LIVRE I, CH. VII
et cela peut d'autant moins être que, là où il n’y a ni milieu, ni extrême, ni haut, ni bas, il ne peut plus y avoir davantage pour les corps un lieu où ils se dirigent selon leur tendance naturelle. Or, du moment que ce lieu n'existe plus, il n’y a plus de mouvement possible; car il faut nécessairement, quand les corps sont mus, qu’ils le soient ou contre nature, ou selon la nature; et ces diverses espèces de mouvements sont déterminées, ou par les lieux propres des corps, ou parles lieux qui leur sont étrangers. § 20. De plus, si le lieu dans lequel un corps demeure, ou bien dans lequel il est porté contre sa nature, doit être nécessairement le lieu naturel de quelqu’autre corps différent, et c’est là un fait que l’on peut vérifier par l’induction , il s’ensuit qu’il n’y a pas nécessité que tous les corps aient uniformément ou légèreté ou pesanteur, mais qu’il faut que les uns en aient et que les autres n’en aient pas.
plicius; iis m'ont paru indispensables pour compléter la pensée, quoiqu’il soit évident cependant qu’il ne peut s’agir que de l'in fl ni tel qne le conçoit Démocrite, et non de l'infini tel que le conçoit Aristote. — //* se dirigent selon leur tendai u:e naturel le t le texte n’est pas aussi explicite que ma traduction. — Par les lieux propres.., étrangers , ce sont les expressions mêmes du texte fidèlement reproduites. Le lieu étranger à un corps est celui où il est porté de force et contre sa nature ; par exemple, le feu est forcé à descendre; car sa tendance naturelle est de mou ter ; la terre est forcée à mon-
ter; car sa tendance naturelle est de descendre.
§ 20. De quelqu'autre corps différent, j’ai ajouté ce dernier mot. — Par l'induriion , qui sc confond ici avec Inobservation des faits. — Unifonnément , j’ai ajouté ce mot, pour préciser la pensée. — Que les uns en aient et que les autres nen aient pas, c'est là ce que nous voyons dans la réalité des choses; mais cette réalité n'est plus possible dans le système des atomes. Ou tous les corps sans exception devraient être pesants, ou tous devraient être légers, selon qu’on attribuerait aux atomes ou pesanteur ou légèreté.
§ 21. Ou voit doue en résumé, d’après ce qui précède, que le corps de l’univers ne saurait être infini.