‹ Traité du dessin géométrique, ou exposition complète de l'art du dessin linéaire, de la construction des ombres et du lavis... texteChapitre 83 sur 136 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

ou devant toute autre surface polie . de telle sorte que les rayons lumineux qui les éclairent viennent en se réfléchissant se confondre dans ses rayons visuels; il lui sera alors impossible de rien distinguera cause de la trop grande intensité de la lumière; et il se trouvera dans la nécessité de changer de position s’il tient à prendre une connaissance exacte de l’image qui se trouve sur le tableau. Cette lumière, dite lumière brillante , se manifeste chaque fois que les rayons lumineux se réfléchissent suivant les rayons visuels.

§ 287. — Parmi les surfaces polies et de même composition, ce sera celle qui aura une couleur blanche qui réfléchira le plus de lumière, et ce sera celle qui aura une couleur noire qui en absorbera le plus et qui donnera mie réflexion faible ou nulle. Plus donc la couleur propre d’un corps se rapprochera du blanc, ou plus elle deviendra claire, plus aussi la lumière réfléchie sera intense, et w'cc versa. Ou pourra encore reconnaître, par la réflexion de la lumière, la couleur de la surface qui reflète ; une surface jaune . par exemple , produira un reflet jaune, une surface rouge un reflet rouge ; et la clarté plus ou moins grande de la couleur réfléchie dépendra de l'intensité de la la lumière sur la surface réfléchissante.

§ 288. — On comprendra que si on s’astreignait à suivre rigoureusement toutes ces règles, on.se perdrait dans un dédale de difficultés, et qu’un dessin géométrique qui exige surtout de la clarté, de la simplicité, perdrait ces avantages. En eflet, en remontant aux causes qui déterminent la réflexion, il est aisé de voir qu’une image, pour être conforme à ce qui se voit dans la nature et pour satisfaire aux exigences de lu théorie, est soumise, sous le rapport de sa position et de l’intensité de la lumière, à des conditions très différentes; ainsi, comme nous t’avons déjà dit, cela dépendra :

i» De la position de la surface réfléchissante. En effet, chaque fois qu'on changera cette position, la réflexion changera de direction, comme on peut le faire voir à l'aide d'un miroir. D’après cela, le lien de la lumière réfléchie ne pourra donc être déterminé d’une manière générale;

2* En ce que l’intensité de la lumière réfléchissante dépendra de la composition des surfaces réfléchissantes, de leur poli , mit* Illi DBSMK GKOXKTB'VVI

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de leur couleur et du degré de leur opacité, puisque des surfaces mates et peu transparentes réfléchissent moins do lumière que des surfaces claires, polies et nullement transparentes ;

.) > De l'angle d’incidence qui aura aussi une grande influence sur l’intensité et le genre de réflexion ;

4" Si l'on remarque dans la nature que les surfaces, même éclairées par une lumière réfléchie, produisent une réflexion, surtout lorsque cette lumière est très intense ou que ces surfaces ont une couleur propre très brillante, il en résulte qu’il y a réflexion par réflexion.

Donc , dans la détermination des réflexions sur un dessin géométrique, il est nécessaire d'admettre certaines restrictions aux lois suivant lesquelles la lumière est réfléchie, si l’on ne veut être exposé à ne jiouvoir atteindre le but que l'on se propose. La suite va nous enseigner comment on arrivera à une réflexion exacte, comment on devra la choisir, et comment on la figurera dans un dessin.

On devra nécessairement tenir compte des circonstances différentes qui modifient les réflexions dans les dessins de perspective, et surtout dans les tableaux que l’on colorie, car il s’agit ici de donner à l’objet une ressemblance aussi exacte que possible avec ce qui s'observe dans la nature.

§ 289. — Il faut, en outre, remarquer que les reflets peuvent aussi beaucoup varier, parce qu'ils dépendent en partie de la composition des corps éclairants. Dans les dessins géométriques, au contraire, pour lesquels on admet la lumière du soleil comme arrivant d'une distance infinie, on n'a qu'à s'occuper de la réflexion de cette lumière sans tenir compte de la composition de cet astre.

§ 290. — Cette propriété (mentionnée au § 284), qu'ont les surfaces éclairées de réfléchir la lumière, non-seulement suivant une seule direction, mais d’éclairer, en outre, plus ou moins, tout l'espace ambiant, par le reflet, procure aussi le moyen de connaître positivement la position , la forme et la couleur des objets que la lumière directe n’éclaire pas, ou qui se trouvent placés dans l'ombre. Ainsi, par exemple, quand la lumière du soleil éclaire un appartement; le plancher qui la reçoit, éclairera non-seulement le mur situé en face de

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