‹ Traité du dessin géométrique, ou exposition complète de l'art du dessin linéaire, de la construction des ombres et du lavis... texteChapitre 24 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

il procure, par une seule inspection, une impression que par d'autres voies il eût été très-difficile d’obtenir.

§ GO. — Outre le dessin en ]ierspecti\e duquel il a été question dans le paragraphe bb, il existe encore uu genre de dessin , dit la perspective cavalière.

La perspective cavalière se différentie de la perspective ordinaire , en ce que la face latérale d’un objet figuré par un dessin géométrique est représentée comme si cette face était parallèle avec le plan du dessin , et en ce que les lignes à l’aide desquelles on détermine la forme et la position des autres faces dudit corps , ne convergent pas comme dans le dessin en perspective ordinaire, et que suffisamment prolongées, elles ne viennent pas se couper eu un point, mais qu'elles se développent dans une direction parallèle , conservent leur véritable longueur, et sont tracées en formant avec ces lignes horizontales ou verticales un angle de 4b degrés ; de telle manière qu'il en résulte une espèce de dessin en perspective, qui à la vérité ne représente pas l'objet tel que l'exige le § bb, mais qui offre cet avantage que l'on peut représenter les différentes faces d'un corps, et en outre obtenir ses dimensions vraies. (Voyez jitj. 12 et 13.)

La perspective cavalière est identiquement la même que celle indiquée au § bb , avec celte différence que le point de vue de l’observateur se trouve placé ici dans une direction verticale, ordinairement à un point d'élévation extraordinaire au-dessus de l’objet à figurer, et que de ce point de vue l’objet se trouve représenté , comme le verrait uu oiseau ou une personne placée dans un ballon .

§ Gt. — 11 ressort de tout ce qui vient d’être dit que, à l'aide du dessin géométrique dans lequel les côtés opposés d'un corps apparaissent dans leurs proportions véritables, la forme du corps peut être représentée telle qu'elle existe dans la réalité ; tandis que par uu dessin de perspective elle est représentée telle qu'elle apparaît à la vue; enlin, que pour les dessins technologiques, on est obligé d’avoir bien plus souvent recours au dessin géométrique qu’au dessin en perspective dont l'application dans un semblable cas est extrêmement rare.

48 DESSIN GEOMiTKlQI I .

Dans le chapitre suivant . on fera voir qu’à l’aide du dessin géométrique on |>eul arriver à figurer chaque corps vu en même temps de plusieurs côtés, et par suite en donner une connaissance plus intime que lorsqu'on n'en ligure qu’un côté.

§ 62. — Lorsqu’on veut figurer un objet sur un plan à l’aide du dessin géométrique, il faut se représenter cet objet comme étant situé en face du plan si celui-ci est vertical , ou audessus du plan s’il est horizontal ; que de tous les points qui forment son contour, il se dirige vers la surface du plan un nombre surlisant de lignes perpendiculaires qui la couperont en certains points. Si ensuite on relie ces points par des lignes apparentes , l’objet se trouvera ainsi liguré à la surface du plan , de telle manière que l’on pourra avoir dans le dessin qui en résultera la reproduction de toutes les parties qui le constituent, et qui toutes se trouvent dans la direction de ces rayons visuels. Mais l'objet à représenter peut être ou parallèle au plan, ou perpendiculaire, ou incliné vers lui d’une manière ou d’une autre.

Si après avoir dessiné un côté d’un objet , on doit en faire autant pour un autre de scs côtés, il faudra alors admettre que le plan et la direction des rayons visuels qui tombent perpendiculairement sur lui n’ont pas changé ; l’objet que l’on veut figurer change seul de position, puisqu'il présente nu plan un autre côté. On peut aussi se représenter l'objet à figurer comme immobile, et au contraire, le dessinateur et par suite le plan, ainsique les rayons visuels perpendiculaires à celui-ci, comme changeant leur position. Toutefois, cette ligure, quelque exact que soit le travail , présente dans le tracé , et surtout dans la distribution ultérieure des lumières et des ombres à l’aide du lavis sur les différentes vues dudit objet , beaucoup d'inconvénients ; de sorte qu’il vaut miei accorder la préférence au premier moyen de représentation indiqué. La vérité de cette assertion ne peut dès maintenant être démontrée , mais elle est fondée. Nous y reviendrons lorsqu'il sera question de la distribution de la lumière et des ombres (§ 74, 243, 483, etc, .

11 ressort de ce qui vient d’être dit . que les lignes de projection snnt identiques avec les rayons ou lignes visuelles, desquels il a été question dans le § 34.

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