‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 46 sur 212 · LIVRE I, CH. VIII · texte numérisé non relu

LIVRE I, CH. VIII

que d’après leur quantité ; mais l'espèce sera toujours la même. § 7. 11 n’en faut pas moins aussi que ces éléments ment un certain mouvement, puisqu’il est de toute évidence qu’ils se meuvent. Dirons-nous alors que tous les mouvements qu’ils ont sont forcés, y compris même les mouvements contraires? Mais ce qui, par nature, n’a aucune espèce de mouvement du tout ne peut avoir un mouvement forcé. Si donc, ces corps ont quelque mouvement naturel, il faut que ce soit le mouvement de substances dont l’espèce est pareille, et que le mouvement de chacun d’eux se dirige vers un lieu qui numériquement soit un seul et unique lieu ; par exemple, qu’il se dirige vers tel centr e précis et vers telle extrémité précise. § 8. Si l’on

ou moins grande quantité, sans que d'ailleurs leur espèce soit autre. Le texte est fort concis; mais j’ai suivi pour le sens le commentaire de Simplicius, qu’ont reproduit, à peu près complètement, le» autres commentateur». — Que d’après leur quan titéj le texte n’est pas aussi formel, et il reste un peu obscur à force d’être concis.

§ 7. Puisqu'il est de toute évidence qu*ils se meuvent , ainsi que l’atteste le témoignage de nos sens.

— Tous les mouvements qu'ils ont , dans le» mondes autres que le nôtre.

— Sont forcés, il faut faire cette supposition ; car, si le» mouvements sont, dans les autres mondes, les mêmes que ceux que nous voyons sur notro terre, il n’y aura plus de différence; et c'est ce qu’Aristote s’efforce de prouver. — Y compris même les mouvements 'contraires, de telle façon que les mouvements,

soit en haut, soit en bas, seraient considérés comme des mouvements violents dans un seul et même élément. — Ne peut avoir un mouvement forcé , le mouvement forcé étant le contraire du mouvement naturel, l'un ne peut exister sans l’autre. — De substances dont l'espèce est pareille , à celle» des substances que nous voyons sur noire terre. — Un seul et unique lieu, la terre des autres mondes, s’il en est, doit se diriger vers le centre de notre terre; le feu de ces mêmes mondes doit se diriger vers les extrémités de notre monde. Le lieu doit être mimériqucment le même, pour que l’unité du monde soit aussi complète que le veut Aristote. — Vers tel centre précis, si c’est un des éléments pesant». — Et vers telle extrémité précise, si c’est un des éléments légers.

§ 8. Si Ton prétend que * le mou-

prétend que le mouvement se dirige vers des lieux de même espèce, mais multiples, attendu que les individus aussi sont toujours multiples, bien que chacun d’eux pris à part ne présente aucune différence sous le rapport de l’espèce, on peut répondre qu’il n’est pas possible que le mouvement soit à telle partie de l’univers et ne soit pas à telle autre, mais qu’il doit être le même pour toutes. En effet, toutes les parties sont identiques sous le rapport de l’espèce ; et ce n’est que numériquement que chacune est différente de toute autre, quelle quelle soit. § 9. Je veux dire par là que, si des parties du monde où nous sommes sont entr’ elles dans un certain rapport réciproque, les parties d’un autre monde seront aussi dans le même rap-

l'entent, ma traduction est ici encore beaucoup plus explicite que le texte; mais j'ai dû le paraphraser pour le rendre intelligible, et j'ai suivi le commentaire de Simplicius. — Mais multiples, le texte dit précisément :

« Plusieurs.» — Les individus , qui sont compris sous une même espèce.

Peut-être cette pensée est-elle ici exprimée sous une forme un peu trop générale, et fallait-il lui donner une forme plus particulière, spécialement relative au mouvement que l’on prête aux divers éléments.

— Pris à part, j'ai ajouté ces mots pour que la pensée fût plus complète et plus claire. — On peut répondre, j’ai emprunté ce développement, qui n’est pas dans le texte, au commentaire de Simplicius, qui semble s'appuyer lui-même sur celui d'Alexandre d’Aplirodisée. — A telle partie de V univers, le texte n’est

pas aussi formel. Les parties dont il est ici question ne peuvent être que les éléments disséminés dans l’espace. Leurs parties, dans quelque lieu qu'elles soient, y subissent le mouvement que la nature leur impose, suivant qu’elles sont ou pesantes ou légères. — Toutes les parties , c'eBt-à-dire les éléments qui composent notre monde, et qui doivent composer les autres mondes également. — Sous le rapport de l'espèce, la terre est partout de la terre; le feu est partout du feu.

§ 9. Je vetçc dire par là, le texte est encore ici d'une grande obscurité, à cause de sa concision ; et j’ai dû le développer, d'après le commentaire de Simplicius. — Des parties du monde où nous sommes, c’est -à dire les éléments dont est formé le monde que qous habitons.

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