LIVRE I, CH. VIII
En effet, tous lescorps, sans exception, sont ou en repos ou en mouvement, soit par force, soit naturellement. Ils sont naturellement portés vers le lieu où ils demeurent, sans violence ; et le lieu vers lequel ils sont portés naturellement est aussi le lieu où ils restent en repos. Mais là où les corps demeurent par force, là aussi ils sont portés par un mouvement forcé ; et là où ils sont portés de force, là aussi il n’y a qu’un repos forcé pour eux. § 2. D’autre part, si tel mouvement spécial est forcé, le mouvement contraire est le mouvement naturel. Si la terre était portée forcément d’un lieu, où elle serait en repos, vers le centre que nous connaissons, son mouvement naturel serait alors d'être portée de ce cifitre vers cet autre lieu; et, si elle demeure librement et sans violence dans ce centre, en s’éloignant de tel autre lieu, son mouvement naturel sera d’être portée vers te centre; car il n’y a jamais qu’un seul mouvement qui soit selon la nature.
§ 3. De plus, il y a nécessité que tous les mondes
cure signifie l'infini, selon Alexandre d'Aphrodisée, cité par Simplicius.
Mais Simplicius n'adopte pas tout à fait cette explication, qui semble cependant la plus admissible.
— Sans exception, j’ai ajouté ces mots. — Soit par force, soit naturellement, tous ces principes ont été développés dans la Physique, livre 11, ch. 1, § 4, tome n, page 2 de ma traduction.
§ 2. Le mouvement contraire, voir sur la définition du mouvement contraire, la Physique, livre V,cb. 7, §§ 1 et suiv., t. H, p. 320 et suiv.
de ma traduction. — Si la terre
était portée forcément , il faut nécessairement supposer une seconde terre qui serait portée de force vers le centre de la nôtre. — Où elle serait en repos, le texte n'est pas aussi formel. — Que nous connaissons, même remarque. — De ce centre vers cet autre lieu, or, c'est ce qui n'est pas, puisque la terre est immobile, selon Aristote; et alors, il n’y a pas un autre monde que celui où nous sommes. — Librement et sans violence, il n’y a qu’un seul mot dans le texte. — Il n'y a jamais qu'un seul mouvement , parce qu’un contraire n'a jamais qu’un contraire.
qu’on voudra imaginer soient composés des mêmes corps que le nôtre, puisqu'on suppose que tous les mondes sont de nature semblable. Mais il faudra en outre que chaque corps, dans ces mondes, y ait la même puissance, .le veuxdire, par exemple, que le feu, et la terre, et les corps intermédiaires entre ceux-là doivent y avoir une puissance toute pareille; car si les corps qui sont dans ces mondes sont simplement homonymes aux nôtres, ils ne sont pas dénommés d’après la même et unique idée que les corps qui nous entourent. Alors le tout que ces autres corps composent ne serait appelé le monde que par une simple homonymie. 11 est donc évident ?]ue, parmi ces corps supposés dans un autre cieT, l’un doit s’éloigner naturellement du centre, tandis que l’autre doit être
§ 3. Quon voudra imaginer, j'ai ajouté ce* mot* pour éclaircir la pensée. — Des montes corps, ou en d’autre» terme* : « des mêmes éléments, » terre, eau, air, feu et éther.
— Que le nôtre , j'ai encore ajouté ces mots, dont la pensée est implicitement dan» le telle. — Ixi même puissance , voir plus haut, ch. 7, § 17.
— Le feu et la terre, qui sont le»
deux éléments extrême*, l’un par sa légèreté, l'autre par sa pesanteur. — Intermédiaires entre ceux-là , c’est* à -dire l'eau et l'air, qui sont d'une pesanteur et d'une légèreté relatives moins grandes, et qui tiennent le milieu entre la terre et le leu. — Y avoir une puissance toute pareille, /ai répété cette idée pour que la phrase fût aussi claire que possible.
— La même et unique idée, voir uq peu plus baui, ch. 7, § 2, cette
expression d'idée employée d’une manière assez singulière ; voir aussi la Météorologie, livre IV, ch. 3, § 2, n, p. 284 de ma traduction. Le mot d’idée a ici le sens d'Espèce; et l’étymologie des deux mot* a, comme l’on sait, la même origine dans la langue grecque. — Simplement homonymes aux nôtres .... homonymie, voir, pour le sens spécial qu'Arutote attache à ce mot, les Catégories, ch. 1, § 1, p. 53 de ma traduction de la Logique, t. I. — Supposés dans un uutre ciel , j’ai ajouté ccs roots qui complètent la pensée, et qui s’appuient sur le commentaire de Simpliciua. — Doit s'éloigner ruttureUeincnl du centre , comme le feu dans le monde où uou* somme*. • — L'autre doit être porté vers le centre, comme l’est notre terre, selon le systè me péripatéticien.