‹ Traité du diabèteChapitre 16 sur 87 · O SB · texte numérisé non relu

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La densité de l'urine était très augmentée, et atteignait jusqu'à 1030 en raison de Texcès d'urée.

c. Nitrite damyle. — Hoffmann (1) a injecté à des chiens de 0,4 à 0,6 grammes de nitrite d'amyle, et constaté dans l'urine, deux ou cinq heures après, du sucre qui disparaissait au bout de douze à trente heures ; la présence du sucre fut révélée sûrement par la fermentation. Les recherches de Hoffmann ont été confirmées de tous points par celles de Sebold (2) ; celui-ci a trouvé dans les mêmes cas de l'albumine dans l'urine.

d. Adde orthonitrophénylpropiolique. — G. Hoppe- Seyler (3), en administrant ou un deux grammes de cette substance à des chiens, a trouvé constamment du sucre dans l'urine, le premier ou le second jour. C'était le second ouïe troisième jour que la quantité de sucre atteignait son maximum, qui allait jusqu'à 14^,8 en vingt-quatre heures pour des animaux de forte taille. Ce chiffre baissait ensuite, lentement ou rapidement, et le plus vite dans le cas où les animaux succombaient peu après. Avec le sucre on constatait aussi de l'albumine, dont les proportions suivaient les mêmes oscillations que celles du sucre, quand les ani^ maux survivaient à l'expérience.

€. La Méthyldelphmine, comme l'ont montré Ktilz (4) et Beschop, donne aussi lieu à de la glycosurie.

Il est à remarquer que dans toutes ces intoxications, qui s'accompagnent constamment de glycosurie, il y a une congestion intense des viscères abdominaux, foie, reins, etc.

(i) Hoffmann, Travaux de mon laboratoire, in ArcAtv fur Anai. und PhysioL, BerUn, 1873, p. 746-753.

(2) Sebold, Amylnitrit- Diabètes, Dissert., Marburg, i874 (KQlz, président).

(3) Zeitschriffi fur klinische Medicin, de Frerichs, t. lU, p. 403 ; et Zeitschrifft fur physiologische Chemie, t. VU, liv. v.

(4) Beiirag zur PathoL und Thérapie des Diabètes Mellitus,

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2 . Substances qui déterminent irrégulièrement et temporairement le passage du sucre dans Curine,

Pour une autre catégorie de poisons, leur introduction dans Forganisme détermine une glycosurie inconstante, et seulement avec de fortes doses, pouvant compromettre la vie. Ce sont :

a. Morphine et chloral. — On a observé souvent que Tinjection de fortes doses de morphine (0,3 grammes d'après Levinstein) était suivie d'apparition dans l'urine de sucre reconnaissable par réduction et par polarisation. Avec des doses plus faibles, on trouve parfois des éléments sensibles aux procédés de réduction, mais toujours lévogyres. J'ai eu l'occasion de constater cette glycosurie dans un seul cas, chez une dame qui avait absorbé d'énormes quantités de morphine, sans réussir à se procurer du sommeil. .

Feltz et Ritter ont cru reconnaître du sucre, par polarisation et par fermentation, dans Turine de chiens fortement chloralisés. Sur un animal empoisonné avec 20 grammes de chloral, Eckhard a trouvé du sucre en abondance par réduction, polarisation et fermentation.

Chez un malade de ma clinique, homme très vigoureux, bien musclé, âgé de trente-six ans, qui avait absorbé 36 grammes d'hydrate de chloral cristallisé, et était resté ensuite plusieurs jours dans le coma, l'urine était sensible aux procédés de réduction, mais ne donnait point d'acide carbonique par fermentation. Elle contenait, en grande quantité, la substance découverte par Mering et Musculus sous le nom d'acide urochloralique.

b. Acide cyanhydrique. — Le cas suivant montre que l'empoisonnement par cet acide compte aussi la glycosurie parmi ses suites.

