LIVRE II, CH. VI
d’impuissance pour eux. Par suite, il n’y a pas non plus décroissance, ni accroissement; car s’il y avait accroissement, il y aurait décroissance à un moment donné.
§ h. La raison se refuse également à croire que le moteur puisse rester impuissant pendant un temps infini, et qu’ensuite il devienne puissant durant un autre temps infini, parte qu’en effet rien de ce qui est contre nature ne peut subsister durant l’infinité du temps. Or, l’impuissance est contre nature. Il n’est pas possible davantage que ce qui est contre nature, et ce qui est selon la nature, durent l’un et l’autre pendant un temps égal ; non plus qu’en général ce qui peut, et ce qui ne peut pas, ne durent point le même temps. Si le mouvement décroît, il y a nécessité alors qu’il décroisse durant un temps infini. Mais il n’est pas plus possible qu'il s'accroisse toujours, ou qu’il se relâche ensuite également ; car alors le mouvement serait à la fois infini et indéterminé. Or, nous avons
ils sont éternels, immuables et indéfectibles.
§ 4. Que le moteur puisse rester impuissant, après avoir démontré que le mobile est immuable, Aristote démontre que le moteur l’est à bien plus forte raison. — Rester impuissant pendant un temps infini, voir la Physique , livre Vlll, ch. I, § 23, page 463 de ma traduction. — Il n'est pas possible davantage, toutes ces démonstrations sont purement logiques; mais elles ne sont pas sans valeur, parce qu’en effet res principes s'imposent à la raison comme des axiémes. — Ne durent point le même temps , le texte n'est pas tout à fait aussi
explicite ; mais le sens ne peut faire le mniudre doute. J’ai dit d’une manière générale ; « ce qui peut et ce qui ne peut pas, » afin de rester aussi vague que le texte, qui, d’ailleurs, n’est pas obscur. — Si le mouvement décroît , ceci ne s’applique qu’au mouvement du ciel. — Qu'il décroisse durant un temps infini, puisque le mouvement du ciel dure infiniment, il faut que la décroissance soit également infinie. — A la fois, j’ai ajouté ces mots — Infini et indéterminé, le mouvement du ciel est infini par sa durée, et par la succession régulière et constante des révolutions diverses qui s’y accomplissent ; mais il n’en
dit que tout mouvement était déterminé, et qu’il allait d’un certain point à un autre point.
§ 5. 11 n’est pas plus possible d'admettre cette hypothèse, si l’on pense qu’il y a nécessairement un minimum de temps le plus petit possible, au-dessous duquel le ciel ne pourrait plus accomplir sa révolution ; car, de même qu’on ne peut, par exemple, ni marcher, ni jouer de la lyre dans un temps quelconque, mais qu’il y a pour accomplir chacune de ces actions un minimum de temps nécessaire, qu’il n’est pas possible de dépasser, de même il n’est pas possible davantage que le ciel se meuve dans un temps quelconque. Si donc ceci est exact et vrai, il s’ensuit qu’il ne peut pas y avoir un accroissement perpétuel de translation du ciel. S’il n’y a pas d’accroissement, il n’y a pas non plus de décroissance; car ces
est pas moins parfaitement déterminé, et c'est là ce qui constitue sa régularité éternelle. — Nous avons dit, voir la Physique, livre VI, ch. 6, § I, page 357 de ma traduction. — D'un certain point à un autre point , ceci est applicable au mouvement circulaire, aussi bien qu’à tout autre mouvement.
§ 5. It n'est pas plus possible (T admettre cette hypothèse , d’on changement quelconque dans l’intensité des mouvements célestes. Le texte, d’ailleurs, n’est pas aussi explicite. — Nécessairement, j’ai ajouté ce mot pour compléter la pensée. — Au-dessous duquel, et par conséquent, si la décroissance du mouvement céleste était infinie, il n'y aurait plus de miuimum; car, alors, le mouvement serait toujours de
plus en plus petit, ainsi que le temps qui le mesurerait. — Par exemple , j’ai ajouté ces mots. — Dans un temps quelconque , qui serait ou indéfiniment de plus en plus petit, ou indéfiniment de plus grand en plus grand. — Se meuve dans un tempe quelconque, lequel ici deviendrait de plus en plus petit.
— Est exact et vrai, il n'y a qu'un seul mot dans le texte. — Un accroissement perpétuel, car, alors, le minimum n’existerait plus, et la durée de la révolution céleste diminuerait sans cesse. — Il n'y a pas non plus de décroissance, l'accroissement et le décroissement ont été supposé» également possibles dans le mouvement du ciel. S’il y a accroissement perpétuel de vélocité, il n’y a plus de minimum ; s'il y a