LIVRE I, CH. XII, § il
précisément ce que sont le créé et le périssable ; car il est possible que ces deux êtres soient et ne soient pas durant un certain temps déterminé; et j’entends par là que l’un et l’autre peuvent être pendant une certaine durée, et ne pas être pendant une autre durée de temps.
§ 11. Si donc, il y a quelque chose de créé et de périssable, il faut nécessairement que ce soit là le terme moyen entre ce qui est toujours et ce qui toujours n’est pas. Soit A l’être qui est éternellement ; B, l’être qui éternellement n’est pas ; C, l’être créé ; D, l’être périssable. Il faut nécessairement que C soit intermédiaire entre A et B; car pour ces dernières choses là, il n'y a pas de temps, puisque, ni pour l’une ni pour l’autre, on ne saurait trouver une limite où A n’existait pas et où existait B. Mais pour une chose créée, il faut nécessairement qu’elle soit actuellement, et soit en fait ou en puissance, tandis que A et B ne sont ni d'une'manière ni de l'autre. Ainsi, C sera et ne
pas. — Ces deux êtres, le texte répète : « L’un et l’autre ; p ce qui peut faire amphibologie avec ce qui précède ; car, dans la phrase précédente, Ni l’un ni l’autre se rapporte à l'être éternel et an non-être éternel, tandis que dans celle-ci, L’un et l’autre se rapporterait au créé et au périssable. — Pendant une autre dut'e'c de temps , j’ai ajouté ces raot.% d’après le commentaire de saint Thomas, afin de marquer davantage la différence.
§ 11. Entre ce qui est toujours et ce qui toujours n'est pas , j’ai répété celle pensée en l’empruntant au § précédent ; et ce complément
m a paru indispensable. — Pour ces dernières choses là, le texte n'est pas tout À fait aussi formel — Il n’y a pas de temps, le temps est pris ici dans le sens d’une portion déterminée de la durée. — Une limite, de temps, sous-entendu. — Où A n existait pas , puis qu’il est éternellement. — Et où existait B, puisqu’éternellement il n’est pas.
Actuellement et soit en fait, il n’y a qu’un seul mot dans le texte. — Aï cT une manière ni de l'autre, c’est-àdire, à ce qu’il semble d’abord, ni effectivement, ni même en puissance. Mais ce ne peut être là le sens, puis qu’uue chose éternelle est
sera pas pendant un certain temps donné. De même pour D, qui est le périssable. Donc l'un et l’autre sont créés et périssables ; donc le créé et le périssable se suivent et se tiennent mutuellement
§ 12. Soit E l’incréé, F le créé, G l'impérissable et H le périssable. Déjà, il a été démontré que F et H sont réciproques et consécutifs l'un à l’autre. Lors donc que les termes sont disposés entr’eux dans ce rapport où le sont F et H, c'est-à-dire qu’ils se suivent, et lorsque E et F ne sont jamais à la même chose, mais que l'un des deux est à toute la chose, il en résulte également que F et H, et que E et G se suivent nécessairement. Supposons en effet que E ne suive pas G ; ce sera F qui le suivra, puisque E ou F est à toute la chose. Mais H suit tout ce que suit F ;
nécessairement en fait. U faut donc entendre qu’il s'agit encore ici du modo d’existence dont il vient d’être parlé, c’est-à-dire qu’on ne peut assigner un temps, ni où A n’existait pas ni où existait B. — Ainsi C sera et ne sera pas , non pas simultanément, ce qui est impossible, mais successivement. — Donc run et Vautre .... donc le créé et le périssable , on peut trouver que ces démonstrations ne sout pas très-rigoureuses.
§ 12. Soit E l'incréé, cette nouvelle démonstration a pour objet de prouver que l'incréé et l’impérissable sont réciproques et corrélatifs l’un à l'autre, comme le créé et le périssable le sont entr’eux. Mais ici encore la démonstration peut sembler bieu longue, et môme peu nécessaire, après tout ce qui précède. — Il a été
démontré, dans le § précédent. — C'est-à-dire qu'ils se suivent , le texte n’est pas aussi formel. — Ne sont jamais à la même chose, voir plus haut, § 6. Il est évident, en effet, que l'incréé et le créé (E et F) ne peuvent jamais être les attributs d’un même sujet, puisque ce sout des contraires. — Que F et H , au lieu de F, les textes ordinaires disent G; mais la suite du raisonnement exige nécessairement F et non G; et j'ai cru devoir faire ce changement indispensable. — Supposons , en effet, que E ne suive pas G, supposition impossible. — Ce sera F qui le suivra, c’cst-à-dire que ce sera le créé qui sera réciproque et corrélatif à l’incréé, ce qui constitue une contradiction jusque dans les termes. — Puisque E ou F est à toute la chose, c'est-à-dire que toute