26 PASSAGB DU SUCRB DANS L*URINB.

Le nommé L..., commis, âgé de vingt ans, absorbe le 16 octobre 1883, sous rinfluence d*un chagrin d*amonr, 4 grammes de cyanure de potassium, qu*il avait depuis plusieurs mois dans son porte-monnaie, et qui avait dû s*altérer avec le temps. L*ingestion du poison avait eu lieu à sept heures du matin, et le malade était apporté vers dix heures à la clinique. Il était assoupi, mais capable cependant de donner des renseignements sur son état. Les membres étaient immobiles, de temps en temps des convulsions cloniques agitaient les muscles des cuisses. Pupilles contractées insensibles à la lumière. Pouls 160 ; respiration, 28. Au bout de deux heures, la connaissance était revenue et tous les accidents avaient disparu, si bien que le malade pouvait retourner chez lui. L'urine retirée par la sonde, environ 500 centimètres cubes, donnait non seulement une forte réduction, mais encore polarisait à droite et contenait 1,5 p. 100 de sucre, produisant par fermentation de Talcool et de Tacide carbonique.

c. Acide sulfurique. — Des recherches attentives m'ont prouvé que dans rempoisonnement par Tacide sulfurique, la glycosurie est rare; on trouve quelquefois dans Turine des substances sensibles à la réduction, mais réfractaires à la fermentation (1). Il y a pourtant des exceptions.

Chez la nommée B.-L..., femme de chambre bien constituée, âgée de vingt-deux ans, qui avait absorbé une quantité considérable d'acide sulfurique concentré, l'urine, dont la densité s'élevait jusqu'à 1043, décelait à coup sûr la présence de sucre. Non seulement celui-ci réduisait très fortement les solutions alcalines de cuivre et de bismuth, mais déviait la lumière de 0,5 à droite dans les appareils de polarisation ; par la fermentation, il donnait de l'acide carbonique et de l'alcool, reconnaissables tous deux par le chloroforme et d'autres réactifs. Absence complète d'albumine dans l'urine.

Dans un second cas, celui du nommé G. W., ouvrier de trente ans,rurine contenait en même temps de l'albumine et du sucre. La densité atteignait 1036.

(I) Litten, RerUiwr klitiiMùhe Wœhemchrifft, 4881, n» 42.

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Dans un troisième cas concernant la nommée H. S., jeune fille de quinze ans, l'urine, d'une réaction très acide, réduisait bien l'oxyde de cuivre, mais ne fermentait pas. On rechercha Tacide glycurique, et le précipité de baryte fut obtenu, mais pas en quantité suffisante pour une analyse.

Un cas plus intéressant est le suivant, où la présence d'acétone, etc., a été reconnue dans l'urine :

Marthe S..., ouvrière, âgée de vingt et un ans, enceinte de cinq mois, voulant se suicider, avale, le 26 mai 1883, une quantité considérable diacide sulfurique concentré, qui détermine une hématémèse. Le médecin appelé ordonne de la magnésie calcinée avec du lait, et fait transporter la malade à la clinique. On constate tous les symptômes classiques de ce genre d'egipoisonnement, cautérisation intense de la cavité buccale, du voile du palais, aphonie, douleur cuisante au creux épigastrique. Émission de 700 centimètres cubes d*urine, d'une densité de 1045, sans albumine ni substances réductrices.

Le 28, la densité est de 1039, le 29, de 1031, le 30, de 1030. Des vomissements bilieux se montrent à plusieurs reprises. Le 31, la densité de l'urine est de 1033 , bien qu'elle ne contienne aucun principe anormal. Le l*'' juin, densité 1034, teinte foncée, odeur d'acétone, coloration rouge vin de Bourgogne avec le perchlorure de fer. L'urine laisse déposer un sédiment, qui est reconnu ensuite comme composé de phosphates cristallisés ; pas d'albumine, pas de réduction des solutions métalliques, pas de phénomène de polarU sation. 200 centimètres cubes de cette urine, additionnés d'acide sulfurique et soumis à la distillation, donnent un produit dégageant une forte odeur d'acétone, dans lequel l'iode et la lessive de potasse forment un dépôt abondant de lamelles d'iodoforme. La quantité d'acide sulfurique trouvée dans l'urine est au total de 1^^,6865, dont 1"^%4328 provenant des sulfates, et 0^',2537 en combinaison avec des principes aromatiques. Le rapport de l'acide sulfurique préexistant à l'acide combiné est donc ici comme 5,6 : 1. La totalité de cet acide sulfurique n'a rien d'anormal, mais la quantité de l'acide combiné dépasse beaucoup celle existant dans les sulfates.

