‹ Traité du dessin géométrique, ou exposition complète de l'art du dessin linéaire, de la construction des ombres et du lavis... texteChapitre 23 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

il sera question dans la troisième partie de cet ouvrage, au chapitre de la distribution de la lumière et des ombres.

Remarquons seulement ici , en passant, qu'il ne faut passe représenter , par ces mots liijnct visuelles , quelque chose de réel qui parle de l'œil pour aller joindre l'objet; niais, au contraire, des rayons lumineux partant de l’objet vu , et dont l’œil reçoit l’ impression , attendu que tout cor|is aperçu , quand même il ne renvoie qu'une lumière réfléchie, devient cependant pour l'œil un corps éclairant ( 1 ).

Nous 11e parlerons pas de ce qui est relatif aux lignes brisées ou réfléchies, car elles n’ont aucune application dans le dessin géométrique ; ces dernières peuvent cependant avoir quelque rapport avec lui , mais dans le cas seulement oii il s’agit de distribuer sur un dessin des ombres et de la lumière. Il en sera parlé avec plus de détail lorsque nous ferons connaître les règles à suivie |H>ur la distribution de la lumière et des ombres sur un dessin.

(1) Quant à ce qui concerne la vue prupremeiitditc, nous fri ons remarquer que de tout point perceptible d’un corps que l'on voit, il part un faisceau th* rayons lumineux qui vient frapper l’œil: la base de ce faisceau est déterminée dans cet organe [>ar la largeur de la pupille qui sc rétrécit par la trop grande intensité de la lumière qui y arrive, et au contraire, s’élargit lorsqu'elle est très petite, la» rayons de ce faisceau lumineux éprouvent les premières modilieatiom en traversant l'humeur aqueuse de la ciuunbrr antérieure et postérieure de l'œil, chambre que l’iris, au centre de laquelle existe la pupille, sépare en deux; la troisième, et la plus farte modification, a lieu daus le cristallin, qui se trouve placé immédiatement derrière cette humeur; enfin la quatrième et dernière s’opère dam leur passage à travers l’humeur vitrée placée eu arrière du cristallin; ces rayons se réunissent, en déüuitivc sur uti point très petit de la surlace interne de la rétine qui tapisse lr fonds du globe oculaire, de la même manière que les rayons solaires que l’on réunit sur un point à l’aide d’une lentille. Or, c'est ce point si petit qui est l’image du point plus grand (pii projette vers l’œil ses rayons lumineux. Il en est de même peur tous les autres points visibles d’un corps, qui vient ainsi se représenter en entier sur la rétine, à la vérité dans une position renversée toute différente qu’est réellement celle de l’objet. Pour expliquer le mécanisme par lequel cette image est de nouveau rétablie dans sa position réelle, on n’a fait que des hypothèses cl probablement on ignorera longtemps encore cet acte secret de la nature.

4 i DESSIN (JÉOMITBIyiE.

§ 53. — Si l'on figure sur une surface unie un cor[*s tel que l’teil de l’observateur, placé en un point de vue déterminé, le voit réellement daus la nature, l’on aura alors le dessin en perspective de ce corps.

Si on admet, au contraire, pour la figuration de ce corps que le point de vue de l’observateur est placé à une distance infinie de lui , on aura alors un dsssiu géométrique (§ 37) de ce corps.

§ 56. — Dans le premier cas , les rayons visuels sont divergents, parce que, réunis en un point déterminé, ils vont de là en se développant , en s’élargissant sous la forme d’une pyramide ou d’un cône, aboutir à un corps, de telle manière qu’ils forment un angle oblique avec la surface du dessin, que l’on doit sc représenter dans le dessin en perspective comme étant placé entre le point de vue et l’objet lui-mèmc.

Dans le second cas , au contraire , ces rayons visuels à laide desquels l’objet est aperçu, et qui arrivent d’une distance infinie , sont admis comme étant des lignes parallèles entre elles , qui \ iennent frapper à angle droit chaque {joint de la surface sur laquelle l’image doit être représentée ; surface qu’il faut admettre comme étant placée ordinairement derrière ou au-dessous de l’objet dont ou veut représenter l'image , selon que l'on donne aux rayons visuels une direction horizontale ou verticale.

C’est pourquoi aussi un dessin géométrique ne fait voir do l’objet représenté que ce qui se trouve daus la direction de ces rayons visuels. Dans le dessin de perspective, au contraire , les rayons visuels se développant sons forme de pyramide ou de cône , l’ieil peut non-seulement avoir connaissance de la vue antérieure de l’objet a figurer, mais ordinairement encore de ses vues latérales, et môme quelquefois simultanément une partie de ses vues supérieure, inférieure , antérieure et postérieure.

