LIVRE II, CH. VI
que déjà plusieurs mouvements se sont réunis et combinés en un seul. Si l’on supposait, en effet, que le ciel a un mouvement irrégulier, il est clair qu'il y aurait alors accroissement, maximum et décroissance de ce mouvement ; car tout mouvement irrégulier présente accroissement, décroissance et maximum. Le maximum peut se trouver ou au point d’où part le mouvement, ou au point vers lequel il se dirige, ou bien au point intermédiaire. On peut dire, par exemple, que, pour les corps animés d'un mouvement naturel, le maximum est au point vers lequel ils sont portés; que pour les corps qui sont mus contre nature, le maximum est au point d'où ils partent ; et qu’enfm pour les corps qu’on lance, c’est à-dire pour les projectiles, c’est le point intermédiaire. Mais dans le
loppe toutes les autres. — Réunis et combinés en un seul , et alors le mouvement n’est plus simple, comme pour la sphère supérieure. On peut entendre aussi, avec quelques commentateurs, que plusieurs mouvements se sont réunis et combinés pour mouvoir un seul corps. Les planètes, par exemple, semblent parfois animées d’un mouvement contraire à celui du monde ; mais ce n’est qu'en apparence, et le mouvement total n’en est pas moins parfaitement régulier. — Au point doù port le mouvement , par exemple, pour les projectiles, dont la force initiale est toujours la plus grande.
— Ou au point vers lequel il se dirige , comme dans la chute des graves, dont le mouvement s’accélère en approchant du terme. — Au point intermédiaire f ceci ne se comprend
pas bien ; d’ailleurs, un peu plue bas, on cite le cas spécial où un corps en monveroent a plus de rapidité au milieu de sa course, qu'au début ou à la On. — Animés d un mouvement naturel , par exemple, un corps grave qui tombe. — Au point vers lequel ils sont portés, la chute des graves s’accélère à mesure qu'ils approchent du terme de leur course; voir la Physique , livre VII, ch. 14, § 4, page 555 de ma traduction. — Qui sont mus contre nature, il semble que ceci ne peut guèie s'appliquer qu'aux projectiles; mais ce n’est pas du moins dans la pensée de l’auteur, puisque les projectiles sont spécialement nommés un peu plus bas. — C'est le point intermédiaire , ceci ne parait pas exact, et le projectile a toujours plus de force au moment où on le lance
mouvement circulaire, il n’v a ni point de départ, ni point d’arrivée, ni point intermédiaire; car pour ce mouvement, il n’y a vraiment ni commencement, ni fin, ni milieu, puisque ce mouvement est éternel, quant à la durée, puisqu'il se tient dans toute sa longueur, et qu’il n’a pas d’interruption qui le brise. Il s’ensuit que, s'il n'y a pas de maximum pour le mouvement du ciel, il n’v a pas non plus d’irrégularité; car l’irrégularité ne vient que de l’accroissement et de la décroissance successive.
§ 2. 11 faut ajouter que, comme tout mobile est mis en mouvement par quelque moteur, il est nécessaire que l’irrégularité du mouvement provienne, ou du moteur, ou du mobile, ou des deux à la fois. Si, en effet, le moteur ne meut plus avec la même force, ou si le mobile vient à changer et ne reste pas le môme, ou si les deux changent à la fois, rien n'empôche alors que le mobile ne reçoive le mouvement d'une façon irrégulière. Mais rien de tout cela ne peut se produire pour le ciel ; car le mobile y est, comme on l’a démontré, primitif, simple.
qu'il n'en a au milieu de ta course.
On peut croire d'après Simplicius qu’Aleiandre d’Aphrodisée n'approuvait pas doq plus cet exemple. Il embarrasse également saint Thomas, qui n’adinct pas, comme Simplicius, qu* Aristote ait entendu ici par projectiles, les corps des animaux animé» d’un mouvement propre. — Dans le mouvement circulaire, voir les mêmes théories dans la Physique, livre 111, ch. H, § 1, page 553 de ma traduction. D’ailleurs l'astronomie moderne a constaté que les mouvements célestes n’avaieut pas
tous cette constante uniformité qu'on leur suppose ici ; il y a des temps d’accélération et de ralentissement.
§ 2. Il faut ajouter, second argument en faveur de la régularité du mouvement du ciel. — Par quelque moteur , voir la Physique , livre VII, ch. i, § 1 , page 41! de ma traduction. — Avec la même force, j’ai préféré ce dernier mot à celui de Puissance, qui, dans le Péripatétisme, a une signification spéciale. — Et ne reste pas te même, soit en poids, soit en volume. — Comme on l'a démontré, voir plus haut, livre 1, ch.