LIVRE I, GH. VII
aura dès lors deux infinis, l’un qui meut, et l’autre qui est mu de cette façon. § 17. De plus, quel est le moteur qui peut. mettre l'infini en. mouvement? Si c’est l' infini qui se meut, lui-même, il devient alors un être 1 animé; mais comment serait-il possible qu’il y eût tin j animal infini? Et si c’est quelqu’autre chose que lui- 1 même qui meut l’infini, il y a dès lors deux infinis, l’un qui meut, l’autre qui est mu, différents de forme et de puissance.
§ 18. Mais si l’univers n’est pas continu et fini, comme le disent Démocrite et Leucippe, les atomes sont séparés et déterminés entr’eux par le vide. La conséquence nécessaire de cette théorie, c’est qu'il n’y a plus qu'un seule et unique mouvement pour tous les atomes sans exception ; car s’ils sont déterminés et dis-
§ 17. De plus, quel est le moteur , il y a des manuscrits qui ne donnent pas à cette phrase une tournure interrogative; il suffit d’un simple changement d'accent. Alors il faudrait traduire ainsi : « Le moteur qui met l'infini en mouvement est quelque chose. » Les deux versions reviennent à peu près au même ; mais celle que j’ai adoptée me semble préférable, bien quelle ne soit pas la plus ordinaire. — Quelqu'nutre chose que lui-même qui meut l'infini , le texte est beaucoup moins développé; mais le sens ne peut être douteux. — Un animal infini, dans la Physique, livre III, ch. 7, §§ 1 et suiv., t. II, p. tüü de ma traduction, il a été démontré qu'il ne peut y avoir un corps sensible infini. — Et de puis-
sance, il faut remarquer ici l’emploi particulier de ce mot qui a d’ordinaire, dans la philosophie péripatéticienne, un tout autre sens.
§ 18. Mais si l'univers n'est pas continu, les deux §§ qui vont suivre sout la réfutation du système atomistique de Démocrite et de Leucippe; mais on ne voit pas très-nettement le lien de cette réfutation à ce qui précède. Elle est, d'ailleurs, en elle-même assez claire. — Les atomes, l’expression du texte est tout à fait indéterminée; mais j'ai pu la préciser, d’après le commentaire de àimplicius, s'appuyant sur celui d’Alexandre d'Aphrodisée. — Un seul et unique mouvement, attendu que, dans la théorie de Démocrite, tous les atomes sont d'une
üncts par leurs formes, ils n’ont cependant, à ce qu'on nous dit, qu’une seule etmème nature, tout aussi bien que si, par exemple, chacun d’eux était un morceau d’or distinct et séparé. Mais ainsi que nous venons de le dire, il faut nécessairement alors qu’il n’y ait qu’un seul et même mouvement pour tous les atomes conçus de cette manière; car là où est portée une simple motte de terre, là aussi est portée la terre toute entière ; et le feu tout entier est porté là où l'est une simple étincelle. Il en résulte qu’aucun corps ne pourra plus être absolument léger, si tous les atomes ont de la pesanteur ; et que, si tous ont de la légèreté, aucuncorpsnepourraplus être absolument lourd. § 19. De plus, quand on admet que les corps ont pesanteur ou légèreté, il peut y avoir dès lors un point qui sera ou l'extrémité de l'univers ou le centre et le milieu. Mais c’est là une chose impossible avec l’infini de Démocrite;
nature identique et qu'il* ne diffèrent que par leurs formes, comme il sera dit un peu plus bas. — A ce qu’on nous fût, le texte se sert d’un verbe au pluriel, qui indique bien qu’il s’agit toujours de Dé ni oc ri le et de Leucippe. — Distinct et séparé, il n’y a qu’un seul mot dans le texte, ainsi qu’un peu plus haut. — Pour tous les atonies , le texte n’est pas aussi formel. — Les atomes conçus Je cette manière , mémo remarque. — Où est portée h ne simple motte de terre , par son mouvement naturel, qui la fait tomber vers le centre, si rien ne s’oppose à sa chute. — Si tous les atomes, l’expression du texte ici eocore est iodétenniuée. — Absolument léger, dans le sens où
le feu est léger, puisqu’il se porte toujours en haut. — Absolument lourd, dans le sens où l’est la terre, puisqu’elle se porte toujours en bas.
§ 19. Quand on admet que les corps , le texte n’pst pas aussi explicite. — il peut y avoir dès lors, même remarque. — Ou P extrémité de l’univers, c’est-à-dire le point où se portent les corps légers, comme le feu. — Ou le centre et le milieu , c’est-à-dire le point où se portent tous les corps graves, comme la terre.
Il n'y a d'ailleurs qu’iiu seul mot dans le texte, au lien des deux que j'ai cru devoir donner daus ma traduction. — Avec Onfini de Démocrite, j’ai ajouté les deux derniers mot* d’après le commentaire de Sim-