§ 37. — Soit, par exemple, A (fig. 0) le corps et h le point de vue où sc trouve l’observateur : l’on voit que par le prolongement des rayons visuels ha, h b, hc, hd, he (fig. g), etc., l’on apercevra non-seulement la face antérieure ab, ce et f<j, mais encore la face inférieure bc du chapiteau , et la face su-

DEC MÊME l'AHTIE.

périeurc ef du pied saillant du socle. La vue m n du corpa qui se trouve au-dessus du chapiteau est cachée par la saillie du rhapiteau. qui iulerrunipt ainsi la ligne visuelle partant de li, et cache à l’observateur placé en ce point la vue de ce corps, soit en entier , soit en partie.

Si le point où est placé l'observateur pour voir le corps A était situé à une distance indéfinie , de telle manière que les rayons visuels km, ka, kb, ki, kd , etc. , fussent parallèles entre eux , et vinssent frapper la face antérieure seule de ce corps , on ne pourra alors voir que la surface marquée par m n , a b , ce et fij , et par suite ne représenter dans la ligure que celle-ci. Car les faces inférieure et supérieure bc et r/' ne peuvent être aperçues, puisqu’elles se trouvent projetées dans la même direction que celle des rayons visuels , et ne sont pas atteintes par ces derniers. Ainsi donc, dans cette hypothèse, ou suppose l'œil de l'observateur indéfiniment éloigné du corps A , ou bien on admet par la pensée cet organe comme étant « lu fois placé devant chacun des points k,k, k.... (Jig. g) (et dans quelques cas au-dessus du corps), alin que chaque point du corps A puisse être frappé à angle droit par une ligne qui parte de l'œil placé dans ces differents points.

§ 58. — Du moment donc qu’un dessin géométrique représente un corps tel qu'il pourrait se voir à une distance indéfinie , et comme dans la nature cette hypothèse n'est pas possible, il faudra conclure que jamais par un dessin géométrique les objets ne peuvent être figurés tels qu'ils se présentent réellement à nos regards.

Malgré cela , ce genre de dessin est le plus fréquemment employé , et toujours dans le cas où il s'agit d'obtenir à l'aide d’un seul coup d’œil, ou par un simple mesurage au compas, les dimensions et les rapports exacts de chaque partie d'un objet. Ajoutons encore qu'il est bien plus facile de représenter un objet à l'aide d’un dessin géométrique qu’à l'aide d’un dessin en perspective. En effet , parce dernier, qui ligure ce qui se voit sur les différentes faces d'un corps conformément à la nature, on obtient à la vérité la reproduction parfaite de ce ror|is ; mais les rapjtorls et les dimensions exactes de chacune des [larties , des surfaces ou des lignes qui se trouvent sous

DESSIN GÉOMÉTRIyl E.

une forme ou une grandeur rapetisser ou différente de la réalité, 11 e peuvent être obtenus par ce genre de dessin.

Ainsi, pour un dessin en perspective, par exemple, on devra toujours figurer sur le plan du dessin les objets d’autant plus petits qu’ils s'éloignent davantage du point de vue du dessinateur, ce qui est conforme, d’ailleurs, à ce que l’on voit dans la réalité. Dans un dessin géométrique, au contraire, les corps les plus éloignés comme les plus proches sont figurés ( à cause du parallélisme des lignes v isuclles ) dans leur grandeur naturelle . soit à l’aide d’une échelle dont les mesures correspondent aux dimensions mêmes de ces corps, soit il l’aide d’une échelle proportionnelle. L’on peut par le simple nu-surage , à l’aide du compas , et sans autre difficulté , trouver les rapports et les dimensions de ces corps.

§ 59. — Comme il est indispensable que les dessins d'après lesquels les ouvriers doivent , par exemple , travailler, soient disposés de telle sorte qu’ils puissent saisir avec la plus grande facilité et de la manière la plus claire tous les rapports et dimensions des objets figurés , et comme , d’ailleurs , cela ne peut être fait qu’à l’aide du dessin géométrique, il en résulte que fou ne devra présenter aux ouvriers que des dessins géométriques des objets qu'ils sont appelés à reproduire.

Veut-on , au contraire , montrer comment se présentera dans la réalité et l'effet général que produira un objet que l’ouvrier est appelé à exécuter, par exemple la construction d’un bâtiment terminé, dans ce cas, il sera indispensable d’exécuter encore, outre le Iracé géométrique, un dessin en perspective de tout lo bâtiment, et tenir compte du point de vue duquel ou le voit en réalité.

Il est quelquefois bon aussi de se servir de ces deux genres de dessins h la fois, lorsqu'il s’agit par exemple de figurer des machines, des objets très-compliqués. Par le premier, on aura une connaissance exacte du rapport des [>artics avec le tout et leurs dimensions; par le second, on aura une vue de tout l’ensemble , et il sera surtout très essentiel de se la procurer, lorsqu'il s’agira d’un objet inconnu, et composé d'un assemblage de plusieurs parties. Dans ce cas, un dessin en perspective est, comme on le voit, d une grande importance;

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