Les vomissements persistèrent longtemps, ainsi que les douleurs dans les régions sternale et épigastrique. La malade ne put avaler qu'un peu de liquide.

28 PASSAGE DU SUCRE DANS L'URlNE.

Le 2 juin, 700 centimètres cubes d*urine, densité 1025. Avec le perchlorure de fer, forte coloration rouge, et odeur intense d*acétone. Quantité toUIe d*acide sulfurique 1^,8901 dont i«',63l8 d'acide préexistant, et 0^,2583 d'acide combiné, ce qui donne le rapport de 6,3 : i.

Le 3 juin, 600 centimètres cubes d'urine, densité 1023. Encore une forte coloration rouge par le perchlorure de fer. Quantité totale d'acide sulfurique, 1*',6209. La malade peut aujourd'hui prendre une nourriture plus abondante et plus substantielle.

Le 4 juin, 600 centimètres cubes d'urine, densité 1 015. Coloration très faible par le perchlorure de fer. Dans la totalité des urines, O^'^QSOO d'acide sulfurique. La malade ingère, pour la première fois, une quantité suffisante d'aliments.

Le 5 juin, 900 centimètres cubes d'urine, densité 1010. Coloration nulle par le perchlorure de fer. Acide sulfurique, 1^,1817.

Cette observation (1) est intéressante, non seulement en raison de la présence dans Furine d'une substance produisant de Tacétone, après ingestion d'acide sulfurique, mais aussi parce que cette particularité s*est montrée à une période déterminée. Le développement d'acétone dans l'urine a pu être obtenu exclusivement pendant le temps où la malade est restée en état d'inanition , en raison des douleurs violentes qu'elle ressentait dans toute la partie supérieure du tube digestif, et des vomissements incessants. Dès Tinstant où l'alimentation a pu être reprise en quantité suffisante, la réaction de l'acétone a disparu de l'urine. Au point de vue de l'élimination de l'acide sulfurique, en même temps que la production de l'acétone était le plus prononcée, on constatait aussi dans l'urine une augmentation notable de l'acide sulfurique en combinaison par rapport à la proportion des sulfates.

Les analyses chimiques, dans le cas qui précède, ont été conduites par G. Hoppe-Seyier.

A côté de la glycosurie consécutive à l'empoisonnement

(1) Voy. Zeitêchrift fur klinische Medicin, de Frérichs, t. VI, liv. v.

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par Facide sulfurique, il faut ranger celle que Goltz (1) a observée sur des lapins, dans mon laboratoire, après injection de fortes doses d'acide lactique dans Peslomac.

De même enfin celle qui succède à l'introduction d'acide phosphorique (Pavy) et d'acide chlorhydrique (Naunyn) dans l'estomac ou dans le sang.

d. Mercure. — De fortes doses de mercure font apparaître, comme l'a montré Salkowski (2), du sucre dans l'urine pendant un jour, avec de l'albumine et du sang. Yon Mering (3) est arrivé aux mêmes résultats. Les vaisseaux de l'estomac, des intestins, des reins et du foie étaient gorgés de saog. Il faut de fortes doses de mercure, donnant lieu à de graves symptômes d'empoisonnement, pour produire de la glycosurie et de l'albuminurie. Avec les doses ordinaires, qui constituent le traitement de la syphilis, je n'ai jamais trouvé ni sucre ni albumine dans l'urine. Dans aucun cas non plus, Kilssmaul (4) et G. Lewin (5) n'ont trouvé ni sucre ni albumine.

e. Alcool. — Bumm (6) a obsenvé une albuminurie et une glycosurie passagères dans le delirium tremens, et les a rapportées à une hyperémie du quatrième ventricule. Dans des cas analogues, je n'ai jamais trouvé de sucre, mais souvent de l'albumine dans l'urine.

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