I. — On peut dessiner les objets avec l’intention dr faire
(1) lorsque, dam un dessin linéaire, on a recouru à l'emploi dérouleurs pour laire reconnaître la matière dont est formée telle ou telle jtrtir de l'objet proposé, on ne fait pas encore un dessin lavé, car il faut ahtdument pour cela l'intervention de9 ombres et de b lumière.
INTRODUCTION
servir le dessin à les exécuter réellement. Pour atteindre ce but, le dessin doit <Mre tel que celui qui est chargé de l'exécution , artiste, artisan ou industriel , puisse en déduire la grandeur et l’état véritable du corps représenté, y trouver toutes les mesures nécessaires, et en conclure avec clarté, facilité et précision les formes de chacune de ses parties, sans éire embarrassé par le grand nombre de figures et de coupes.
Tout ornement inutile, toute autre partie qui ne sert qua faire parailre le dessin plus compliqué, doit être entièrement supprimé; en un mot, l'image de l'objet doit être telle que l’idée de celui qui exécute en ressorte claire, et distincte.
11 est inutile d'ajouter qu'il faut examiner avec soin quelle doit être la disposition générale du dessin , quel doit être le nombre des plans, élévations et coupes, pour qu’il soit bien intelligible , et qu'on puisse travailler avec exactitude.
Ici , dans la plupart des cas , un dessin linéaire est bien ce qui convient ; cependant il peut quelquefois ne pas être suflisant , surtout quand il faut représenter l’objet au moyen de plusieurs projections extérieures et de plusieurs coupes; il peut se faire même qu'il en résulte certains inconvénients, comme il sera démontré dans la suite.
H. — On peut avoir à dessiner un objet déjà exécuté , ou bien qui n'existe encore que dans l’imagination, avec l'intention <fe» reproduire aux yeux une image aussi claire que possiltle , quand les circonstances ne permettent pas de faire voir l’objet lui-même (c’est, par exemple, le cas des figures qui appartiennent au texte d'un ouvrage); car, généralement, on apprend mieux au moyen d'un seul coup d’œil jeté sur un dessin que par une description quelque développée qu’elle soit.
Ici , dans la plupart des cas , et pour des raisons que nous donnerons, un dessin linéaire est insuffisant, surtout quand il s'agit d’un objet inconnu; il est alors plus opportun et souvent indispensable de recourir au lavis pour distribuer convenablement l'ombre et la lumière sur le dessin, et quelquefois même
INTUODCCTION.
de se servir des couleurs pour faire reconnaître d’une manière plus prompte et plus claire les matériaux dont se composent les différentes parties du corps représenté.
III. — Souvent on dessine un objet pour parvenir à' le cijiinatlre soi-même d'une manière plus parfaite et plus intime. Par le simple aspect, on n’obtient le plus souvent que des dotions générales et une connaissance superficielle, tandis que par le dessin des corps, dessin qui consiste ici en plans, dévalions et coupes, on apprend non-seulement à connaître leur étal extérieur, mais encore toute leur disposition intérieure et la construction de chacune des parties, de manière à pouvoir s’en faire, dans tous les cas possibles, des notions complètes ou au moins bien claires. On est pour ainsi dire forcé par le dessin de pénétrer dans l’organisme de l’assemblage, ce qui ne peut jamais résulter de l’aspect extérieur.
Un dessin linéaire suffit parfaitemen t pour procurer ce résultat.
IV. — On doit pouvoir dessiner soi-même, ou au moins avoir à cet égard une connaissance théorique , quand on veut comprendre et bien raisonner un dessin.
Il sera difficile , à celui qui ne s’occupe pas lui-même de dessin , ou qui au moins ne l’a pas appris théoriquement , de comprendre d’une manière convenable un dessin géométrique, de former en imagination un tout au moyen des différents points de vue, de saisir, d’après l’image, l’idée de celui qui a exécuté, en un mot, d’apprendre à connaître l’objet dessiné aussi bien dans son ensemble que dans ses détails. Au contraire, c’est chose toute simple pour le dessinateur, et comme connaisseur , il pourra facilement saisir l’ensemble , le comprendre et le raisonner.
Mais pour pouvoir atteindre ce but, il ne suffit pas de savoir exécuter un dessin linéaire, il faut encore être initié aux lois de la distribution de la lumière qui règlent la position des rayons lumineux sous différents angles; il faut, par censé-
lîtTHum'CTHW.
quent , savoir laver exactement un dessin . ou au moins posséder suffisamment la théorie sous le rapport des projections et des ombres, pour pouvoir en raisonner comme connaisseur.
V. — Outre les avantages indiqués dans les quatre paragraphes ci-dessus, le dessin en procure encore d’autres à ceux qui l'étudient, et ils ne sont pas sans importance.
En effet, comme l'étude des mathématiques en général produit une influence remarquable sur le développement de l'intelligence, en même temps qu’elle accroît le cercle des connaissances, de même l’art du dessin, en dehors de ses applications particulières, agit encore d'une manière avantageuse sur la puissance d,' imagination de l'homme, qui reçoit de lui plus de force et de vivacité , parce que le travail qu’il exige la maintient dans une activité continuelle (comme par exemple quand on s'occupe du dessin des coupes).
11 le met en état de se représenter d’une manière plus claire et plus exacte les objets de la nature et des arts qui l'environnent, et de les décomposer dans son esprit en leurs différentes parties ; il contribue encore , entr’autres effets certains, à délopper le goût, parce qu'il réveille, vérifie et exerce le sentiment de la beauté des formes . de la symétrie et de la régularité des proportions; il règle son jugement, sur tout ce qui lui apparnit dans le monde de corps dont il est entouré.
Enfin, les constructions qu'il faut exécuter dans l’art du dessin géométrique sont éminemment propres à faciliter l'étude de la géométrie analytique.
Mais avant de représenter l’image d'un objet dans un but technologique déterminé , il est nécessaire de se faire à soimême une représentation claire et complète de cet objet, qu'il soit du reste le résultat des propres conceptions , ou qu’il soit donné par un dessin , par une description . ou par une exécution réelle. Pour y parvenir, dans l’une quelconque des circonstances énoncées ci-dessus . il faut recourir soit à l’examen d’autres dessins déjà terminés, soit à une description de l’ob-
INTRODUCTION
jet jointe au détail de ses mesures , soit à un croquis ou premier dessin fait sur place.'' ■ 1 ’ *
11 ne faut pas compter sur une description vcrlwle , car i) serait certainement trop pénible d'embrasser , de retenir et de reproduire toutes les mesures et toutes les proportions , quelf que peu compliquées qu'elles puissent être.
Au résumé , pour reproduire un dessin géométrique, il faut recourir aux moyens ci-après :
1" A la copie de dessins déjà exécutés, en conservant ou en changeant les mesures ou côtes ;
2" A des mesures données pour des formes déjà décrites , ou choisies arbitrairement , ou déterminées par le but qu’on se propose et le besoin , sans avoir un original sous les yeux.
3* Aux mesures obtenues en luisant un levé ou croquis.
Nous allons maintenant enseigner dans ce qui va suivre, comment il faut exécuter les dessins géométriques , conformément à ces diverses hypothèses.