‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 45 sur 212 · LIVRE 1, CH. VIII · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CH. VIII

porté vers le centre, attendu que toujours le feu est spécifiquement semblable au feu, ainsi que le sont chacun des autres éléments; de même que, dans notre monde, les parties du feu sont toutes semblables entr' elles. Les hypothèses que nous avons faites sur les divers mouvements démontrent qu’il en doit être nécessairement ainsi ; car les mouvements sont en nombre limité, et chacun des éléments est dénommé d’après celui des mouvements qu’il peut avoir. § â. Si donc les mouvements sont les mêmes, il faut aussi que les éléments soient les mêmes partout. Ainsi il est conforme aux lois de la nature que les parties de terre qui sont dans un autre monde soient portées vers notre centre, et que le feu qui est dans ces lieux soit aussi porté vers l’extrémité de notre monde. Mais c’est là une impossibilité ; car s’il en était ainsi, il faudrait que la terre fût, dans le monde qui lui serait propre, portée en haut, et que le feu fût porté vers le centre. De même encore, il serait nécessaire que la terre qui est

— Dans notre monde , j’ai ajouté ce» mots. — Toutes semblables entre elles , le texte n’est pas tout à Tait aussi explicite; mais le sens ne peut faire le moindre doute. — Les hypothèses que nous avons faites , voir plus haut, ch. 2, § 2. — En nombre limité, au uombre de trois :

partant du centre, tendant au centre, autour du centre ou circulaire; voir plus haut, ch. 2 § 3. — Est dénommé, ou « caractérisé; » la terre est qualifiée de pesante, parce quelle a le mouvement eu bas ; le feu est qualifié de léçer, parce qu’il a le mouvement en haut.

§ 4. Sont les mêmes , dans les autres mondes que dans le nôtre* — Partout , c’est-à-dire dans tous les mondes, quelque nombreux qu’ils soient. — Vers notre centre , le texte n’est pas tout à fait aussi précis. — L’exlrétnité de notre monde , môme remarque. — Dans te monde qui lui serait propre , dans cet autre monde qu’on suppose eu dehors du nôtre. — Portée en haut , ce qui serait contraire à sa naluro. — U feu fût porté vers le centre, et descendit au lieu de s’élever. — De même encore il serait nécessaire..., c’est l’action réciproque des mondes les

ici-bas fût portée naturellement loin du centre actuel vers l’autre centre , ainsi déplacé , parce que les mondes seraient dans ce rapport les uns relativement aux autres. § 5. En effet, ou il ne faut pas admettre que la nature des corps simples soit la même dans les deux, qui seraient au nombre de plusieurs; ou bien, si l’on accepte celte théorie, il faut admettre aussi qu’il n’y a qu’un seul centre et une seule extrémité. Mais, comme il serait absurde de croire que les éléments ne sont pas identiques, il n’est pas possible qu’il y ait plus d’un seul monde.

§ 6. Or il y aurait peu de raison à croire que la nature des corps simples doit changer, selon qu'ils s’éloignent plus ou moins des lieux qui leur sont propres. Qu’importe en effet qu’ils soient éloignés de telle ou telle distance ? Il n’y aura jamais de différence proportionnelle entr’eux

uns sur les autres ; et Ton peut voir dans ce passage quelques traces de la théorie de l’attraction. — Les mondes seraient dans ce rapport , il est bien remarquable qu’Aristote ait conçu que le système du monde devait obéir à des lois générales; mais il applique ces lois à uu monde imaginaire en dehors du nôtre, au lien de le» appliquer au monde que nous connaissons

§5 .La nature des corps simples, c'est-à-dire des quatre éléments, terre, eau, air et feu; plus, le cinquième élément, ou éther, qui forme spéciale meut le Ciel. — Un seul centre , qui, dans le système d'Aristote, est celui de la terre. — Une seule extrémité, voir plu» haut, ch. 2,

§7. — De croire que les éléments ne sont pas identiques, j'ai ajouté ces mots, qui sont indispensables à la clarté de la pensée, et qui res* sortent de tout ce qui précède.

§ 6. Or il y aurait peu de raison à croire , ceci est une réponse à une objection tacite, qui consisterait à croire que les élément» des autres mondes peuvent être différents des éléments du nôtre, parce qu'ils seraient, dans ces mondes, plus éloigné» de» lieux qui leur appartiennent qu'ils ne le sont dans notre monde.

Aristote répond que 1a distance ne fait rien à la nature des éléments, et que cette nature reste la même partout. La seule «différence, c'est que les éléments peuvent être en plus

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