LIVRE II, CH. II
ces dimensions doivent se retrouver naturellement, toutes sans exception, dans les corps complets. Le haut est le principe de la longueur; la droite est le principe de la largeur ; et le devant le principe de la profondeur. J'ajoute encore une autre considération, et c'est celle des mouvements ; car j’appelle principes des mouvements les points d’où les mouvements partent et commencent primitivement, pour les êtres qui en sont doués. Par exemple, c’est d'en haut que vient le mouvement d’accroissement ; c’est de la droite que vient le mouvement dans l’espace; et c’est de devant que vient le mouvement de nos sens ; car j’entends par le devant l’endroit où les sens sont placés.
§ 3. Ainsi donc, il ne faudrait pas vouloir trouver dans tout corps quelconque le haut et le bas, la droite et la gauche, le devant et le derrière. Ces directions sont distinctes seulement dans les corps animés, qui ont en eux
teil» dit simplement : « le devant et l’opposé. » — Dans les corps complets, la suite prouve qu'il faut entendre par là ies corps vivants et animés. — Le haut est le principe rie lu longueur, il aurait mieux valu dire : « De la profondeur. » — te devant est le principe de la profondeur, cela ne se comprend pas bien; et le devant serait plutôt lé principe de la longueur. Mais ceci n'a presqu’aucune importance. — Qui en sont doués, tous les êtres n'ont pas toute* les espèces de mouvements; les plantes, par exemple, n'ont que les mouvement* d'accroissement et d'altération. — C est tfen haut que vient te mouvement d'ac-
croissement, il vaudrait mieux dire :
a D’en bas, » au lieu « D’en haut. »
Mais Aristote ne prend qn’un seul terme dans chacune des doubles séries. — Le mouvement de nos sens, j’ai conservé l’indécision et l'obscurité du texte. Ce troisième genre de mouvement devrait être l’altération, comme dans la Physique, livre V, ch. 3, §§ 1 et suiv., page 287 de ma traduction, et passim. — Vendrait où tes sens sont placés, Simplicius n’a donné aucune explication de ce passage, qui cependant n'est pas assez clair.
§ 3. Dans tout corps quelconque, soit animé, soit inanimé. — Qui ont en eux le principe du nwuvement,
le principe du mouvement; car, dans aucun des corps inanimés, nous ne pourrions voir d'où leur vient le principe du mouvement. Il y a, en effet, des choses qui ne se meuvent pas du tout; d’autres qui se meuvent, mais non pas indifféremment en tous sens; c’est ainsi que le feu ne va qu’en haut, et que la terre se dirige uniquement vers le centre. § h. Si, cependant même dans ces choses inanimées, nous distinguons encore le haut et le bas, la droite et la gauche, c’est toujours en les rapportant à nous-mêmes. Ainsi, c’est tantôt relativementà notre droite personnelle, comme font les devins; tantôt c’est d'après la ressemblance à nos propres organes, comme on dit la droite et la gauche d’une statue; ou bien, enfin, on désigne ainsi les choses qui ont une position contraire à la nôtre, leur droite se rapportant à notre gauche, leur gauche étant au contraire notre droite, et leur derrière étant opposé à notre devant. Dans tout cela, nous ne voyons d’ailleurs aucune différence réelle; car, pour peu
c’est là le caractère propre qui fait qu'on le» appelle Animé». — D'où leur vient le principe du mouvement, comme ils sont inanimés, le priucipe leur vient toujours du dehors, ne serait-ce que le mouvement déterminé par l'action de 1a pesanteur. — Des chotes qui ne se meuvent pas du tout, Aristote ne désigne pas spécialement des êtres de ce genre, dans ce qui suit. — La terre se dirige uniquement vers le centre, c’est-à-dire qu'une motte de terre, par exemple, abandonnée à elle-même tombe et se dirige vers le centre du globe. C’est Simplicius, qui cite cet exemple.
§ 4. Dans ces choses inanimées, j’ai ajouté ce dernier mot pour être plus clair. — Comme font les devins, qui disent que l’augure est à droite, parce qu’il est à la droite de la personne qui parle, c’est-à-dire deux-mêmes. — La ressemblance à nos propres organes, le texte n’est pas tout à fait aussi précis. — Une ftosition contraire à la nôtre, Simplicius cite, pour exemple, les images qui »e produisent dans les miroirs quand on s’y regarde, et dont les colés, droite ou gauche, sont en effet renversés par rapport à nous.
— Pour peu que l’on se tourne en