‹ Traité du dessin géométrique, ou exposition complète de l'art du dessin linéaire, de la construction des ombres et du lavis... texteChapitre 80 sur 136 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Ce que l’on vient de dire d’un polygone irrégulier, s’applique également à un polygone régulier,' par conséquent aussi à une ligne circulaire et à une surface cylindrique.

§271. — On enseigne dans l’optiqu: que l'intensité de la lumière sur les surfaces où sa force déeroit, en raison inverse du carré des distances, c'est-à-dire que la lumière sur lessurfaces décroît comme le carré de leur distance augmente; qu'ainsi une surface qui est à une distance cinq fois plus grande qu’une autre surface du corps lumineux, sera aussi 5’ = 25 fois moins éclairée rpie celle-là.

Toutefois cette loi n’evisle dans la nature et trouve son application à un dessin que dans les cas où l’on suppose que la lumière part d'un corps lumineux situé sur la terre, comme parexemple, d'un llambeau, d’une bougie. Mais pour un dessin où l’on suppose la lumière arrivant du soleil, les surfaces les plus éloignées devront, d'après cette loi, être aussi éclairées que celles qui sont les plus rapprochées, paire que la distance du soleil à la terre est trop grande (mur que les faibles distances des objets situés à la surface de la terre puissent avoir une influence sur l'intensité de la lumière.

§ 275. — Malgré cela, dans les cas où Ton admet le soleil comme corps éclairant, on donnera aux parités placées en avant une teinte plus claire qu'à celles situées en arrière, de telle sorte que sur celles-ci la lumière apparaisse moins intense que sur celles-là, quand même elles auraient l’une et l’autre une même direction par rapport aux rayons lumineux.

La cause de ceci, c’est que : premièrement, la lumière qui est renvoyée par des surfaces très éloignées et qui arrive à l'œil , se disperse dans toutes les directions et perd son intensité suivant le carré des distances; qu'en second lieu, il se trouve entre les parties les plus éloignées et l’oeil un grand nombre de couches d’air, les rayons visuels ayant à traverser une masse d’air bien plus grande sont affaiblis et ne peuvent plus distinguer aussi nettement les objets, surtout lorsqu’on songe qu’une grande masse d’air n’est pas sans coloration, et que les objets apparaissent par suite plus ternes, plus pâles, moins éclatants et surtout moins distincts. Si la distance est encore plus grande, les objets deviendront toujours moins distincts, et il arrivera

un instant où l’on aura de la peine à distinguer les unes des autres, les lumières et les ombres, car les parties éclairées apparaîtront alors plus sombres, et les parties qui sont dans l’ombre plus éclairées; ils finiront par se confondre, ils prendront la coloration de l'air et disparaîtront complètement à la limite.

§ 276. — La partie de l’art du dessin qui traite tout spécialement ce sujet, se nomme la perspective aérienne par opposition à la jtersjieclive linéaire. Elles se distinguent l’une de l’autre en ce que cette dernière traite simplement de la dégradation de la lumière et des ombres, du choix des couleurs les mieux appropriés et de la représentation des corps, suivant les distances où ils sont placés; c’est aussi pourquoi on se sert pour figurer, dans la perspective linéaire, les distances et les rapports dans lesquels sont les objets, de constructions géométriques, c’est-à-dire de lignes droites et courbes.

§ 277. — Quoique dans les dessins appliqués aux arts on ait rarement à représenter des parties situées les unes derrière les autres et à des distances très grandes, que conséquemment il n’est presque jamais question des modifications que subit la distribution de la lumière par les deux causes indiquées au § 275, néanmoins la règle indiquée dans le même paragraphe devra être appliquée en ce qu’elle procure un moyen très sûr et très commode de distinguer et de séparer d’une manière facile les surfaces placées en arrière, de celles qui sont plus en avant. C’est là aussi la raison pour laquelle celte règle a été adoptée pour la distribution de la lumière et des ombres sur les dessins appliqués aux arts; dans ces dessins, les parties les plus rapprochées recevront donc des teintes plus claires que celles qui sont plus éloignées; celles-ci devront toujours être maintenues plus foncées, eu égard à leur distance.

§ 278. — Si d’après cela l’image représentée en A [fig. 73) doit avoir en projection horizontale la forme de B, il faudra alors que la surface nors, fig. 84, soit maintenue moins sombre que les deux surfaces mnst et opqr lesquelles sont toutes deux plus éloignées que celle-ci. Si, au contraire, la projection horizontale a la forme dessinée en C, fig. 73 , il faudra alors que la surface nors , fig. 85, reçoive des

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