LIVRE I, CH. VIII
mités du diamètre ; mais considéré dans sa totalité, il n’y arien de contraire à ce mouvement. Ainsi donc, même dans ce cas, il y a bien encore, on le voit, un mouvement qui se dirige vers les opposés et vers des limites ; donc il doit y avoir nécessairement une fin au mouvement des éléments, et ils ne peuvent pas être emportés à l’infini.
§ 13. La preuve que le mouvement des éléments n’est pas infini, c’est que la terre est animée d’un mouvement d’autant plus rapide quelle se rapproche davantage du centre, et le feu , qu’il se rapproche davantage du haut. Si donc il y avait ici un mouvement infini, il faudrait que la rapidité devint infinie également ; et si la rapidité était infinie, la pesanteur et la légèreté le seraient tout comme elle ; car de même que le corps, entraîné plus bas qu'un autre par sa vitesse, acquiert de la vitesse par son propre poids, de même, si l'accroissement du poids était infini, il
nécessaire ; car daoB le mouvement circulaire , l’opposition n'est pas aussi marquée que dan* le mouvement en ligne droite. — Au mouvement des éléments , j'ai ajouté ce* mot* pour compléter la pensée. C’est le sens d’ailleurs qu’autorise le contexte, et qu’adopte Simplicius. — Être emportés à l’infini , voir plu* haut, § 11.
§ 13. Est animée d’un mouirment d'autant plus rapide , le fait est exact ; mais la démonstration qu’en tire Aristote u’est pas aussi complète qu’il semble le croire, et il faut y ajouter ce qui a été dit plus haut, ch. 6, § 11, à savoir qu’il ne peut y avoir ni corps, ni pesanteur, ni légèreté infinis. — Et le feu , qu'il se
rapproche davantage du haut , il est difficile d’observer des faits de ce genre, tandis que l’observation est facile pour la chute des graves, qui s’accélère de plus en plus à mesure qu'ils se rapprochent du centre. — Un mouvement infini, ou peut-être :
a un espace infini. » L'expression du texte est tout à fait indéterminée.
— De métne que le corps...., je ne suis pas sûr d'avoiç bien compris ce passage, que les commentateurs n’ont pas éclairci, et pour lequel le* variantes n'offrent pas non plus un secours suffisant. — L’accroissement du poids , le texte n’est pas aussi formel. L’accroissement du poids doit s'entendre d'ailleurs ici non d’une augmentation réelle du corps.
faudrait que l’accroissement de la vitesse le fût également. § lâ. Mais le mouvement des éléments n’a pas lieu soit en haut, soit en bas, par l'action d’une cause étrangère; il n’est pas forcé non plus, et il n’a pas lieu, comme on le prétend, par l’expulsion que subirait un des éléments remplacé par un autre ; car alors une plus grande quantité de feu monterait moins rapidement en haut, et une plus grande quantité de terre descendrait moins rapidement en bas. Or, dans l'état actuel des choses, nous voyons sans cesse le contraire arriver, puisque une masse plus grande de feu et une masse plus grande de terre vont d'autant plus vite au lieu qui leur est propre. Ni l’un ni l'autre de ces éléments ne seraient portés plus rapidement vers son terme, si c’était par force ou par expulsion qu’ils y fussent poussés ; car plus les corps s’éloignent de la force qui les contraint, plus ils vont lentement et sont portés avec moins de force vers le lieu d’où ils s’éloignent forcément.
§ 1 5. En résumé, d’après ce qui précède, on peut avoir une suffisante confiance dans les théories que nous venons d'exposer assez longuement ; mais on pourrait les démon-
mais de l'augmentation accidentelle qu'apporte l’accélération de la chute.
§ 14. Suit en haut , pour l’air et le feu. — Soit en bas , pour la terre et l’eau. — L’action d’une cause étrangère j le texte se borne à dire :
« par un autre. » — Comme on le prétend, les commentateurs ne nous disent pas à qui cette expression fait allusion. Simplicius rappelle qu’après Aristote, Straton et Epicure oui adopté ce système. — L'expulsion
que subirait un des éléments remplacé par un autre, j'ai paraphrasé le texte plutôt que je ne l’ai traduit; et je tire le sens que je donne du commentaire de Simplicius. — Monterait moins rapidement , parce que la force initiale qui aurait imprimé le mouvement, Rupporé contre nature, agirait d’autant moins que le corps s’éloignerait d’elle davantage. — Ou par expulsion , voir la remarque un peu plus haut.