LIVRE II, CH. IV
§ à. Si même on veut classer les choses, non plus d’après la forme, mais d’après le nombre, l'opinion que nous venons d’exposer sera encore plus juste. Le cercle représentera l’ unité ; le triangle répondra au nombre deux, parce qu’il équivaut à deux angles droits ; mais si l’on prenait le triangle pour type de l'unité, le cercle ne pourrait plus être une figure. § 5. Or, comme la première forme doit appartenir au premier corps, et que ce premier corps est celui qui est à la circonférence extrême, il en résulte que le corps, qui se meut d’uu mouvement circulaire, doit être sphérique. Le corps, qui est continu à celuilà, est sphérique comme lui ; car, ce qui est continu au sphérique doit être sphérique lui même. La même remarque s'applique à tout ce qui se rapproche du centre de ces corps; car, tout ce qui est enveloppé par le corps
§ 4. Non plu f et après la forme , j'ai ajouté ces mots qui ne sont pas précisément dans le texte, mais qui éclaircissent et complètent la pensée.
— D'après le nombre, à la manière des Pythagoriciens, qui essayaient en effet d’établir d’étroits rapports entre les figures et les nombres. — Le cercle représentera l imité, en tant que cire inscrit par une seule ligue.
— Le triangle répondra au nombre deux, car c’est après le cercle la première figure, et par conséquent la seconde de toutes, bien qu'il soit nécessairement formé par trois lignes.
— Parce quil équivaut à deux angles droits, cet argument n’est pas très-bon ; et je préférerais attribuer le nombre deux au triangle, parce qu’il est la seconde figure après la sphère, qui est la première. —
Pour type de Vunité, le texte n’est pas tout à fait aussi explicite.
§5. Or comme la première figure ...
au premier corps, raisonnement purement logique. — Qui est à la circonférence extrême, c'est-à-dire le plus éloigné de la terre, le ciel.
— Le corps qui se meut t fun mouvement circulaire , c’est le ciel, animé d’un mouvement circulaire, le seul qu'il puisse avoir, et le seul quo l’observation nous fasse connaître.
— Le corps qui est continu à celuilà, ce serait la sphère des planètes, après la sphère des étoiles fixes. — Ce qui est continu au sphérique doit être sphérique , ce sont des sphères concentriques les unes aux autres. — A tout ce qui se rapproche, c’est-àdire l’éther, le feu, l’air, l’eau, etc.
— Le centre de ces corps , c’est la
TRAITÉ DU CTRL.
sphérique et est en contact avec lui, doit être nécessairement sphérique aussi. Mais, ce qui est au-dessous de la sphère des planètes, est continu à la sphère supérieure. Il faudrait donc conclure de ceci que toute révolution est sphérique, puisque tout est en contact avec les sphères et ne fait que les continuer.
S 6. En second lieu, comme il semble, ou du moinscomme on suppose que le tout se meut d’une révolution circulaire, et comme il a été démontré qu'il n’y a ni vide ni espace au-delà de la circonférence extrême, il faut bien nécessairement aussi, et par les mêmes raisons, que le ciel soit sphérique. En effet, s’il était terminé par des lignes droites, il y aurait en dehors de lui, de l’espace, un corps, et du vide; car, un corps circonscrit par des lignes droites
terre, placée au centre de l'univers et y restant immobile. — Au-dessous, « ou en bas. # — A la sphère supérieure, celle des planètes, en même temps que la sphère des fixes. Tune et l'autre supérieures à ce qu'on appelle la sphère terrestre. *— Que toute révolution c'est-à-dire tout le mouvement qui entraîne {'univers entier, depuis la terre jusqu'aux fixes. — Tout est en contact, il faut entendre par là les quatre éléments superposés les uns aux autres, comme il est expliqué daus la Météorologie, livre I, cb. 2, § 2, page 5 de ma traduction, et aufcd ch. 3, pages 7 et suiv. Simplicius a rapproché de toutes ces théories d'Aristote, celles de Platon dans le Tirnée; elles ont eu effet beaucoup de ressemblance entr'tlles, comme on peut le voir
dans le Timée, pages 123 et suiv.
de 1a traduction de M. V. Cousin.
§ 6. En second lieu, le texte n'est pas aussi précis ; mais c’est en m’appuyant sur l’autorité de Simplicius, que je regarde cet argument comme le second en faveur de la sphéricité du ciel. — On suppose, c’est une hypothèse préalable qu'on essaiera de démontrer plus tard. — Comme il a été démontré, voir dans la Physique, livre IV, ch. 8 et suiv., toute la théorie du vide, dont Aristote s'efforce de démontrer l'impossibilité.
— Un corps, c est l'expression même du texte, que je n'ai pas cru devoir corriger. — Et du vide . Aristote a toujours fait une distinction entre l’espace et le vide. — Un corps circonscrit par des lignes droites, quelle que soit d’ailleurs sa figure.