LIVRE I, CH. XII
être toujours ou toujours ne pas être ; mais on vient de démontrer tout à l’heure que cela est impossible. § 8. Faut-il donc en conclure nécessairement que, si une chose est incréée et si elle existe actuellement, elle doit être éternelle? De même encore que, si elle est impérissable et qu’elle soit, faut-il en conclure quelle est éternelle aussi? Je prends du reste ici incréé et impérissable dans leur sens absolu. Incréé est ce qui existe maintenant, et dont on n’a jamais pu dire antérieurement avec vérité qu’il n’était pas; impérissable est ce qui est maintenant, et dont il ne sera jamais vrai plus tard de dire qu’il n'est pas. Mais si ces termes se suivent et sont réciproques l'un à l’autre; si l'incréé est impérissable, et si l'impérissable est incréé, il faut aussi que l’éternel suive nécessairement l’un et l’autre ; c’est-à-dire que, si une chose est éternelle ; elle est incréée, et que, si elle est impérissable, elle est éternelle également.
§ 9. Cette conséquence résulte même de la définition de ces termes ; car si une chose est périssable, il faut nécessairement qu’elle soit créée. Toute chose, en effet,
non-étrc. — On vient de démontrer tout à l'heure , voir plus haut à la fin du § 5.
§ 8. Faut-il donc en conclure , cette forme interrogative, habituelle dans le style d’Aristote, n’en est pas moins affirmative ; et l'on pourrait très-bien traduire sans y mettre l’interrogation. — Dont leur sens absolu, voir plu* haut, ch. 11, § 2. — Incréé ou Inengendré, si le mot était français. — Se suivent et sont réciproques , il n’y a qu'un seul mot dans l'original. —
Si une chose est étemelle , elle est incréée , il semble que la phrase devrait être renversée; mais le toile ne se prête pas à ce changement.
§ 9. Cette conséquence , le texte n’a qu’une expression tout à fait indéterminée.— Si une chose est périssable , ceci n’est pas la définition qu'on devrait attendre, et ce n’t*r t guère que la répétition de ce qu’on vient de voir un peu plus haut. — Toute chose en effet , la théorie est vraie, et la méthode de division est ici parfaite-
estouincréée on créée. Si elle est incréée, elle est, d'après notre supposition, impérissable ; et si elle est créée, elle est nécessairement périssable ; car elle est ou périssable, ou impérissable. Or si elle est impérissable, elle est incréée, d’après l’hypothèse que nous avons faite.
§10. Mais si l'impérissable et l’incréé ne sont pas des termes réciproques et consécutifs l’un à l’autre, alors il n’y a plus de nécessité que ni l’impérissable, ni l’incréé soient éternels. Or, ce qui montrera bien que ces termes sont nécessairement réciproques et consécutifs, c’est que le créé et le périssable le sont aussi entr'eux. Du reste, ceci résulte encore de notre discussion antérieure ; car entre l’être éternel et le non-être éternel, c’est-à-dire ce qui est toujours et ce qui toujours n’est pas, le moyen terme est ce qui n’a ni l’un ni l’autre pour conséquent. Or, c’est là
ment exacte; mais la pensée D'avance pas; et ces subtilités sont bien longues, avant d’aboutir à une conclusion. — D’après notre supposition y voir plus haut, au § précédent.
— D’après l’hypothèse , même remarque. Les deux termes d'impérissable et d’incréé étant consécutifs l'un à l’autre, il est clair que l’impérissable est incréé, et que Pincréé est impérissable.
§ 10. Réciproques et consécutifs, il n'y a qu’un seul mot dans le texte. — U n’y a plus de nécessité, c'est une nécessité purement logique, résultant de la corrélation même des idées. — Récipt'oques et consécutifs , même remarque que tout à l’heure. — Le créé et le périssable le sont aussi entr eux, la
réciproque pour les deux termes contraires et uégatifs serait également vraie ; et par suite, l'argument n’est pas très-puissant — De notre discussion antérieure, voir plus haut, § 6. — C'est-à-dire ce gui est toujours, j’ai cru devoir ajouter celte glose, qui oe fait que répéter la phrase précédente, sous une autre forme. — Le moyen terme, voir plus haut, § 5. — Ni l’un ni l'autre, des deux contraires : Ce qui est toujours, et ce qui toujours n'est pas. Le créé en effet n'est pas toujours ; et i’ou ne peut pas dire non plus que toujours il ne soit pas. — Pour conséquent , c’est-à-dire que ce n'est pas une conséquence nécessaire qu'une chose périssable et créée soit toujours, ni que toujours elle ue soit