‹ Traité du dessin géométrique, ou exposition complète de l'art du dessin linéaire, de la construction des ombres et du lavis... texteChapitre 114 sur 136 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

dans cette ligue avec l'ombre. De même dans la fig. 1 52, l’ombre portée du cylindre ne pourra pas dépasser la limite » v ? de la sphère , mais devra se confondre en uv avec elle. La même chose a lieu dans les fig. 137 et 138, ou l’ombre portée du plateau ne peut être visible sur le cylindre que jusqu’auprès des lignes verticales qui forment les limites de l’ombre et ainsi de suite Ces lieux , où l’ombre portée vient se confondre dans l’ombre, sont obtenus par la construction même, puisque celle-ci ne permet pas de prolonger la ligne limite de l’ombre portée au-delà du lieu où elle se confond avec l’ombre, ainsi que cela est bien visible dans les lig. 137 et 138. S’il apparaît donc dans un dessin des ombres portées qui arrivent jusqu'à l’ombre . on commencera alors par donner aux deux ombres une seule teinte, ainsi que nous l’avons dit au § tôt , puis on enlèvera tout doucement avec le pinceau à eau le rebord dur de l’ombre propre.

D’après ces motifs encore, l’ombre portée qui est projetée sur le mur par la poutre K . placée à gauche (/g. t 49) , ne devra pas se distinguer de l’ombre portée de la corniche, ni de l’ombre portée qui est projetée sur le mur postérieur de la niche, mais apparaitre là comme étant une continuation de l’ombre de la niche elle-même. Il serait faux de croire, d'après ce qui a été dit il y a un iustant, que le lieu de l'ombre portée qui est projeté par la poutre et par la corniche où par la poutre et par la niche , c'est-à-dire par deux corps à la fois, et dont les ombres apparaissent comme étant superposés l'une sur l'autre, doivent aussi apparaitre plus foncés en ces lieux; on pourra journellement voir le contraire dans la nature.

Si donc deux ou plusieurs ombres viennent à tomber, l'une sur l’autre, elles ne produiront pas, dans les endroits où a lieu cette fusion, un renforcement de l'ombre principale, mais celle-ci recevra une seule teinte, parce que, ainsi qu’on l'a fait remarquer plus haut, une ombre ne peut être appréciable dans une autre ombre. C'est aussi pour cette raison que l’ombre portée que le prisme projette sur la surface courbe m nop (lig. 108) devra être une surface unie, et comme étant produite par une seule surface saus avoir égard aux dif-

f ('rentes faces du prisme qui projettent chacune leur omhre. La même observation peut aussi être appliquée à la fig. 1 06, 1 38, 1 39 , et à beaucoup d'autres encore.

§ 406. — Après avoir bien suivi les instructions données dans les § 403 à 403, on lèvera avec une encre de Chine d'une teinte pâle les surfaces qui se trouvent en partie ou en totalité dans la lumière, en se conformant du reste à tout ce qui a été dit à ce sujet dans les § 276. 277 et 280. Afin d’éviter le plus possible les cernures d'encre qui défigurent toujours un dessin, et pour donner en même temps aux surfaces que l’on lave la plus grande pureté, on n'appliquera pas du premier coup la teinte toute noire sur les surfaces, qui. d’après les indications des $ 270 et 277 , doivent être maintenus plus sombres ; mais on appliquera tout d’abord sur elles la même teinte que I on a préparée pour les surfaces plus éclairées, puis après on reviendra à plusieurs reprises pour les forcer, et cela autant de fois qu'il en sera besoin.

De même , on appliquera en même temps les ombres portées et les ombres propres , lorsque les surfaces sur lesquelles elles se trouvent , doivent être plus foncées. Non-seulement la clarté et la transparence des ombres gagnent à cela, mais on évite encore par là de produire des rebords d’encre, ce qui serait impossihle si l’on ne voulait teinter que jusque contre la limite d’ombre les lieux qui se trouvent dans la lumière.

On a déjà fait remarquer dans le § 309 qu’il fallait teinter toutes les surfaces et qu’aucune ne devrait rester complètement blanche, quelque rapprochée quelle soit d’ailleurs, et quand même les rayons lumineux viendraient la frapper à angles droits. Il faut néanmoins procéder avec prudence dans le lavis de ces surfaces éclairées , toujours tenir compte de leur position par rapport aux rayons lumineux qui les frappent (§ 270), et de leurs éloignements respectifs (§ 277) ; avec cela veiller à ce que l’ensemble du dessin n’y perde pas , que les surfaces les plus éloignées, comme aussi celles qui reçoivent la lumière sous des angles très aigus, ne deviennent pas trop noires et même que les surfaces qui, par les raisons expliquées plus haut, dotven être maintenues plus sombres, apparaissent cependant tuiqours comme se trouvant dans la lumière.

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