‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 70 sur 212 · LIVRE I, CH. XII · texte numérisé non relu

LIVRE I, CH. XII

ainsi H suivra G. Or on supposait que cela est impossible. Même raisonnement pour prouver que G suit E. Donc, c’est bien ainsi que l’incrêé, représenté parE, estau créé, représenté par F, et que l'impérissable, représenté par G, est au périssable, représenté par H.

§ 13. Prétendre que rien n’empêche qu’une chose qui a été créée soit impérissable, et qu’une chose qui estincréée puisse périr, en admettant qu’une fois la naissance s’est réalisée pour l’une et la destruction pour l’autre, c’est renverser une des hypothèses précédemment acceptées. En effet, c’est ou dans un temps infini, ou dans un certain temps déterminé, que tout peut agir ou souffrir, être ou ne pas être; et si l’on parle ici du temps infini, c’est que le temps inlini est, en quelque sorte, considéré comme fini, quand on dit que c’est celui qui ne peut être dépassé

chose doit être ou incréée ou créée; voir plus haut, § 9. — On supposait que cela est impossible , la démonstration n'est pas complète, et elle aurait exigé un peu plu» de développement. — C'est bien aitisi, c'est>à>dire que l’incréé et le cr<é ne sont pas réciproque», pas plus que ne le sont le périssable et l*impérissable.

§ 13. Prétendre que rien n’empéche, les commentateurs, à commencer par Alexandre d'Aphrodisée et par Simplicius, ont cru que ceci était une réfutation de Platon, qui, en effet, dans le Tinté è, après avoir avancé que le monde a été créé par la puissance de Dieu, ajoute que le monde est impérissable; voir le Timée, p. 119, 123 et 131, traduction de M. V. Cousin. — Une des hypo-

thèses précédemment acceptées , l'auteur aurait pu être plus précis, et indiquer spécialement une de ses précédentes hypothèses. Il est probable qu'il s'agit de celle où il a démontré que l'iucréé et l’impérissable sont corrélatifs entr’eux, comme le sont le périssable et le créé ; voir plu» haut, § 8. — En effet, la con- Récution des idées est diflicile à saisir, et je ne trouve rien dan» le»

commentateurs qui réclarrci*se parfaitement. Ce qui est évident, c’est qu’en accouplant le créé et l’impérissable, le périssable et l’in créé, on réunit le fini à l’infini, et qu’on les fausse l’un et l’autre. — S» Ton parte ici du temps infini, le texte n’est pas aussi explicite. — Considéré comme fini, quand on dit....

même remarque. — Qu’en un cer -

par un autre temps plus grand que lui; mais l'infini, qui n'est infini qu'en un certain sens, n'est plus réellement ni fini ni infini.

§ là. De plus, pourquoi un être qui était antérieurement de toute éternité, est-il venu à périr à tel instant plutôt qu’à tel autre? Et pourquoi un être qui n’existait pas durant un temps infini, est-il venu à naître? Si ce n’est pas plus possible dans un instant que dans un autre, et si les instants sont infinis, il est évident que quelque chose de créé et d’impérissable a existé durant un temps infini. Ainsi cette chose peut aussi ne pas être pendant l'infinité du temps, puisqu’elle aura tout à la fois la puissance «de ne pas être et la puissance d’être : la première en tant qu'elle est périssable, la seconde en tant qu’elle est créée. Par conséquent, si nous admettions l’exactitude de ces impossibilités, il s'ensuivrait que les contraires pourraient coexister à la fois. Ceci, du reste, se reproduisant également dans tous les instants, la chose aura la puissance de

tain st ns, comme une chose qu’on suppose à la foi* créée et impérissable, ou périssable et incréée.

§ 14. De plus, nouvel argument pour prouver que le créé ne peut être impérissable, et que le périssable ne peut être incréé. Autrement, on est amené à admettre la coéxistence des contraires. — A tel instant plutôt qu'à tel autre , le texte dit dans tel point , au lieu d’instant) c'est un point de la durée. — Si ce n'est pus plus possible dans un instant, le texte n’est pas tout à fait aussi explicite. — Sont infinis , ou « en nombre infini. » — Il est élu-

dent, d’après l’hypothèse q a* Aristote combat, et qui admet qu’un être créé peut être impérissable, ou bien qu’un être périssable peut être incréé. — Peut aussi ne pas être, Simplicius voudrait ajouter : « ou être. » Cette variante peut être acceptée, bien qu’elle ne soit pas indispensable. — En tant quelle est périssable, en tant quelle est créée, il semble qu'ici l'opposition établie plus haut n’est plus conservée, puisqu'on supposait une chose périssable et incréée, ou uoe chose créée et impérissable. — Dans tous les instants, puisqu’il n’y a pas de motifs

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