LIVRE I, GH. VIII
trer encore par les arguments tirés de la Philosophie première et de la nature du mouvement circulaire, qui doit être ici-bas éternel tout aussi nécessairement qu il le serait dans les autres mondes.
§ 16. Voici enfin une manière de se convaincre qu’il ne doit y avoir nécessairement qu’un seul ciel. C'est que les éléments corporels étant au nombre de trois, il n'y aura que trois lieux aussi pour ces éléments : l’un, celui du corps qui est au- dessous de tous les autres , sera le lieu qui est au centre; l’autre, celui du corps qui se meut circulairement, sera le dernier; et le troisième, situé entre les deux, sera celui du corps intermédiaire ; car c’est là nécessairement le lieu où sera le corps qui flotte à la sur-
§ 13. De la Philosophie première, c’est la Métaphysique , qui est ainsi désignée. Le passage auquel celui-ci fait allusion est dans le XIIe livre de la Métaphysique, chap. 10, page 1075, édition de Berlin. — Du mouvement circulaire , voir la Physique , livre VIII, cbap. 12, tome 11, page 529 de ma traduction. — Ici-bas , dans notre monde. Le texte dit simplement : a Ici. » — Qu’il le serait dans les autres mondes , peut-être faut-il renverser la pensée, et dire que le mouvement circulaire serait nécessaire dans les autres mondes, tout aussi nécessairement qu'il lest dans le nôtre.
§ 16. Enfin , le texte dit simplement : « Encore, » — Les éléments corporels étant au nombre de trois t ceci peut paraître assez singulier au premier coup-d’ueil , et d’ordinaire les éléments sont au nombre de quatre, et même de cinq en y com-
prenant l’éther. Ici, au contraire, ils ne sont que trois. C'est simplement une nouvelle division , comme le prouve le contexte. Aristote partage les éléments en trois classes :
la terre, qui reste au centre ; l’eau, l'air et le feu, qu'il appelle les éléments superficiels et surnageant, dans l'espace intermédiaire ; puis le ciel, qui est le deruier de tous, et qui est à l’extrémité du monde. — Il ny aura que trois lieux aussi , le bas, le haut, et l'intervalle entre le haut et le bas. — Qui est au-dessous de tous les autres , le texte n'est pas aussi explicite. — Le lieu qui est au centre , c'est-à-dire le lieu où est la terre, qui occupe le centre du monde.
— Du corps qui se meut circulairement, ou du ciel. — Du corps intermédiaire, il serait mieux do mettre le pluriel ; car ce corpe intermédiaire comprend l'eau, l'air et le feu.
— Le corps qui flotte à la surface
face des autres, puisque, s’il n'était pas là, il faudraitqu’il fût en dehors du monde. Or il est impossible qu’il soit en dehors ; car l’un des éléments est sans pesanteur, et l’autre est pesant ; donc le lieu du corps pesant est le plus bas, puisque le lieu qui est au centre est le lieu de la pesanteur. Mais ce lieu n’est pas non plus un lieu contre nature pour le corps pesant; car alors il serait le lieu naturel pour un autre corps, et nous avons vu qu’il ne l’était pas pour un autre corps. Donc il faut nécessairement que le corps qui surnage soit entre les deux. Nous verrons plus tard quelles sont les différences que présente ce même corps; mais, en attendant, nous avons exposé, dans tout ce qui précède, la qualité et le nombre des éléments corporels, le lieu spécial de chacun d’eux, et en général le nombre précis de ces lieux différents.
des autres , même remarque; l’eau est à la surfaco de la terre ; l’air est au-dessus de l’eau ; et enfla le feu est au-dessus de l’air. Voir la Météorologie, livre 1, ch. 3, page 7 de ma traduction. — Lun des éléments est sans pesanteur, c’est l’éther qui remplit le ciel. — L’autre est pesant, c’est la terre, qui occupe le centre du monde et y est en repos, selon Aristote. — Le plus bas, ou le
centre. — Et nous avons vu, d’après ce qui vient d’être dit dans ce paragraphe même. — Le corps qui surnage, voir la uote mise un peu plus haut. — Entre les deux, entre le haut et le bas. — Des éléments corporels, divisés, soit en cinq espèces, soit en trois, comme ils le sont ici.
— Le nombre précis de ces lieux, qui ne peuvent être qu’au nombre de Iroift.