TROISIÈME PARTIE
dessins bien faits apprendont à trouver les points où elles doivent être appliquées sur un dessin.
§ 413. — Si après qu'un dessin aura été lavé à l'encre de Chine, on veutencore en expliquer des couleurs, ou suivra alors les règles données dans les § 38 à § 43,. Nous ferons observer ce sujet : Que. malgré que nous ayons dit dans les § 309 et 406 , que toutes les surfaces d’un dessin doivent être teintées à l'encre de Chine, on pourra néanmoins faire une exception pour un dessin qui. après qu'il aura été lavé à l'encre de Chine, doit recevoir une application de couleurs. On pourra en effet négliger de passer une teinte sur les surfaces qui reçoivent la lumière la plus intense, et qui, dans un dessina l’encre de Chine, recevraient une teinte plus pâle.
Si entin l'on voulait exécuter un dessin à l'aide de couleurs sans se servir préalablement d’encre de Chine, et si on voulait obtenir immédiatement les effets de lumière et des ombres , à l'aide de ces couleurs seulement , alors le procédé qu'on devra suivre se rapprochera de la peinture et exigera une grande pratique, une habitude suffisante dans le maniement des couleurs et un goût éclairé. Si l'on était privé de ces connaissances préliminaires, le dessin qu'on fera laissera beaucoup à désirer sous le rapport de la clarté et de l'harmonie des tons.
414. — Le tracé des lignes au crayon puis à l'encre , et le lacis, sont les deux opérations essentielles qui s'offrent dans l'exécution d'un dessin géométrique, et pour lesquelles nous avons déjà fait connaître les principes et fait les observations nécessaires. Seulement nous devons encore ajouter ici, que l’on doit toujours apporter le même soin pour le tracé d’un dessin , quand même il serait destiné à être lavé ensuite. Ou se tromperait fort si l'on pensait qu’un semblable dessin, puisse être tracé avec moins de correction que s'il devait rester au trait. Il est vrai qu’un dessin d’un trait négligé pourra gagner à être lavé, surtout si cette opération est faite avec soin et habileté; il pourra même, vu à une certaine distance, produire un bon effet. Mais en le voyant de plus près, celle illusion s’évanouira tout aussitôt et ce dessin apparailra ce qu'il est , c’est-à-dire mal tracé, mais bien lavé; parce que les lignes
2fl2 DESSIN GÉnMÉTWQim.
mal tracées, que ce soient îles lignes droites, courbes, brisées ou mixtes, ne pourront être corrigées par le lavis des surfaces qu'elles contournent ou dans lesquelles elles se trouvent, et elles appamitronl toujours telles qu'elles étaient avant le lavis.
§115. — Si l'on examine les deux cylindres (fig. 142 II), on trouvera que la portion de l’ombre qui se trouve sur le plus grand cylindre, situé horizontalement . immédiatement audessus du plus petit, posé verticalement, apparaît moins sombre que la portion de l'ombre placée à côté d'elle. Mais comme l’ombre du cylindre horizontal a été lavée également sur toute sa longueur (ce dont on se peut convaincre facilement lorsqu’on recouvre le petit cylindre jusqu'à la limite du grand); il s'en suivra que cet endroit moins sombre n'est produit que par une illusion rf optique . et que pour obtenir une ombre égale sur tous les pointsdu cylindre horizontal, on devra faire en cet endroit, le lavis, un jieu plus d’ombre que dans les autres. Celle illusion d’optique existe aussi dans la nature, et c’est pourquoi il faut laisser les endroits tels que nous les avons indiqués dans la fig. 142.
Il résulte en même temps de cet examen, que dans le lavis il est absolument nécessaire de tenir compte de semblables illusions lorsqu’il s’agit de la détermination des différents tons, et modifier d'après cela l’ensemble des lumières et des ombres d’un dessin. C’est par ces mêmes motifs qu'il arrive aussi souvent que les surfaces, qui d’abord paraissaient assez foncées, même trop foncées, deviennent ensuite trop claires lorsque les parties qui les environnent ont aussi reçu leur ton, parce qu’en lavant les surfaces environnantes, le ton qui d’abord se tranchait du papier blanc et qui paraissait alors trop sombre, ou du moins suffisamment sombre, se trouve ensuite adouci et plus clair qu’auparavant.
D’après ceci, on ne pourra se prononcer avec certitude sur les différents tons à donner aux parties d’un dessin qu 'après que le dessin entier aura reçu ses teintes et sera lavé; et c’est aussi pourquoi il n’est pas bon de terminer de suite complètement une portion du dessin, jour en commencer une autre et In terminer de même complètement. Il sera en effet toujours difficile de donner dans ce cas à un dessin une harmonie agréa-