‹ Traité du dessin géométrique, ou exposition complète de l'art du dessin linéaire, de la construction des ombres et du lavis... texteChapitre 86 sur 136 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

claire vers Bc. Car, quoique la partie /içcB, ainsi que cela résulte de la projection horizontale, ne peut plus être atteinte par les rayons lumineux directs, et se trouve placée dans l’ombre; néanmoins, la lumière réfléchie agira sur cet espace et enverra son reflet sur les corps qui enveloppent le cylindre. Quand même on admettrait le cylindre comme étant entièrement isolé , ce reflet pourra toujours être produit par la réflexion de l'air qui produit toujours , quoi qu'à un degré peu marqué, un effet semblable.

Il faut naturellement tenir compte ici de ce qui a été dit dans le § 288 sur l’action du reflet , et se rappeler que le lieu où il jettera sur une surface cylindrique la lumière, dépendra entièrement de la position et des propriétés des surfaces réfléchissantes. Pour un dessin géométrique, on ne peut admettre de semblables suppositions que pour des cas dans lesquels le reflet, ainsi que la distribution totale de la lumière, sont figurés suivant des lois simples, naturelles et faciles à appliquer. Mais pour que l’élude de la distribution de la lumière puisse, dans ce genre de dessin, se faire d’après des lois simples et d'une application facile, non pas. tant au point de vue de la facilité de l’exécution, mais plutôt pour que le dessin devienne compréhensible et clair pour un observateur qui commit ces principes, il sera nécessaire d’admettre, autant que possible, 'es surfaces qui reflètent, duns une position qui réponde à ce but. Mais en peinture les effets des reflets seront tout autres.

§ 300. — Toute la partie AD qp ( fig . 02) de la surface cylindrique qui se trouve dans la lumière, ne recevra pas une teinte uniforme, mais elle sera lavée d’après les § 273 et 297 , de telle sorte, que ce sera le long de mn qu'elle apparaîtra la plus éclairée et qu'elle laissera voir l'arête d’éclat. La teinte la plus foncée de cette surface éclairée commencera prés d epq, c'està-dire à la limite de l’ombre et viendra s'étendre insensiblement vers mu. D’après le §292, il ne devra y avoir en aucune manière le long de A D de reflet, parce que celui-ci ne doit être vu que dans l’ombre, c’est pourquoi le lavis de la portion AD uni devra commencer immédiatement auprès de l'arête AD, et de là se confondre insensiblement avec la lumière brillante en mn.

TRAITS DU DESSIS DÉOMFÎRlyVE. 26

Cetle lumière brillante, qui est figurée le long de mn à la surface cylindrique , est surtout très visible lorsque celle-ci est bien unie, parce qu'alorselle figure une arête réellement très brillante comme, par exemple, cela a lieu sur des colonnes polies, des cylindres métalliques, etc. Si un cylindre de ce genre est vu en même temps par plusieurs personnes, chacune d’elles verra une arête brillante dans une autre place, et toujours, cependant, là où les rayons lumineux parallèles entre eux viennent, dans leur réflexion, tomber dans la direction de leurs rayons visuels. C’est d’après cette remarque ipie, dans un dessin perspective, on détermine le lieu de la lumière la plus intense; tandis que dans un dessin géométrique pour lequel la position de l’observateur ne change pas, il n’existe aussi qu’un seul lieu dans lequel apparaisse cette lumière de plus grande intensité, et celui-ci sera trouvé en suivant les indications du §298.

Mais on ne commettra pas une faute si, dans la représentation d’une surface cylindrique plus terne, on établit la lumière la plus intense suivant une ligne perpendiculaire élevée en /. ; ce sera d’autant moins une faute, que dans ce cas cette lumière apparaitra, non pas comme une ligne droite, mais plutôt comme une raie brillante qui sc confondra insensiblement dans une teinte plus foncée. Il sera toujours plus exact de placer la lumière la plus intense, non au-dessus de A:, mais plus x'ers le milieu de la surface cylindrique, car par là. sa convexité sera mieux imitée et elle simulera mieux un cylindre naturel , et c’est aussi là le motif pour lequel on a eu égard ici plus particulièrement au lieu de la lumière la plus intense.

§ 301. — Si le cylindre avait une position horizontale, il faudrait, comme il est facile à entrevoir, suivre en tout point la marche tracée dans le § 298 pour découvrir le lieu où on devra placer la lumière la plus intense et l’ombre la plus foncée, avec celle différence seulement que xya une position ver licale et que le demi-cercle DeC sc trouvera placé tout à fait comme si le rectangle ABCD avait pivoté autour de C, de telle sorte que le côté BC vienne à être couché horizontalement. Mais alors aussi les deux lignes mn et/iq, fig. 92, ne se trouveront plus dans une position verticale, mais dans une position horizontale.

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