‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 36 sur 212 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Considérations générales sur la nature et le mouvement des corps; aucun corps ne peut être infini. L'infini ne peut avoir de mouvement; démonstration graphique des rapports du fini et de l'infini. II n'y a pas de corps en dehors du ciel; citation du Traité du Mouvement ; réfutation de Démocrite et Leuclppe, soutenant l’existence des atomes et du vide. Le corps de l’univers doit être continu, et il ne peut être infini.

§ 1. Il faut nécessairement que tout corps soit ou infini ou fini. S'il est infini, il faut qu'il soit composé tout entier de parties homogènes ou de parties hétérogènes. S’il est composé de parties hétérogènes, les espèces de ces parties doivent être ou limitées en nombre ou infinies. § 2. Or, il est évident, et l’on doit admettre que ces espèces ne peuvent pas être en nombre infini, du moment que l’on nous accorde l’exactitude de nos premières hypothèses ; car les mouvements primitifs étant limités, il faut nécessairement que les espèces des corps simples soient limitées

CA. Vil , § 1. Soit ou infini ou fini , Aristote procède ici comme dans beaucoup d'autres cas, par la méthode de division qu'il emprunte à la doctrine platouicienne, tout en en faisant la critique; Toir Premiers Analytiques , livre I, ch. 31, p. 144 de ma traduction, et Derniers Ana lytiques j livre 11, ch. 3, p. 209 de ma traduction. — Ou limitées en nombre ou infinies j’ai ajouté : En notaire, et la suite justifie cette addition. — Ces espèces ne peuvent

pas, etc., première supposition; l’infini ne peut pas être composé d’éléments hétérogènes.

§ 2 .De nos premières hypothèses, voir plus haut, ch. 2. — Les mouvements primitifs étant limités, et au nombre de trois : le mouvement en haut, le mouvement en ba-, et le mouvement circulaire. — Les espèces des corps simples, ce sont la terre, l'eau, l'air et le feu, avec le cinquième élément, qui forme le Ciel. Le mot dont se sert le teste

également. Le mouvement d'un corps simple est simple aussi, et les mouvements simples sont limités; or, il faut que tout corps créé par la nature ait toujours du mouvement. Mais si l’infini est composé d'un nombre fini d’espèces, il est, dès lors, nécessaire que chacune de ces parties qui le composent soient infinies; et, par exemple, si ces parties sont de l'eau ou du feu. Or, cela est impossible; car il a été démontré que ni la pesanteur ni la légèreté ne peuvent être infinies.

§ 3. Il faudrait en outre que les lieux qui contiendraient ces parties infinies fussent aussi d'une infinie grandeur, et, par suite, que les mouvements de tous les corps fussent également infinis. Mais ce sont là des impossibilités manifestes, si nos premières hypothèses sont vraies. Ni le corps qui tombe et descend en bas ne peut se mouvoir à l’infini, ni le corps qui s’élève en haut ne peut, par la même raison, avoir un mouvement infini. C’est qu'il n’est pas possible que ce qui n’a pas pu être dans

grec pour signifier Espèces est Idea, et j’ai déjà remarqué l’emploi de ce mot dan? la Météorologie, livre IV, ch. 3, § 2, p. 284 de ma traduction. — Un été démontré , dans le chapitre précédent.

§ 3. // faillirait en outre , second argument pour prouver que les éléments composant l’infini ne peuvent pas être hétérogènes, et ne peuvent pas être en nombre infini. Les lieux où se dirigeraient ces corps hétérogènes par leur tendance naturelle, devraient être aussi en nombre infini; or il* ne le sont pas; donc, etc. — Que les lieux qui contiendraient ces parties , le texte n’est

pas aussi formel. — Que les mouvements de tous les cor fis, il s'agit du mouvement naturel des éléments simples; la terre et l’eau sc dirigeant en bas; l’air et le feu se dirigeant eu haut. — Nos premières hypothèses , voir plu» haut, ch. 6, § 1. — Qui tombe et descend en bas, il n’y a qu’un seul mot dans le texte. — Ne peut se mouvoir à l'infini, parce qu’il s’arrête au centre et y demeure en repos — Ni le corps qui s'élève en haut, lu haut est déterminé, puisque le bas, son contraire, est déterminé.

— Dans le passé, j’ai ajouté ces mots pour éclaircir la pensée, qui autrement resterait obscure. —

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