‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 40 sur 212 · LIVRE I, CH. VII · texte numérisé non relu

LIVRE I, CH. VII

une. § 13. Si donc tout corps perceptible à nos sens doit avoir ou la faculté d'agir, ou la faculté de souffrir, ou toutes les deux à la fois, il est impossible qu'un corps infini soit perceptible à nos sens. § là. Mais tous les corps qui sontdans un lieu nous sont perceptibles. 11 n’y a donc pas de corps infini en dehors du ciel. Ceci même n’est pas vrai seulement avec cette restriction ; il faut dire, absolument parlant, qu'il n'y a point de corps en dehors du ciel ; car en admettant même qu’il fût simplement concevable et intelligible, il serait encore dans un lieu, puisque les expressions Dehors et Dedans expriment un lieu. Ce corps sera donc sensible; mais il n’y a pas

Mais il y a, dans l'expression du texte , une nuance qui peut lever cette apparente contradiction. L’in»

fini ne peut jamais avoir accompli et terminé son mouvement; on ne peut donc pas dire qu’il a été mis en mouvement, mais simplement qu’il est en mouvement, si en effet, l'infini peut avoir un mouvement quelconque. Il sera démontré un peu plus bas, § 15, que ne

peut pas se mouvoir.

§ 13. Qu’un corps infini soit perceptible à nos sens, la conclu&’on régulière, ainsi que le remarque Simplicius, devrait être : a qu’uu corps perceptible a nos sens soit infini. » Mais il est vrai qu'une des deux propositions peut se convertir en l’autre.

§ 14. Nous sont perceptibles, ou peuvent uous l’être. — Avec cette restriction , co n'est pas là le sens que donnent Simplicius et Alexandre

d'Aphrodisée, dont Simplicius cite le témoignage; ils comprennent tous deux que les expressions du texte sigoifieat qu’il n’y a pas plus de cnrpe fini en dehors du Ciel qu’il n’y a de corps infini. Après un examen attentif, je me suit décidé pour le sens que je propose, et qui, d’ailleurs, n’est pas en contradiction avec l’autre. — En admettant même.... encore , le texte n’est pas du tout aussi précis; et j’ai dû, en quelque sorte, le paraphraser pour qu’il fût plus clair. — Simplement concevable et intelligible , il n’y a qu’un seul mot dans le texte. — Dehors et Dedans, plus haut, il est dit qu’il n’y a pas de corps infini en dehors du Ciel. Mais il semble que l’argument n’est pas très-bon; car, dans la Physiqu **, livre IV, ch. 2, §4, t. Il, p. 142 de ma traduction, Aristote lui-même reconnaît que les êtres mathématiques n’ont qu’une

de corps sensible qui ne soit dans un lieu détermiué.

§ 15. On peut du reste traiter cette question d’une manière plus purement logique, et voici comment. L'infini, en le supposant toujours composé de parties semblables, ne peut se mouvoir circulaireuient ; car il n’y a pas de milieu, ni de centre pour l’infini ; et le mouvemeut circulaire s’accomplit toujours autour d’un centre. Mais l’infini ne peut pas non plus être porté et se mouvoir en ligne droite ; car il faudrait qu’il y eût encore un autre espace infini où il serait porté naturellement, et un autre aussi grand où il serait porté contre sa nature. § 16. De plus, soit que le mouvement de l’infini en ligne droite fût naturel soit qu’il fût forcé, il faudrait des deux façons que la force motrice fût infinie ; car la force infinie ne peut s’appliquer qu’à l’infini ; et la force de l’infini est infinie. Ainsi donc, le moteur sera également infini. Mais on en a donné la raison dans le Traité du mouvement, où il a été dit qu'il n’est pas possible qu’aucun des corps finis ait une force infinie, ni qu’aucun des corps infinis ait une force finie. Si donc l’infini peut à la fois avoir un mouvement selon sa nature et contre sa nature, il y

position imaginaire. — Dons un lieu déterminé , j’ai ajouté ce dernier mot pour préciser la pensée.

§ IR. Plus purement logique , le texte dit simplement : « plus logique. » — Un le supposant tou • jours, le texte n’est pas aussi formel. — Être porté et se mouvoir, il n’v a qu'un seul mot dans le texte.

— En ligne droite , soit en haut, soit en bat*. — Un outre espace infini.... et un autre aussi grand, ce qui

ferait, avec le premier infini, trois infinis différents; voir la fin du § 16.

§ 16. Dans le Traité du mouvement, c’est la Physique, qui est ainsi désignée; et la question dont il s'agit a été traitée, en effet, dans la Physique, livre VIII, ch. 15, §§ 2 et suiv., t. Il, p. 559 de ma traduction; voir la dissertation sur la composition de la Physique, t. I, p. 416.

— Il y aura dès lors deux infinis, ce qui est contradictoire.

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