‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 84 sur 212 · LIVRE II, CH. III · texte numérisé non relu

LIVRE II, CH. III

traire existe aussi par les lois de la nature, si c’est un vrai contraire et qu'il y ait une nature pour le second comme pour le premier ; car les contraires ont une matière identique. En outre, l'affirmation est antérieure à la privation ; et, je veux dire, par exemple, que le chaud est antérieur au froid. Or, le repos et la pesanteur ne se comprennent que comme privation de la légèreté et du mouvement. § 3. Mais s’il y a de la terre et du feu, il faut nécessairement aussi que tous les corps intermédiaires entre ces deux là existent ainsi qu’eux ; car chacun des éléments doit avoir son contraire, qui lui est opposé. Admettons ici encore cette hypothèse, qu'on essayera également de démontrer plus tard. Mais ces éléments existant, il faut de toute nécessité qu’ils soient créés, parce qu’aucun d’eux ne peut être éternel, les contraires agissant et souffrant

— 5t c'est un vrai contraire , le texte n’est pas tout à fait aussi précis. — Pour te second comme pour le premier, même remarque. On peut voir dans tout ce passage un abus frappant de la logique introduite dans la physique. Pour se convaincre de l’existence de la terre et du feu, il n’y avait qu’à en appeler au témoignage des sens; voir le* Catégories, ch. 11, page 121 de ma traduction. La théorie développée dans les Catégories n’est pas tout à fait d’accord avec celle-ci. — L'affirmation .... à ta privation , ces deux termes ne sont pas très-expressément opposés entr’eux, comme le remarque Simplicius. Au lieu d’Affirmation il eût mieux valu dire :

Possession. — Le chaud est anté-

rieur au froid, le chaud est représenté par le feu, et le froid par la terre. — Le repos et la pesanteur, qualités attribuées à la terre. Il s’ensuivrait que le feu serait antérieur à la te re.

§ 3. Tous tes corps intermédiaires, l’air et lYau, avec tous les composés que forment ce deux éléments ; voir la Météorologie , livre

I ch. 2, § 1, page 5 de ma traduction. — Plus tard , Simplicius renvoie au IV* livre de ce traité ; voir en effet le IV* livre, ch. 5, § 2. —

II faut de toute nécessité , c’est une démonstration puremeut logique.

— Aucun deux ne peut être éternel, ceci est tout le contraire de l’éternité de la matière, théorie si souvent attribuée à Aristote. Mais il

TAITÉ DU CIEL.

mutuellement les uns par les autres, et se détruisant ré ciproquement. § 4. On ne peut non plus rationnellement admettre qu’un mobile soit éternel, quand le mouvement de ce même mobile ne peut pas être naturellement éternel comme lui ; et ces corps, que nous venons de nommer, sont doués de mouvement. On voit donc clairement d'après cela, la nécessité du mouvement de génération ; et du moment que la génération existe, il faut aussi qu’il y ait un autre genre de mouvement, soit un, soit plusieurs ; car il faut nécessairement que les éléments des corps aient, les uns par rapport aux autres, le même mouvement dont le tout est animé. Ou éclaircira, du reste, ce point, dans ce qui va suivre.

n’a pas directement abordé ce problème, qui ne se présentait pas aux Anciens sous la forme où il se présente à nous. — El se détruisant réciproquement, toutes ces théories ne sont qu’un abus de la logique. La nécessité de la création est bien mienx démontrée par le spectacle admirable du système du monde.

Les lois qui y président supposent une intelligence toute puissante, qui a tout fait en même temps quelle a tout ordonné.

§ 4. Sont doués de mouvement , la pensée reste obscure, parce que l’expression n’est pas assex développée. Ces corps ont un mouvement qui ne peut pas être éternel, puisqu’il est eu ligne droite, et qu'il a été démontré dans la Physique, (livre VIII, ch. 12, pages 529 et suiv.) que le mouvement circulaire est le seul qui puisse être éternel. —

Ln nécessité du mouvement de génération, le texte dit simplement : a la nécessité de la génération. » — Un autre genre de mouvement, les commentateurs croient en géuéral qu'il s'agit d'un autre mouvement circulaire) outre le mouvemeut circulaire de la première sphère. Je ne vois dans le texte rien qui autorise cette supposition, si ce n'est peutêtre ce qui suit : « le même mouvement dont le tout est animé. »

Alors il faudrait entendre cette phrase en ce se us que les changements des éléments, les uns dans les autres, forment une sorte de cercle, analogue à la translation circulaire de l'uuivers. Mais cette interprétation me parait bien forcée. J'aime mieux m’en tenir à l’obscurité que l'auteur lui-même constate, en annonçant qu’il s’expliquera plus clairement ailleurs. — Dans ce qui va

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