‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 89 sur 212 · LIVRE II, CH. IV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CH. IV

qui serait animé d’un mouvement circulaire, n’occuperait jamais la même place ; alors, là où il y avait antérieurement un corps, il n’y en aurait plus; et là où il n’y en a pas actuellement, il y en aurait plus tard, à cause du changement perpétuel des angles. Même résultat, si l'on prend toute autre figure quelconque qui n’aurait pas des lignes égales menées du centre ; par exemple, une figure elliptique ou une ligure ovoïde; car il arrivera, pour toutes ces figures, qu’il y aura, en dehors de la révolution, un certain espace et un certain vide, parce que le tout n'occupera pas toujours la même place.

§ 7. D’un autre côté, si la translation du ciel est la mesure des autres mouvements, parce qu'elle seule est continue, toujours uniforme et éternelle; et si, en chaque genre, c'est la plus petite quantité possible qui sert de mesure, le mouvement le plus rapide étant aussi le plus petit mouvement, il est évident que le mouvement du ciel

— A cause du changement perpétuel des angles , d'après Simplicius, Alexandre d’Aphrodisée combattait cet argument d'Aristote ; et il soutenait que, quelle que fût la forme du corps, il remplirait tout l'espace du moment qu’il aurait une rotation sur lui-même. Simplicius se range à l avis d'Alexandre. 11 cite eu outre Ptolémée, qui explique la sphéricité du ciel, par ce seul argument, trèspuiasaut, qu’il n’y a pas d'autre moyen que cette hypothèse, pour se rendre comp’e de tous les mouvements célestes, attelés par l'astronomie. — Des ligues égal es , menées du centre , la sphère est le seul solide où tous les rayons soient égaux.

comme ils le sont dans le cercle. — Elliptique j ou plutôt « lenticulaire. »

— Ovoïde , ce qui n’est pas une ellipse régulière.

§7. D'un autre côté , selon Simplicius, c’est le troisième argument pour démontrer la sphéricité du ciel.

— Est la mesure de tous les autres mouvements , c'est en effet par les révolutions du soleil, qu’on mesure d'abord le temps ; et c'est à cette mesure qu'on rapporte toutes les autres mesures du temps, en la subdivisant ou en la multipliant à l’infini.

Voir la Physique , livre IV, ch. 20, § 9, page 270 de ma traduction. — Le mouvement du ciel , l'expression est bien vague et bien générale,

doit être le plus rapide de tous les mouvements possibles. § 8. Mais de toutes les lignes qui vont du même au même, la plus courte c’est celle du cercle ; et le mouvement le plus rapide est celui qui a lieu suivant la ligne la plus courte. Par conséquent, le ciel se meut circulairement; et s'il se meut le plus rapidement possible, il faut nécessairement aussi qu’il soit sphérique.

§ 9. On pourrait encore fortifier cette conviction en considérant les corps qui s’arrêtent et se fixent autour du centre. En effet, si l’eau est placée autour de la terre, l’air autour de l'eau, le feu autour de l’air, les corps supérieurs doivent être placés aussi dans le même rapport; car on ne peut pas dire que ces éléments sont continus aux autres, et ils ne font que les toucher seulement. Or, la surface de

parce qu’il y a dans le ciel une multitude de mouvements divers ; mais, au fond, il est vrai que les mouvements célestes sont les plus rapides de tous.

§ 8. Qui vont du même au même, c’est-à-dire toutes les lignes fermées, revenant sur elles-mêmes, comme la circonférence, l’ellipse, etc. — Est celle du cercle , parce qu'elle est régulière, et partout à égale distance du centre. — Se meut circulairement, les astres semblaient aui anciens décrire un cercle autour de la terre immobile. — - Qu’il soit sphérique , la conclusion n’est pas très-rigoureuse.

§ 9. On pourrait encore , quatrième argument pour prouver la sphéricité du ciel: l'eau est sphérique; donc les autres éléments le sont comme elle, et le ciel entier l’est également.

— Qui s’arrêtent et se fixent, il n’y a qu'un seul mot dans le texte. — Autour du centre , c’est-à-dire des éléments qui se fixent concentriquement autour du centre de la terre, qui est aussi le centre du monde :

d’abord, la terre elle-même, autour de son propre centre; puis, l'eau autour de la terre ; puis, l’air autour de l'eau; le feu, autour de l’air; l'éther, autour du feu; le ciel enfin, autour de l’éther. — Les corps supérieurs, qui forment le ciel proprement dit. — Dans le même rapport, c’est-à-dire, toujours concentriquement les uns par rapport aux autres.

— Sonf continus, voir la définition du Continu, Physique, livre V, ch.

5» §§ 6 et 11, page 30J de ma traduction. — Que les toucher seulement, ils sont contigus et non pas continus. — La surface de f eau est

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