‹ Traité du dessin géométrique, ou exposition complète de l'art du dessin linéaire, de la construction des ombres et du lavis... texteChapitre 82 sur 136 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

fSl

lumière que celle-ci produit sur d’autres surfaces Par suite, â on peut se représenter la lumière qui est produite par un corps éclairant, comme étant une lumière directe, on devra considérer comme étant une lumière indirecte celle qui résulte ée la réflexion de la lumière par une surface éclairée.

§ 283. — T)r, d’après les lois de lacatoptrique, la lumière est réfléchie par les surfaces éclairées, sous le même angle suivant lequel elle arrive , c’est-à-dire que si on se- représeul*' de nouveau la lumièrp comme composée d’une multitude «le rayons lumineux, Y angle de réflexion de ce» rayon x Imnmcua est égal à l'angle d'incidence , de telle sorte que la ligne droite qui représente le rayon lumineux qui arrive directement, se trouve toujours avec celle qui représente le rayon liituiiicm réfléchi dans un mémo plan.

Soit ah (Jig. 88} la projection d'une surface opaque qui se trouve directement éclairée par les rayons lumineux parallèles de, d’ e' , d'e Ces rayons lumineux qui frappent la sur-

face suivant les angles rfco, d' c' a , d'c'a... seront réfléchis sous les mêmes angles feb , f e' b , f c lé , et iront frapper et éclairer une surface dont la ligne g li est la projection. Plus le plan opaque ah, qui est frappé par la lumière, sera uni, |»oli et aura une couleur claire, plus la réflexion sera régulière et parfaite, et plus la lumière réfléchie sera sensible sur gli. Ce qu’il y a de certain , c’est qu’une portion de la lumière est toujours absorbée par le plan al>, et que conséquemment le plan g h sera plus terne que ab, mais restera encore toujours suffisamment éclairé. Si aux points c , c‘ , c’.... on élève sur a b des perpendiculaires, il sera évident que dee devra être égal iiecf, d'c'c' =?e'c'f\vlc., on devra également tenir compte de ces angles dans le dessin.

§ 284. — Si le plan dont g h est la trace a. relativement à ab , une position telle (pie les rayons lumineux réfléchis frappent ce dernier perpendiculairement , alors la lumière réfléchie sur ce plan sera plus intense que si elle arrivait suivant un angle aigu ou obtus. Mais il sera toujours éclairé par cette lumière, quelle que soit d’ailleurs sa position , pourvu qu’il puisse encore être atteint par eux ; et ici on pourra de nouveau appliquer ce qui a été dit de l’influence de la lumière di-

recle , telle qu’elle se produit dans la nature et de la manière de la rendre dans un dessin.

Toutefois nous ferons encore remarquer ici, que c’est dans lu direction des rayons réfléchis (//</. 88), qu'une surface éclairée répandra le plus Je lumière; elle donnera néanmoins un reflet sur les points qui ne se trouvent pas dans ladite direction, et elle éclairera de cette manière plus ou moins tout l’espace environnant ; on pourra se convaincre journellement de cet effet de la lumière sur les corps , parce que les surfaces, telles qu’elles s'offrent dans la nature, sont très rarement bien unies, mais sont composées, dans le plus grand nombre des cas, d'une multitude de petites aspérités et de creux. Ces aspérités, quelque petites qu’elles soient d’ailleurs, rendent la réflexion irrégulière, attendu qu’elles éparpillent une portion de la lumière réfléchie , et absorbent une partie des rayons lumineux réfléchis.

Si, par exemple, h et k (Jiij. 88) figurent de semblables petites aspérités et creux (pour plus de clarté on a exagéré ici leurs dimensions), alors les rayons lumineux Ih parallèles avec ci/ seront réfléchis vers h ni , de même que les rayons lumineux ok seront réfléchis vers kq, parce que chaque fois l'angle lli i n doit être égal à n hm et okp à pkq.

§ 285. — La réflexion des rayons lumineux exige, même lorsqu'il s’agit de distribuer la lumière sur un dessin géométrique, que l’on tienne compte de la position de l’observateur ou la direction des rayons visuels. Car dans la nature , et par suite dans un dessin , la surface sur laquelle les rayons lumineux réfléchis arrivent a l’œil suivant la direction des lignes visuelles, apparaîtra bien plus éclairée qu’une autre pour laquelle cette condition ne sera pas remplie, quand même celle-ci recevrait la lumière sous un angle plus droit, ou était plus rapprochée de l’observateur, ainsi que nous l’avons déjà dit dans le §271.

§280. — Plus la surface d’un corps est unie et polie, plus la réflexion est parfaite , et c’est à cause de cela qu’on ne peut quelquefois pas distinguer les objets figurés sur un tableau , parce que la iumière est trop intense et éblouit l'observateur. Si ce dernier se trouve, par exemple, placé devant un tableau

Page 1