LIVRE I, CH. XI
être et tantôt n'être pas. Quand on dit aussi d’une chose qu’elle est incréée, c’est qu'il est impossible, et qu’il a été impossible, quelle se produise de telle façon que d’abord elle soit et ensuite ne soit plus. Telle est par exemple, l’impossibilité qui fait que le diamètre n’est jamais commensurable. § 7. Du reste, quand on dit que quelqu'un peut parcourir cent stades ou soulever un certain poids, on entend toujours parler de sa plus grande puissance. Par exemple, si l’on dit qu’il soulève un poids de cent talents ou qu’il parcourt cent stades, c’est du maximum qu’il s’agit, bien que cependant cet homme puisse aussi parcourir les quantités intermédiaires, du moment qu’il peut fournir les quantités maxima. C’est que l’expression qu’on détermine, doit nécessairement s’appliquer au point extrême, et à la puissance du maximum. 11 faut donc que ce qui peut à son maximum faire telle chose puisse faire aussi les quantités intermédiaires : par exemple, si l’on peut soulever un poids de cent talents, on peut aussi soulever deux talents ; et si l'on peut parcourir cent stades, on doit pouvoir aussi n’en parcourir que deux. L’idée de
incriée , voir plus haut, § 2, le sens de ce mol. Peut-être faudrait-il plutôt dire a inengeudrée, » si ce mot était français- — L'impossibilité qui fait t le texte n'est pas tout à fait aussi formel.
§ 7. Que quelqu'un, ou « que quelque corps; » l'expression du texte est tout & fait indéterminée. Les idées développées dans ce § se rattachent aux précédentes, en ce qu'elles expliquent davantage les idées de possibilité et d'impossibilité, de puis-
sance et d'impuissance. — De sa plus grande puissance, ou « du maximum de ce qu'il peut faire. »
— C’est du maximum qu'il s'agit , j'ai ajouté ce petit membre de phrase, pour compléter la pensée. — L'expression quon détermine , le texte n'est pas aussi explicite. — Au point extrême, mot-à-mot : « à la fin. o — Puisse aussi parcourir les quantités intermédiaires, il y a ici quelque redoudance , et l'original aurait pu être plus concis. — L'idée
puissance s'applique toujours au maximum. Si l'on ne peut faire telle chose prise comme un maximum, on ne pourra pas non plus faire ce qui dépasse ce point. Par exemple, celui qui ne peut pas même parcourir mille stades, n’en parcourra pas évidemment mille et un. § 8. D’ailleurs, ne nous faisons pas illusion sur ce point extrême et dernier de la puissance; toujours ce qu’on peut, à proprement dire, doit être déterminé d’après le point extrême assigné au maximun ; car on pourrait facilement nous objecter que le principe pesé par nous n’est pas un principe nécessaire. Ainsi celui qui voit un stade pourra bien ne pas voir toutes les grandeurs intermédiaires ; tandis que tout au contraire, celui qui peut voir un point, ou qui peut entendre un très-faible bruit, aura encore bien mieux la perception d'objets ou de sons plus grands. Mais ceci même n’apporte aucune différence à notre raisonnement ; car on peut tout aussi bien appliquer le maximum soit à la puissance, soit à la chose même. On comprend toujours clairement ce que nous voulons dire. Ainsi, la vue supérieure est celle qui aperçoit
de puissance, le texte dit simplement : « la puissance. »
§ 8. Ne nous faisons pas illusion , en croyant que ce maximum peut n’être qu’en un seul sens ; il peut être à la fois ou de grandeur ou de petitesse. — Toujours ce qu'on peut , j’ai pris celle tournure pour répondre davantage à ce qui précède ; mais le texte dit précisément : « le possible. » — On pourrait facilement nous objecter , l’objection pourrait être présentée sous une forme plus claire et plus saisissante. —
Qui voit un stade , j’ai gardé l'indécision du texte; et peut-être eût-il mieux valu dire : « qui voit à un stade de distance. » — Les grandeurs intermédiaires, même remarque ; les Grandeurs intermédiaires signifient ici tous les objets placés en deçà de la distance du stAde, entre ce terme extrême et l’observateur. — Qui peut voir un point, le point étant pris ici pour un objet d’une très-grande petitesse. — Soit à la puissance, soit à la chose même , cette pensée n'est pas assez