‹ Traité du dessin géométrique, ou exposition complète de l'art du dessin linéaire, de la construction des ombres et du lavis... texteChapitre 13 sur 136 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

godet contenant un peu d’eau l'encre de Chine (!) , et enfin , après en avoir suffisamment imbibé le pinceau , on commence par un côté de la figure, ordinairement celui de gauche ou celui d’en haut; on longe avec lui aussi près que possible le contour de la figure allant de gauche à droite ou de haut en bas, et en observant que le trait qu'il produit soit aussi large que son épaisseur le permette, sans toutefois trop appuyer. Cette direction du trait une fois prise , il faut la continuer sur toute l'étendue de la figure, et éviter de recommencer tantôt d’un côté tantôt de l’autre : ainsi, si l’on a commencé avec le pinceau à former le trait de gauche à droite, il ne faut pas changer la direction, mais continuer dans le sens du trait primitif. Pour qu’il ne se forme pas de taches , on n'attendra pas que le pinceau ne contienne plus d'encre; mais, au contraire, aussitôt que l’on remarquera qu'il commence à en manquer, on l'imbibera de nouveau , avec la précaution de ne pas trop le charger, surtout lorsqu'on est près d'atteindre la fin de la figure. Il est surtout très essentiel de ne pas trop mouiller le papier, attendu que par là les limites de la figure pourraient être envahies par l'eau et former en ces points des rebords très marqués qui nuiraient à la netteté de la figure , et qu’il en résulterait , en outre, sur le papier des saillies ou des creux dans lesquels l’eau en s'amassant laisserait des taches. Ou aura soin de suivre exactement avec le pinceau les lignes qui forment le contour de la ligure, sans les dépasser ni laisser aucun vide, ce qui serait cependant moins désagréable que le premier cas, puisqu’on pourrait facilement y remédier en repassant avec le pinceau sur ces vides. Ou doit avoir soin, avant de commencer cette application , de délayer autant d’encre de Chine qu’on le juge nécessaire pour Rmte l'opération , attendu que l’on serait inévitablement exposé à faire des taches , si au milieu de l’opération on était

(I , Pour ccUc petite opération on se servira avec avantage de l’eau distillée, et à son défaut, d’eau de pluie , attendu que rca eaux sont plus douces que l'eau de fontaine cl qu’en outre , la première ne tient pas en dissolution certaines matières végétales ou minérales.

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obligé de préparer «ne nouvelle quantité de cette encre . el il serait alors aussi fort difficile d'obtenir la même teinte que celle qu’on avait d'abord. On ne devra jamais se servir d'une encre ancienne , desséchée et délayée de nouveau; mais, au contraire , pour chaque application on en préparera une nouvelle. En outre , chaque fois avant de commencer à laver, on essaiera ladite encre sur un morceau de papier de même espèce que celui sur lequel on doit opérer définitivement el l'on prendra enfin l’habitude , chaque fois que l'on aura retrenqié le pinceau, de faire un |ielit trait d'épreuve sur une feuille de papier; on aura aussi soin de ne rien introduire de gras dans la bouche. On évitera de repasser avec le pinceau sur les parliesoii la leintea été laite avec pureté , parce que l'on y ferait certainement des taches, et on ne laissera pas sécher les portions de la teinte appliquée sur lesquelles il sera nécessaire de repasser pour achever l'application. Durant l’opération , on aura l’œil fixé sur la pointe du pinceau; par cette précaution, on évitera certainement de dépasser les lignes ou de rester en deçà; car c’est surtout avec la pointe que l’on achève les contours, les angles el les courbures.

§ 28. — Si la teinte d'une surface doit être assez foncée, on évitera de l'appliquer du premier coup; maison commencera parla faire très légère, et ou la renouvelteraà diverses reprises. Plus ou réitérera le nombre de ces applications d’une mémo teinte, plus la surface apparaîtra lielle et unie, attendu que, par ces répétitions , on est a même de recouvrir les taches et les veines qui se trouveraient sur le papier.

Lorsqu'on applique sur une surface une teinte une seule fois, sur une autre deux fois, sur une troisième trois fois, etc., la seconde surface sera nécessairement plus foncée (pic la première. et la troisième plus foncée que la deuxième ; cependant ’ il n 'est pas indispensable que le nombre de couches soit proportionné au degré de force de la teinte que l’on veut obtenir. On peut s’en abstenirét faire sur une surface le nombre d'applications que l’on voudra pour atteindre ce degré , pourvu qu'on prépare l’encre plus ou moins foncée. Il sera nécessaire d'attendre chaque fois que celle que l’on vient d'appliquer soit sèche pour pouvoir juger de son clïet ; car rien n’occasionne

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