CHAPITRE XII
Conséquences des théories précédentes; distinction entre l'impossible et le faux; l’incréé doit être impérissable; et réciproquement, l’impérissable doit être incréé. Sens véritable des mots incréé et impérissable ; démonstration littérale de ces principes. L’incréé et l’impérissable sont des termes équivalents et consécutifs l’un à l’autre, comme le créé et le périssable. Démonstrations diverses de ces propositions.
§ 1. Ces définitions, une fois bien comprises, nous devons poursuivre et voir les conséquences. Si, réellement, certaines choses peuvent être et ne pas être, il faut, nécessairement, qu’il y ait un maximum de temps pour qu elles soient ou ne soient point. J'entends ici parler d’une chose qui peut être ou ne pas être indifféremment, dans quelque catégorie que ce soit. Ainsi, c’est l’homme ou c’est le blanc; c’est une longueur de trois coudées
claire. — Le plus grand espace , il faut qouter comme le fait Simpliciua : « dans le même intervalle de temps. »
Ch. XII , § 1. Ces définitions une fois bien comprises , le texte n'est pas tout à fait aussi explicite. — Un maximum de temps , ce n’est pas là absolument l'expression du texte ;
mais je l'ai prise, pour me rapprocher davantage de ce qui précède.
— Quelque catégorie que ce soit, l’original se sert du mot même de Catégorie, qui est assez rare dans le style d’Aristote. — Cest l'homme , dans la catégorie de la substance. — Ou c'est le blanc, dans la catégorie de la qualité. — C’est une longueur de
ou telle autre quantité analogue ; car, si le temps n’est pas d'une quantité fixe, s’il est toujours plus grand que tout temps qu’on puisse présupposer, et s’il n’y a pas un temps comparativement auquel il soit plus petit, alors une même chose pourra être pendant un temps infini, et ne pas être pendant un autre temps infini également; or, cela n'est pas possible. § 2. Regardons, comme un principe d’où nous devons partir, que l’impossible et le faux ne signifient pas la même chose; car, d’abord, l'impossible et le possible, ainsi que le faux et le vrai, peuvent être simplement hypothétiques. Je puis dire, par exemple, que les angles du triangle ne peuvent être égaux à deux angles droits, si telles autres conditions sont posées préalablement; comme je puis dire aussi que le diamètre doit être commensurable, si telles conditions préalables sont posées également. Mais il y a en outre des choses qui sont absolument possibles et impossibles, des choses qui sont fausses- et vraies absolument; et l’on voit bien que ce n’est pas la même chose d’être absolument faux et d’être absolument impossible.
trois coudées , dan* la catégorie de la quantité. — Si le temps , le texte se sert d'un adjectif masculin, qui ne peut que se rapporter au temps, dont on a parlé plus haut. J’ai préféré rendre l'expression plus précise, d’après le commentaire de Simplicius. — Pourra être .... et ne pas être, ce qui serait une contradiction manifeste. 11 est d’ailleurs «'vident que, si le temps n’est pas fini, il doit doit être nécessairement infini.
§ 2. U impossible et le faux ne signifient pas la même chose , la re-
marque est juste et délicate ; mais elle ne demandait peut-être pas autant do développement qu’elle en reçoit ici. — D'abord, j’ai ajouté ce mot, et le texte n’est pas aussi formel. — AV peuvent être égaux, bien qu’en réalité ils le soient ; mais on peut faire telle supposition préalable qui entraîne, élaul uue fois admise, la fausseté de ce théorème. — Que le diamètre doit être commettsurable, même remarque. — Mais il y a en outre, j’ai ajouté ces dernier» mots, pour bien marquer les deux espèces