‹ Traité du dessin géométrique, ou exposition complète de l'art du dessin linéaire, de la construction des ombres et du lavis... texteChapitre 70 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

'lies d'un même objet, par exemple, la vue antérieure, la vue latérale, ainsi que la projection horizontale, la coupe, etc., les traits de force devrout , dans toutes ces vues , avoir les mêmes directions, c'est-à-dire, que toujours ellesseron t placées à droite et au bas du corps, comme on le voit dans la lig. 14. Dans celte figure , en elfet , quoique la lumière vienne frapper tantôt une face, tantôt une autre, selon les différentes projections et rabattements , les traits de force n'en restent pas moins appliqués au même côté.

Les traits de force devront donc avoir, dans chaque vue, une même direction, et les lignes qui sont la limite des corps et qui produisent l'ombre seront figurées plus foncées, puisqu'elles sont des traits de force. Dans l’étude de la distribution de la lumière et des ombres, qui fera Je sujet de la partie suivante de cet ouvrage , on s’étendra davantage sur ce qui vient d’être dit, et il sera fait mention, en particulier, dans le §489 et suivant , des avantages que la pratique retire de ce mode de représentation (§71, fi g. 14).

§ 244. — Si un dessin , après qu'il aura été tracé , doit être lavé, il sera nécessaire alors de passer sur toutes ces lignes avec une encre pâle. Le dessin ne peut qu’y gagner en beauté, attendu que les lignes sombres le défigurent, puisque les corps dont on se propose de représenter les formes, ne sont pas dans la réalité entourées de lignes noires, mais que le contour de leurs faces, de leurs angles ne se distinguent que par la limite des ombres et de la lumière.

On facilitera beaucoup la clarté et l'intelligence d'un objet lorsque dans le dessin linéaire qui représente l'image de cet objet qui est formé de la réunion de plusieurs parties, on se servira d'une encre qui ne soit pas d'une teinte uniforme, égale, mais qui soit tantôt pâle et tantôt foncée, de telle sorte enfin que plus les parties s'éloignent, plus la teinte appliquée devient pile, c'est-à-dire que les parties les plus rapprochées reçoivent la teinte la plus foncée, et les plus éloignées la teinte la plus pâle ; en effet , on obtient par cette différence des lignes un moyen simple de distinguer les parties éloignées de celles qui sont rapprochées , quoique l'on ne puisse reconnaître par là la longueur des distances. Quant aux traits de force , la même ob-

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servalion leur est applicable. Cumule les autres ligues, ils conservent la même épaisseur, soit qu'on les applique aux parties du corps les plus rapprochées ou à celles qui sont les plus éloignées: quant à leur teinte claire ou foncée, on observera le même rapport qui existe pour les autres lignes, avec celle différence qu’il faut les maintenir ordinairement plus foncées que celles-ci.

§ 245. — Pour ce qui a rapport à la largeur relative des traits de force, on leur appliquera ce que nous avons dit dans le § 2 sur la largeur en général des lignes qu’on trace; il en résulte que leur largeur doit être en un certain rapport avec la grandeur de l'échelle du dessin ; mais cette échelle n’a aucune influence sur le plus ou moins de force de ces traits; en tous les cas, ils doivent être plus foncés que les lignes tines, et il n'y a d’exception que dans le cas indiqué dans le paragraphe précédent.

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