‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 83 sur 212 · LIVRE II, GH. III, § I · texte numérisé non relu

LIVRE II, GH. III, § I

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tions, bien que cette recherche ne puisse jamais être faite par nous que de bien loin. Quand je dis de bien loin, je n’entends pas parler simplement de l'éloignement des lieux. Mais j'attribue bien plutôt la difficulté de cette étude à l’insuffisance de nos sens, qui ne peuvent nous révéler que très-imparfaitement les conditions de ces phénomènes. Parlons-en cependant comme nous le pourrons, et voici le moyen d’arriver à comprendre la cause d'où ils proviennent.

Toute chose qui produit un certain acte est faite en vue de cet acte ; or l'acte de Dieu, c'est l’immortalité ; en d’autres termes, c’est une existence éternelle; donc il faut nécessairement que le Divin ait un mouvement éternel. Mais le ciel a cette qualité, puisqu’il est un corps divin ; et voilà pourquoi il a la forme sphérique, qui, par sa nature, se meut éternellement en cercle. Or comment se fait-il que le corps entier du ciel ne soit point ainsi en mouvement? C’est qu'il faut nécessairement qu’une partie du

— Mais j'attribue la difficulté de cette étude , le texte est moins explicite que ma traduction. — Comme nous le pourrons, j’ai ajouté cea mots, pour rendre toute la force de l'expression grecque. — Est faite en vue de cet acte , voir la J/ora/e à Nicomaque , livre I, ch. 1, § 5, page H de ma traduction, et ch. 4, § 10, page 28. — L'acte de Dieu , c’est T immortalité, il faut entendre ici Immortalité , dans le sens à’ Éternité. — Le Divin, l'expression du texte est aussi générale et indéterminée. — La foi'tne sphérique, le texte dit le « Corps sphérique;u j’ai voulu éviter la répétition.

qui pouvait nuire à la clarté. La forme sphérique se confond, d'ailleurs, ici avec la forme circulaire ; car le mouvement circulaire est le seul qui, selon Aristote, puisse être éternel; voir la Physique, livre VIII, ch. 12. — Le corps, entier du ciel, ceci comprend le ciel d’abord, et ensuite la terre. La terre étant immobile, il y a une partie du ciel qui n’est pas en mouvement. Mais ici le Ciel serait mieux appelé l’univers.

— Il faut nécessairement, ceci a été démontré plus explicitement dam le Traité du mouvement des animaux , chapitres 3 et 4, pages 244 et suiv. de ma traduction. —

corps qui se meut circulairement, reste en place et en repos; et c'est la partie qui est au centre. Dans le ciel, il n’est pas possible qu’aucune partie demeure immobile, ni nulle part, ni au centre ; car alors son mouvement naturel serait vers le centre; et comme son mouvement naturel est circulaire, le mouvement, dès lors, ne serait plus éternel. .Mais rien de ce qui est contre nature ne peut durer éternellement. Or, ce qui est contre la nature est postérieur à ce qui est selon la nature; et dans l’ordre de génération, ce qui est contre la nature n’est qu’une déviation de ce qui est naturel.

§ 2. 11 faut donc nécessairement que la terre soit au centre, et qu’elle y demeure en repos; permettons-nous de poser ici cette hypothèse, en nous réservant d’en reparler plus tard. Mais si la terre existe, il faut nécessairement que le feu existe aussi ; car du moment que l’un des contraires existe naturellement, il faut que l’autre con-

Du corps gui se meut circulairement, c’est l'univers. — C'est la partie qui est au centre, c’est-àdire, la Terre. — Dans le ciel , qui alors ne comprend pas la terre, laquelle est immobile. — Car alors son mouvement naturel, cet argumeut ne parait ni très-fort, ni suffisamment développé. — Ijp mouvement dès lors ne serait plus étemel, parce que le mouvement en ligne droite est toujours déterminé et fini; voir la Physique, livre VIII, ch. 12.

§ 4, page 530 de ma traduction. — Ne peut pas durer éternellement, voir la physique, livre V, ch. 9, § 1, et livre VIII, ch. 4, § 2. C’est

un très-grand principe, qui s’accorde parfaitement avec la réfutation qu'a faite Aristote de la théorie du hasard ; voir encore la Physique , livre II, chapitres 4, 5 et 6, pages 29 et suiv.jet surtout ch. 6, § 12, page 46 de ma traduction.

§ 2. // faut donc nécessairement , cette conclusion ne parait pas ressortir très-directement de ce qui précède. — D'en reparler plus tard , voir plus loin, à la fin de ce livre, chap. 8, et spécialement ch. 13. — 5i la terre existe , la terre représentant l’immobilité et la pesanteur.

— Le feu existe aussi, le feu représentant la légèreté et le mouvement.

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