LIVRE II, CH. II
pas, parce que la forme de l’univers est sphérique, refuser de croire qu'il ait une droite et une gauche, attendu que toutes ses parties doivent être absolument semblables et en mouvement durant l’éternité; mais il faut penser au contraire que les choses se passent en ceci comme elles se passeraient si, dans les êtres où il y a réellement une différence même de (ormes, entre la droite et la gauche, on venait ajouter une sphère qui les envelopperait. La droite et la gauche garderaient toujours une puissance différente ; mais il n’y paraîtrait pas à cause de la ressemblance de la forme. De même encore pour le principe du mouvement; car, quoique le mouvement n’ait jamais commencé, il n'en faut pas moins, cependant, qu’il ait un principe d’où il pourrait partir, si l’univers, mis en mouvement, commençait jamais à se mouvoir, et d'où le mouvement pourrait recommencer de nouveau, s’il venait, par hasard, à s’arrêter jamais. •
§ 8. J’entends par la longueur de l'univers, la distance
vant et tin derrière, comme le» animaux. — La forme de l’univers est sphérique , toutes ces idées sont à peu prés celles du Timée de Platon, pages 123 et suiv. de la traduction de M. V. Cousin. — On venait ajouter une sphère qui les envelopperait, j'ai ajouté ces trois derniers mots pour rendre toute la force du contexte. L’idée d'ailleurs est assez singulière, sans être obscure. — La droite et la gauche, le texte est tout à fait indéterminé. J’ai cru devoir le préciser. — De la ressemblance de la forme , le tout étant sphérique, toutes les parties extérieures se res-
semblent et se confondent, bien qu'à l'intérieur, les parties puissent différer beaucoup eutr'elles. — Quoique le mouvement naît jamais commencé, voir le VIII* livre de la Physique , sur l’éternité du mouvement, page 453 de ma traduction.
— Qu il y ait un principe , tout intérieur selon Aristote, et qui serait en quelque sorte comme Time dans les animaux, invisible, répaudue partout, et donnant au corps entier le mouvement qu'elle porte en elleméme.
§8. Par la longueur de l'univers, le texte n'est pas tout à fait aussi
qui sépare les pôles; et j'ajoute que des deux pôles l’un est en haut, et l’ autre, eu bas. En effet la différence que nous voyons dans ces seuls points des hémisphères, c’est que les pôles ne sont jamais en mouvement. On peut remarquer aussi que même le langage ordinaire indique pour les côtés du monde, non pas le haut ni le bas, mais les parties qui environnent les pôles, comme si les pôles étaient le sens véritable de sa longueur; et ce qu'on prend pour le côté est précisément ce qui environne le haut et le bas du monde. § 9. Des deux pôles, celui qui est visible audessus de nous est la partie inférieure, tandis que celui que nous ne voyons pas est la partie supérieure de l’univers. C est qu'en effet nous appelons la droite, pour chaque chose, le point d'où part le mouvement t’e translation dans l’espace. Le principe de la circonvolution du ciel étant le point où se lèvent les astres, c’est là aussi la droite; et la gauche est le point où les astres se couchent. Si donc les
précis. — Qui sépare les pôles, celle définition pourrait s'appliquer également & notre terre. — L'un est en haut , et l'autre en bas, ce» distinction» ne sont jamais que relatives à non». Mais Aristote semble ici le» croire absolue». — Les cotés du monde, le texte dit précisément :
« Les parties obliques. » Simpiicius y substitue le mot de Côtés , que j'ai cru devoir adopter dans raa traduction.
§ 9. Celui qui est visible .... est la partie inférieure , Simpiicius remarque, avec raison, que cette théorie est absolument contraire à l'opinion commune ; il en fait grand honneur à Aristote ; mais on ne voit pas que
l'explication qui est donnée plus bas à l'Appui de cette théorie, soit trèssatisfaisante. Le haut et le bas ne sont relatifs qu'à nous, et l'on ne peut faire réellement ces distinctions pour runivers, qui n'a pas non plus de droite ni de gauche. — Nous appelons la dreite , voir plus haut, § 6.
— De la circonvolution du ciel , telle que nous la voyons dans notre hémisphère.— C'est là aussi la droite, Simpiicius préteud que la droite doit être considérée comme le point de départ du mouvement, parce que les animaux, quand ils veulent courir, avancent toujours le pied droit.
La raison n'est pas très- sérieuse. Il est étonnant qu’au sixième siècle, les