TROISIÈME PARTIE
de l'ombre portée ; on la maintient le plus sombre là où la lumière est la plus brillante sur la surface cylindrique. A partir de cet endroit, son intensité décroît insensiblement vers l'ommbre propre , jusqu’à ce qu'elle l'ait atteint et vienne se confondre avec sa teinte. Un agirait de même pour l'ombre portée projetée sur un cône , sur une sphère ou sur d'autres corps à surfaces courbes, comme on peut du reste s’en convaincre par l'examen des figures suivantes.
§410. — Quoique cette diminution d’intensité de l'ombre proportionnée aux distances,, procure dans un dessin l'avantage de pouvoir juger immédiatement lesquelles des parties qui étant situées dans l'ombre sont les plus rapprochées, et celles qui sont les plus éloignées, de la même manière qu’on a pu le faire pour les parties qui sont placées dans la lumière , seulement en sens inverse ; il ne faut pas cependant prendre la chose trop à la lettre et produire des contrastes trop choquants, parce que pour des dessins appliqués aux arts , on a rarement à faire à des objets très éloignés les uns des autres. Dans un dessin de perspective , au contraire . la lumière peut , à cause des distances, devenir à latin, tellement sombres et l'ombre tellement claire , qu'elles peuvent à peine se distinguer l’une de l’autre. Dans de pareils cas, les objets qui se trouvent sur le fond du tableau se distinguent moins que ceux qui sont situés sur le premier plan où la lumière et l’ombre se séparent d'une manière tranchée , et c'est de là qu’il vient aussi que dans un dessin de perspective on doit maintenir dans le premier plan les parties ombrées plus sombres que celles du fond , où non seulement les dégradations de la lumière et de l'ombre, mais même les contours des objets et leur couleur deviennent très difficiles à reconnaître, et où cutinles objets se rapprochent plus ou moins de la coloration de l'air.
§ 411. — Il faut surtout veiller à ne pas faire dans un dessin les ombres par trop sombres . ou devra procéder avec goill et avec prudence , mettre tout son soin à les rendre avec exactitude. On ne peut assez recommander, dans ce but. l’étude de la nature , car c'est de la vérité avec laquelle on exécute les ombres, sous le rapport de leur forme, de leurs tons et de leurs couleurs diverses , que dépend aussi en grande partie la milTK DU DPSMN UKOM» lll'QCk 37
MO DESSIN GÉOMéTWQUK.
vérité et l'effet d’un dessin. Un contour doux et ferme, une grande transparence , un ton pur et agréable, des oppositions vigoureuses dans les parties les plus sombres, des transitions douces et bien nettes cependant , des reflets pas trop crus, donnent aux ombres d'un dessin un aspect agréable et qui est à la fois conforme à la nature. D‘un autre côté , les différentes teintes appliquées sur les parties lumineuses d’un dessin , doivent également s'accorder avec ce qui se voit dans la nature et s’harmoniser entre elles, elles doivent aussi être suffisamment déterminées, sans se détacher avec, dôreté, et l'on doit à l’aide du lavis former des transitions délicates et douces. Les portions éloignées doivent être tenues plus sombres que celles ipii sont rapprochées, de même aussi les surfaces sur lesquelles le rayon de lumière tombe suivant un angle qui se rapproche le plus de l’angle droit, doivent recevoir une lumière plus brillante. On suit une loi inverse pour la détermination des teintes dans les parties ombrées. En un mot, dans le lavis d’un dessin géométrique , on met à profit, tant dans les parties situées dans la lumière que dans celles situées dans l’ombre, les régies de la perspective aérienne autant que la nature, les proportions et le but de ces dessins le permettent. Plus on apporte de soins et de précautions à cela, plus d’autre part on tient compte des observations indiquées plus haut , plus alors le dessin sera beau et vrai, plus on se rapprochera de ce que l’on voit dans la nature. Celle ci et l’étude d’un dessin parfaitement lavé sont pour les commençants le meilleur maître (en admettant toutefois que les principes du lavis leur soient connus), pour leur apprendre à comprendre et à apprécier les dessins qui sont mis sous leurs veux.
§ 41 2. — Un dessin gagne d’ordinaire en beauté et en élégance, si dans le lavis on sait appliquer à propos et avec goût ce que l’on nomme des touche».
Les touches d’ombres sont les parties les plus noires des ombres et qui tranchent d’ordinaire sur le ton ombré qui les environne, parties qui, sans être dures, contribuent beaucoup non seulement à la clarté et à la beauté des teintes, mais encore représentent plus nettement les différentes formes des objets figurés. Une étude suivie de la nature et l’examen de