‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 57 sur 212 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Examen de la question de savoir si le ciel est créé ou s’il est incréé. Nécessité de connaître d’abord les opinions émises par les autres philosophes : opinions généralement reçues & ce sujet; Empédocle et Héraclite; opinions contradictoires de quelques philosophes. t.e monde ne peut pas avoir été créé et demeurer éternellement dans son état actuel ; erreur de l’iaton dans le Tintée.

§ 1. Ceci posé, nous continuerons ce qui précède en recherchant si le ciel est créé ou incréé, et s’il est périssable ou impérissable. Mais d'abord, nous passerons en revue les hypothèses émises par les autres philosophes ;

pensée. — Le divin soit mu, j'ai répété ici ces mois : Le divin; et cette expression désigne le Ciel, tout aussi bien que Dieu. — C’est un seul et même lieu, voir sur celle théorie la Physique, livre VI 11, ch. 12f § 41, t. 11, p. 547 de ma traductiou.

Ch. A', § 1. S* le ciel est créé ou incréé, grande et diflicile question

qui sera traitée dans les chapitres qui vont suivre. — Les hypothèses émises par les autres philosophes, c'est la méthode constante d'Aristote, et il l a pratiquée dans tous ses ouvrages. Aussi l'accusation de Bacon est-elle dénuée de tous fondements; et loin d'égorger ses frères, les philosophes antérieurs à lui, Aristote les a fait connaître autant

car les démonstrations des opinions contraires deviennent des éclaircissements pour les opinions opposées. J’ajoute qu’ alors le système que nous aurons nous-mêmes à produire devra inspirer d’autant plus de confiance, que nous aurons préalablement entendu la justification des objections que l’on peut élever à ce sujet. Il nous conviendrait beaucoup moins de paraître trancher la question en condamnant des absents; car ceux qui désirent juger équitablement de la vérité des choses doivent être des arbitres, et non pas des adversaires.

§ 2. D'abord, tous les philosophes s'accordent à dire que le ciel a été créé. Mais, tout en le supposant créé, les uns prétendent qu’il restera éternellement tel qu’il est, et les autres, qu’il est périssable, comme un des composés quelconques que la nature renferme. D'autres, supposant une alternative, prétendent que tantôt le ciel est stable, tel que nous le voyons, et que tantôt il devient tout autre quand il doit périr. Ils admettent que cette succession d’états différents est perpétuelle, ainsi que l’ont pensé Empédocle, d’Agrigente, et Héraclite, d'Éphèse. Mais dire

qu'il l’a pu, en exposant et en réfutant leurs théories. — Entendu la justification , l'idée est très-ingénieuse et très-vraie. — En condamnant des absents , il est probable que l’expression dont se sert ici le texte, était une formule officielle et juridique. — Doii'enl être des arbitres , et n’avoir point de parti pris à l’avance. Ces conseil!» sont excellents, et ils sont aussi modestes qu’utiles.

§ 2. Tous les philosophes s'accordent à dire , il faut rapprocher tout ce qui va suivre du VIII* livre de

la Physique, et des théories sur l’éternité du mouvement. — Que le ciel a été créé , il faut accepter le témoignage d’Aristote; mais si les philosophes antérieurs à lui ont admis en général la création, ce n’est pas dans le sens où le christianisme l’a plus tard comprise, et où nous la comprenons aujourd’hui. — Qu’il restera éternellement tel qu'il est , le texte n’est pas tout à fait aussi formel. — Que cette succession d’étals différents , ici encore j’ai dû développer l’original; voir la Phy-

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