LIVRE I, CH. VIII, § il
port, et que cette partie quelconque prise de notre monde ne diffère en rien de celles qui seraient dans quelqu'autre inonde, pas plus qu'elle ne différera des parties analogues dans le nôtre; mais elle sera avec elles dans la même relation, puisque toutes ces parties ne diffèrent point du tout entr'elles sous le rapport de l’espèce.
§ 10. Ainsi, on est forcé nécessairement ou de rejeter les principes que nous venons de poser, ou d'admettre que le centre de l’univers est unique, et que l’extrémité l’est également. Ceci admis, il faut nécessairement reconnaître aussi que le ciel est unique et qu’il n’y en a pas plusieurs, conclusion qui s’appuie sur les mêmes preuves et sur les mêmes nécessités.
§ 11. On pourra démontrer encore, par l'étude des autres mouvements, qu'il doit y avoir un certain lieu où la terre et le feu sont naturellement portés. En effet, tout corps en mouvement change et passe d’un état à un autre
— Et qu'une partie quelconque prise de notre monde , pour qu’on la compare à une partie analogue dans un autre monde. — Pas plus quelle ne différera , le texte est encore ici d’une concision qui rend le sens obscur et douteux. — Sous le rapport de l'espèce, même observation qu’à la fin du paragraphe précédent.
§ 10. Les principes que nous venons de poser , le texte dit précisément : « Ces hypothèses. » — De P univers, j’ai ajouté ces mots, qui d’ailleurs ressortent du contexte. — Nécessairement... . nécessairement...
nécessités, ces répétitions sont dans le texte, et je n’ai pas cru devoir
les supprimer. — Sur les mêmes preuves, qui démontrent qu'il n'y a qu'un centre et qu’une extrémité du monde.
§ 11. Par i étude des autres mouvements, je crois que ce sens s'accorde mieux avec le contexte, bien que tous les commentateurs ne l'aient pas admis, et que plusieurs aient adopté un senB plus général et plus vague. — Un certain lieu, c’est un principe qui a été admis antérieurement sans preuve, et qui est démontré dans ce §. — Change et passe, il n'y a qu'un seul mot dans le texte. — D’un état à un autre, l'expression du texte est moins précise. Le mot d’État m'a paru assez
état ; ces deux états sont celui d’où il part et celui où il arrive, l’uu et l’autre différant en espèces. Or, tout changement a ses limites; et par exemple, la guérison est le passage de la maladie à la santé, et l'accroissement est le passage de la petitesse à la grandeur. Donc il y a des limites aussi pour le corps qui subit un mouvement de translation ; car il va d’un endroit d’où il part à un autre endroit où il arrive. Il y a donc une différence spécifique entre le point d’où il s'éloigne et celui où il tend, comme il y en a pour le corps qui guérit ; car en ceci les choses ne vont pas au hasard, ni même comme le moteur le veut. Ainsi, le feu et la terre ne sont pas emportés à l’infini, mais dans des directions opposées, puisque pour le mouvement dans l’espace le haut est l'opposé du bas ; par conséquent, ce sont là précisément les limites de la translation naturelle des corps. § 12. Le mouvement circulaire représente bien aussi, en quelque sorte, des opposés qui sont les extré-
général pour pouvoir «'appliquer à toutes le» espèce» de mouvement. — A ses limites , voir, pour tou» ces principes sur le changement et le mouvement, la Physique , livre V, ch. 7, § 7, tome II, page 322 de ma traduction. — De la maladie à la santé, qui sont les limites dans le mouvemeot de qualité. — De la petitesse à la grandeur, qui sont les limites dans le mouvement de quantité. — Qui subit un mouvement de .translation, soit naturel, soit forcé ; mais il s’agit plus particulièrement ici du mouvement naturel.
— D'un endroit d'où il part , le texte n’est pas aussi développé. — Une différence spécifique , voir la
Physique, livre V, ch. i, § 4, tome II, page 275 de ma traduction.
— Au hasard , voir la réfutation du système du hasard, Physique , livre II, ch. 8, § 1, tome II , page 52 de ma traduction. — De la translation naturelle des corps, j‘ai ajouté l’épithète de « Naturelle. »
§ 12. Le mouvement circulaire, on pourrait contester la justesse du principe général qui vient d'étre posé, à savoir que tout mouvement sans exception s'accomplit entre des limites opposées ; et l’on pourrait citer en preuve le mouveraeut circulaire ; c'est à cette objection tacite que répond Aristote. — En quelque sorte, cette restriction est