‹ Traité du dessin géométrique, ou exposition complète de l'art du dessin linéaire, de la construction des ombres et du lavis... texteChapitre 14 sur 136 · PH KM 1ÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PH KM 1ÈRE PARTIE

plus facilement des taches <pic lorsqu'on repasse avec le pinceau mouillé sur une partie encore humide par suite d'une application précédente.

§ 20. — Si une surface doit, au contraire, avoir une teinte toute noire, on y appliquera de prime-aliord une encre très foncée, parce qu'alors on a rarement à redouter ces taches; seulement on doit apporter ici encore plus de précaution dans le maniement du pinceau . attendu qu’il est plus difficile de ménager le contour des lignes , et que la moindre déviation dev ient très-visible. Nous ne saurions assez recommander, lorsqu'il s'agit de faire une semblable application sur une surface, de commencer par tracer les lignes de contour avec une encre très-noire, et de les faire uu peu plus larges que d'ordinaire, afin de se faciliter par là un travail ultérieur.

Si , |ioiir donner à une surface une teinte toute noire . on appliquait sur celle-ci . couche par couche , une encre d'une nuance assez foncée jusqu’à ce qu’on ait atteint la teinte voulue , on perdrait non-seulement du temps , mais encore la coloration ne serait ui aussi belle , ni aussi unie que si on l'avait appliquée tout d'abord en une seule teinte. •

§ 30. — Si l’on ne devait pas donner à toute une surface de prime-abord une teinte uniforme , mais si elle devait être dans certaines parties plus foncée que dans d’autres , et.de telle manière que les teintes sombres succédassent insensiblement aux teintes claires, alors on opère à l'aide du (avis.

Une surface est bien lavée lorsque les teintes se fondent insensiblement les unes dans tes autres ; lorsqu'on ne peut remarquer le point ou l'une des teintes cesse et où l’autre commence, et enfin lorsquu cette surface ne présente aucune tache ’ ni claire ui foncée.

§ 3 1 . — On. se .sert pour le lavis de deux pinceaux fixés aux extrémités d’une petite lige en bois ou ivoire (dite Immpe); l’un est destiné à'ètre imbibé dans l’encre de ('.bine, et l'autre dans l’eau. Avec le premier, on applique sur les parties de la surface qui doivent paraître les plus sombres . et cela dans une étendue qui soit en rapport avec la largeur de cette surface, une couche d’cucre de chine ni trop foncée ni trop claire. Ou enlève ensuite avec précaution, à l’aide du second imbibé d’eau.

et ensuivant toujours le même sens, le contour de la teinte appliquée en premier lieu, en ayant soin de retremper de temps à autre le pinceau dans l'eau et le passer entre les lèvres, surtout lorsqu’on remarque qu’il se sèche ou qu’il s’imbibe d’une portion de la teinte appliquée , et l'on continue ainsi jusqu'à ce que l’encre disparaisse insensiblement , et jusqu’à ce que la teinte diffère à peine, si on le désire, de celle du papier. IvCS principales règles à observer pour le lavis sont , que l'on n'applique point trop d’encre à la fois, qu’on maintienne le pinceau luimecté d'eau dans des rapports convenables avec l’encre ; qu'on ne mouille pas trop , parce que l’encre précédemment appliquée s'étendrait irrégulièrement et trop vite dans les parties mouillées, et produirait infailliblement des taches; enfin, qu’on se garde bien de revenir avec le pinceau sur des parties oii l'on a déjà passé et qui ont paru bonnes.

§ 32. — Comme l’on pourra rarement se contenter d'une seule application de teintes, on recommencera cette opération une ou plusieurs fois ; on appliquera en premier l’encre sur la partie qui doit devenir la plus foncée ; puis à l'aide du pinceau imbibé d’eau , on enlèvera petit à petit les rebords |>our jiasser insensiblement d’une teinte foncée à une autre plus claire. On devra faire attention que la surface lavée ne devienne pas trop foncée , et il ne faudra pas attendre, pour appliquer une nouvelle couche, que la précédente soildevenue tropsèehc.

§ 33. — Le lavis de surfaces, et en particulier celui de surfaces qui ont un certain 4évelqÿpcmeut , «'exécutera avantageusement si on diminue insensiblement , à l’aide de l’eau, la teinte de l'encre pendant son application même. Dans ce but, on applique. Comme à Ordinaire , sur la parlio de celle surface qui doit recevoir la teinte la plus foncée , une certaine quantité d’cnerc préparée, et cela dans une étendue en ra|iport qyec la largeur 'de la surfece ; puis l’on agit comme nous l'avons dit plus haut.

Par l’action du mouillage réitéré du pinceau , l'encre deviendra de moins en moins épaisse, la teinte de plus en plus claire , et enfin v on obtiendra une transition bien ménagée du clair au foncé. On emploiera dans ce cas avec avantage l'eau distillée , et à son défaut l'eau de puits.

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