faut que le poids du corps augmente pour que la rapidité de la chute augmente dans la même proportion, de manière à devenir presqu'iustantanée, comme celle du corps à pesanteur infinie. — L'infini aurait le même mouvement que le fini, ou plutôt, le corps à pesanteur infinie aurait un mouvement égal à celui du corps à pesanteur finie. — Finie, et limitée , il n'y a qu’un seul mot dans le texte.

§ 11. Qu'il y ait une pesanteur infinie , voir plus haut, § 3. — Que la légèreté soit infinie non plus , id.

reté. Fn résumé, on doit voir qu’il n’y a pas de corps qui puisse être infini, si l’on veut s'en convaincre en étudiant les choses en détail, comme nous venons de le faire, et si, au lieu de s’en tenir aux généralités que nous avons exposées dans nos théories sur les Principes, où nous avons antérieurement expliqué, d’une manière toute générale, ce qu’est et ce que n’est pas l’infini, on veut considérer les choses sous l’autre point de vue que nous venons de présenter maintenant.

§ 12. Après tout ceci, il faut examiner si l’univers, sans être d’ailleurs un corps infini, ne peut pas cependant être assez grand pour contenir plusieurs deux ; car ou pourrait fort bien se demander si, de même que notre monde a sa constitution propre, il ne peut pas s'en être formé d'autres encore, outre le seul que nous connaissons, sans que pour cela néanmoins le nombre en soit infini. § 13. Mais d’abord présentons quelques idées générales sur l’infini.

ibid. — U n'y a pas de corps qui puisse être in fini , c’eut le résumé de tout ce chapitre. — Les choses en detail , on pourrait traduire aussi :

« En étudiant les éléments un à un ; » et c’est le sens qu’indique Simplicius; j’ai préféré l’autre version, parce qu’elle reste aussi vague que le texte. — Dans nos théories sur les Principes, de l’aveu de tous les commentateurs, il s'agit ici de la Physique , où en effet ces questions out été traitées, livre III, ch.

7, § Mi 1- H, P* de ma traduction.

§ 12. Pour contenir plusieurs deux , il n’est pas probable, en effet, que nous connaissions l'imiter»; et

ce que nous en voyons n’en doit être qu'une bien faible partie. On voit que la question de la pluralité des mondes n’était pas neuve, quand Fontenelle se plut à la traiter voilà près de deux siècles. — Le nombre en soit infini , du moment qu’on en suppose plus d’un, il n’y a pas de raison pour que le nombre n’eu soit pas infini, à moins qu’on ne veuille entendre par Monde une partie seulement de l'imiter».

§ 13. Quelques idées générales sur l'infini , qui ne seront que le résumé de celles qui sont développées tout au long dans la Physique, livre 111, ch. 4 et suiv., t. 11. p. 87 et suiv. de ma traduction.

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