‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 37 sur 212 · LIVRE I, CH. VII · texte numérisé non relu

LIVRE I, CH. VII

le passé puisse jamais être davantage dans le présent; et ceci s'applique tout aussi bien, et à la qualité, et à la quantité, et au Heu. Par exemple, s’il a été impossible qu'un corps soit devenu blanc, ou qu’il soit devenu grand d’une coudée, ou qu’il se trouvât en Égypte, il est également impossible, dans le temps actuel, qu’il en soit ainsi. 11 est donc impossible aussi qu’un corps soit porté dans un lieu où il n’est pas possible qu’aucun corps parvienne jamais par un mouvement quelconque. § 4. De plus, en supposant même que les parties de l’infini soient séparées et isolées, le feu total, par exemple, qui serait formé de toutes les parcelles de feu, n’en serait pas moins infini. § &• Mais nous avons établi que le corps est ce qui a une dimension en tous sens ; dès lors, comment serait-il

Davantage dans le présent, même observation. — Et à la qualité, et à la quantité , et au lieu, qui sont les trois espaces du mouvement ; voir la Physique, livre V, ch. 3, § 10, tome II, page 295 de ma traduction.

— Qu'un corps soit devenu blanc , c'est un mouvement dans la qualité.

— Grand d une coudée, mouvement de quantité. — En Égypte, mouvement de lieu. — Dans un lieu où il n’est pas possible, si le lieu était infini, le corps ne pourrait jamais arriver en haut, pas plus qu'il ne pourrait jamais arriver en bas, puisque l'infini est infranchissable.

§ 4. De plus, en supposant même, j'ai dù ici paraphraser le texte, dont la concision est extrême ; et j'ai suivi, pour le sens que j’adopte, le commentaire do Simplicius et celui de saint Thomas. C’est une objection

à laquelle Aristote semble répondre.

On soutient que l’infini n’est pas un continu, mais qu'il se compose de parties séparées et diverses; la continuité n’est pas nécessaire, et par exemple toutes les parcelles de feu, en se réunissant, peuvent faire que l’élément du feu soit infini, bien que d’abord elles fussent séparées les unes des autres. Simplicius croit que ce passage est une critique indirecte du système d’Auanagore sur les Honuxoméries ; mais il semblerait se rapporter plutôt aux atomes de Démocrite. Il faut reconnaître d’ailleurs que le texte reste toujours très-obscur, parce qu’il n’est pas ici encore asscx développé.

§ 5. Nous avons établi , voir plus haut ch. 1 , § 4 , page 4. C’est d’ailleurs un nouvel argument pour démontrer que l’infini ne peut pas

possible que les éléments de l'infini fussent au nombre de plusieurs, dissemblables entr' eux, et que chacun d'eux, à part, fût cependant infini ? Car il faut que chacun d'eux soit infini dans tous les sens.

§ 6. Pourtant, il n’est pas possible davantage que l’infini soit composé tout entier de parties homogènes. D’abord, comme il n’y a pas de mouvements autres que ceux que nous avons indiqués, il faudra que l'infini ait un de ces mouvements ; et si cela est, il y aura nécessairement une pesanteur infinie ou une légèreté infinie. D’autre part, il ne se peut pas que le corps qui se meut circulairement soit infini ; car il est impossible que l’infini ait un mouvement circulaire. Or, soutenir ceci reviendrait absolument à dire que le ciel est infini, et l'on a démontré que c’est là une chose impossible. § 7. Mais en outre, il est tout aussi clair que l'infini ne peut absolument avoir aucune espèce de mouvement. Le mouvement qu’il aurait en effet serait, ou naturel, ou forcé; et s’il a un motive-

être composé d’éléments dissemblables. Si ce9 éléments étaient multiples et dissemblables, chacun d'eux serait infini; ce qui implique contradiction.

§ 6. Il n’est pas possible davantage, c’est la seconde partie de l'alternative posée plus haut § 1. Il vient d’être démontré que l’infini ne peut pas se composer d’élémenU hétérogènes; on va démontrer maintenant qu'il ne peut pas se composer non plu» d'éléments homogènes — Que nous avons indiqués , voir plus haut ch. 2, § 2, page 6. Ces mouvements sont au nombre de trois, le

mouvement en haut, le mouvement en bas, et le mouvement circulaire.

— Ait un de ces mouvements, soit le mouvement en haut, soit le mouvement en bas ; il sera question ensuite du mouvement circulaire. Si l’infini a le mouvement soit en bas, soit en haut, il y aura dès lors une pesanteur ou une légèreté infinies; or, il vient d'être démontré, etc., ch. 6, §§ 1 et suiv. — Que iin/ini ait un mouvement circulaire, voir plus haut, ch. 5, § 6. — Et ion a démontré, voir plus haut, ch. 5, § 10.

§ 7 Aucune espèce de mouvement, voir plus haut, ch. 5, § 7, la même

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