‹ Traité du dessin géométrique, ou exposition complète de l'art du dessin linéaire, de la construction des ombres et du lavis... texteChapitre 113 sur 136 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

§ 403. — Dans la nature, l'ombre portée c d g h (fig. 1 3a ) est toujours plus sombre que l'ombre uArr/ qui lui correspond, parce que la partie g A f e de la surface cdef qui est éclairée par les rayons lumineux parallèles avec/, peut à la vérité éclairer par rellet la surfuco abcd qui est située dans l’ombre, mais elle n’éclairera pas l'ombre portée c d gh qui se trouve avec elle sur un même plan (§ 284). C'est pour cette raison que le s ombres ftortées devront toujours recevoir une teinte plus foncée que les ombres corresjumilantcs. à moins qu’exceptionnellemeut on ne voulut tenir compte de la couleur locale et par suite donner aux deux ombres une teinte égale ou même faire abc plus foncé que cdy h.

L’expérience suivante pourra servir à justilier la vérité de notre dire. On forme à l'aide d'une feuille de papier blanc un système de plans avant l’un par rapport à l'autre la position représentée dans la fig. 135 , et on distribue sur eux les ombres, suivant la direction des rayons lumineux admis pour celle figure. Si ensuite on recouvre la surface cdef nsec un papier colorié, en rouge ou en vert par exemple, l’on verra que la surface abcd, qui se trouve dans l'ombre, aura la même teinte . ce dont on pourra se convaincre d'une manière encore plus particulière en enlevant vivement ce papier coloré; car on apercevra de nouveau sur abcd la teinte primitive.

Disons encore que les surfaces qui se trouvent dans l’ombre doivent être maintenues d'autant plus claires, qu'elles sont mieux placées pour recevoir la lumière rélléchie, ou le reflet des surfaces éclairées.

§ 404. — Plus un corps se trouvera situé près de la surface sur laquelle il projette son ombre, plus son contoursera mieux déterminé, et plus elle sera foncée, et vice versa,- pluB ce corps se trouvera éloigné , moins la ligne qui marquera l’ombre portée sera déterminé, et moins sa coloration sera foncée. Ainsi , par exemple , dans la fig. 106 , le contour de l’ombre portée de la croix apparaîtra d’autant plus tranchée et celleci d’autant plus intense, que la distance G’ A’ sera plus |tetite, et vice versa. La cause de ce phénomène que l'on peut aisément observer dans la nature provient en partie de la réflexion ou de la réfraction des rayons lumineux, et en partie

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de la coloration des couches d’air qui . dans les cas de grandes distances, peinent produire des effets très marqués sur la distribution des ombres et sur leur coloration.

On maintiendra donc dans un dessin les ombres portées qui sont projetées par des corps placés à proximité, bien plus foncées que celles qui le sont par des corps plus éloignés, enlin on leur appliquera un nombre de teintes d'autant plus grand qu elles se trouveront plus rapprochés du corps qui projette l’ombre. Les ombres portées qui sont projetées sur une surface plane parallèle avec le tableau , par un corps qui se trouve appliqué directement contre cette surface, ne devront pas être teintées uniformément, d'après les motifs indiqués plus haut ; mais elles devront être fondues à partir du corps •qui projette l'ombre jusqu’à la limite de celle-ci . ainsi qu on le voit, par exemple, dans les lig. lit), 138, 139, 152, etc.

Mais, comme il pourrait naître une certaine incertitude |>our l’observateur et que ce dernier, en procédant de la sorte, pouriait supposer que l’ombre se projette, sur un plan incliné, lorsqu'en réalité elle se projette sur une surface parallèle avec le tableau, il s’ensuit qu'on passe sur ces ombres des teintes tout unies. Cette dernière manière de procéder n'est nullement défectueuse, aussi nous en sommes-nous servi pour plusieurs ligures. Mais comme l'incertitude en question ne peut avoir lieu que lorsque l'ombre portée recouvre une surface entière, car s’il en était autrement, la partie qui se trouve dans la lumière indiquerait quelle est la véritable position de cette surface . il sera alors aussi plus conforme à la nature et plus favorable pour l'aspect du dessin , de fondre légèrement les ombres portées vers leur extrémité, et par conséquent de les maintenir plus foncées près des corps qui projettent l’ombre que vers leurs limites.

§ 405. — lorsque la lumière part d’un corps lumineux (condition qui est admise pour tout dessin géométrique), jamais alors une om/rre qui tomberait dans une autre ombre, sera reranmissable , jtarce qu'une ombre ne jieut cire aperçue dans une ombre. Si dans la lig. 118, la ligne e f e st la limite de l'ombre sur le cylindre C, alors l'ombre portée du prisme K, ne pourra arriver que jusqu’à c f, cl devra se confondre

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