‹ Traité du dessin géométrique, ou exposition complète de l'art du dessin linéaire, de la construction des ombres et du lavis... texteChapitre 84 sur 136 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

la fenêtre, mais encore le plafond et même le mur de la fenêtre. A la vérité, par cette rétlcxion, ce sera le premier qui sera éclairé avec le plus de force, le plafond le sera moins, et enfin le mur de lu fenêtre le sera le moins de tous. C’est encore par ce motif qu'on ne remarquera pas sur les objets situés dans l'ombre une teinte uniformément sombre, mais on y distinguera des nuances qui seront, suivant les cas, pfus ou moins marquées, et c'est pour atteindre ce but qu’il faudra maintenir dans les parties ombrées d'un dessin, suivant la position et la forme de chaque surface, et suivant la manière qu’elles reçoivent la lumière réfléchie , la lumière réfléchie tantôt plus mate, tantôt plus vive; d’autrefois, on donnera à la teinte plus de brillant, ou encore on lavera, ainsi que cela a été expliqué pour les parties qui se trouvent dans la lumière. D'après cela , ce qui , pour les parties éclairées , est la lumière directe , sera pour les parties ombrées , le reflet ; et de même que pour déterminer les différentes teintes des parties éclairées, on est obligé de tenir compte de la direction des rayous lumineux incidents, de la position et de la forme des surfaces éclairées par eux ; de même il faudra avoirégard, pour les parties ombrées, a la direction de la lumière réfléchie et déterminer d’après elle son influence. C’est donc par ces reflets que les parties qui se trouvent dans l'ombre sont éclairées, et c’est ù leur aide que l'on parvient à reconnaître exactement leur forme. Or, comme dans la nature ces reflets ne manquent jamais, car l’air, en recevant des rayons lumineux, devient à son tour corps éclairant et produit par suite ces reflets, on devra toujours les marquer sur un dessin. Ils facilitent étonnamment la connaissance d’un objet et aident à rendre un objet figuré sur un tableau , plus conforme à la réalité. On a déjà fait connaître la manière et le moyen de les employer dans un dessin, nous y reviendrons encore plus loin ; il n’y a plus ici qu’à ajouter que la lumière réfléchie apparaît d'autant plus \ ive que les parties éclairées sont situées plus près des surfaces réfléchissantes, et que parleur position elles peuvent mieux recevoir la lumière réfléchie, et vice versa.

§ 21)1 . — L’ombre portée est produite par la direction des ray ons lumineux incidents et par leur croisement. Mais ce serait

pousser la chose trop loin si l'on voulait appliquer à la lumière de réflexion cette inllucncc de la lumière directe par rapport aux ombres , c’est-à-dire si l’on voulait admettre que les objets qui se trouvent déjà dans l’ombre, mais qui sont éclairés par un reflet, puissent porter une ombre dans l’ombre, et même dans une direction opposée. Ceci ne s'exécute jamais dans un dessin géométrique; toutefois on maintiendra les points où l’ombre en question doit tomber plus sombres, non pas parce que l’objet porte une ombre, mais parce qu’elle empêche plus ou moins l'influence du reflet sur ces points. A la rigueur, l'cflct produit est le même , car l’ombre portée n’est pas autre chose qu’une absence partielle de la lumière directe ; mais ce qui établit la différence, c’est que l’on donne à l’ombre portée réelle une forme déterminée à l’aide d’une construction géométrique , et par suite un contour parfaitement tranché; tandis que, pour les autres ombres , cela n’est pas possible. Plus donc l’influence de la lumière réfléchie est affaiblie sur certaines parties d’un corps par des objets situés au-devant de lui ou par d’autres obstacles, plus les ombres paraissent sombres, et de là il résulte que dans les dessins on noircit complètement ou au moins on ombre très fortement les parties qui ne reçoivent pas une lumière propre , et «pii ne peuvent être éclairées que par une lumière réfléchie très peu sensible , comme c’est le cas, par exemple , pour des creux très prononcés.

§ 192. — Une lumière intense en affaiblit une plus faible, de sorte que l’on ne peut distinguer cette dernière; et voici la raison pour laquelle on ne peut ordinairement reconnaître, que dans la partie ombrée et non sur les surfaces éclairées , la lumière réfléchie qui est moins intense que la lumière propre , à moins que cette dernière lumière ne frappe la surface sous un angle plus droit que la lumière propre, ou bien encore que le corps qui la renvoie soit très poli ou ait une couleur très claire. Il faut encore remarquer que plus la lumière est intense sur un certain point du corps , plus l’ombre correspondante sur la surface opposée à celle (pii est vue par l’observateur parait sombre ; car , premièrement , elle ne se trouvera que peu éclairée par la lumière réfléchie, attendu que l’ombre se trouve placée à l'opposé des ravons lumineux; et

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