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Maladies zymotiques

A côté des intoxications se placent les maladies zymotiques, dans lesquelles la glycosurie se montre comme conséquence d'une infection d'origine animale. Ce sont :

(1) Dissert, inaug. Berlin, 1868.

(2) Virchow's Archiv, t. XXVII, p. 247.

(3) Wirkung des Quecksilbers, Strasbourg, 1879.

(4) Untersuchungen ûber constitutionellen Mercuriulismus, p. 244.

(5) Behandlung der Syphilis mit subcutaner Sublimât Injection^ 1869, p. 26.

(6) Berliner klinische Wochenschriftj 1882, n» 25.

a. Choléra (1). — Dans les cas graves de choléra, avec diminution notable ou suppression momentanée de la sécrétion urinaire, on trouve, au début de la période de réaction et dans les urines abondantes qui sont émises alors, de Talbumine et de Tindoxyl, et bientôt après du sucre, lorsque l'albuminurie a disparu. La quantité de sucre en pareil cas est faible, et s'élève rarement jusqu'à 1 p. 100, tandis que les urines émises atteignent ordinairement de 1500 à 2000 centimètres cubes. D'après Gllbler, la proportion de sucre éprouverait ici les mêmes oscillations que dans le diabète vrai , peu élevée pendant la nuit et tant que le malade reste à la diète, plus considérable dans le jour et après les repas. Cette glycosurie est de courte durée, et disparaît ordinairement au bout de deux ou trois jours. Ayant eu de fréquentes occasions de faire les mêmes recherches pendant les épidémies cholériques de Gôltingen et de Breslau, je oe puis que confirmer ce qui précède. Je ferai connaître plus tard des cas où à la guérison du choléra succéda immédiatement un diabète vrai à terminaison fatale, après plusieurs années de durée.

b. Anthrax. — On voit des cas où le début d'un anthrax fait apparaître du sucre dans l'urine, et où le sucre disparaît sans laisser de traces avec la guérison de l'anthrax. Déjà Philipeaux et Vulpian (2) ont publié des observations de ce genre. J'ai vu pareil fait chez un homme âgé, et Proust, Gharcot et Wagner (3) en ont noté de semblables. Goolden (4) en a vu un aussi chez un médecin.

Marchai (de Galvi) (5) a rassemblé et soumis à la critique

(1) Bahl und Voit, ZeUschrift fur rationêlle Medidn^ noavelle série, Vf, p. 25. ^ Lebmann, PhysiologUche und chemi$che Studien ùber die Choiera, Zurich, 1857. — Gabier, Qaz. des hôpU. 1866, p. 410. — Huppert, Archiv f. phyiiologisehe Heilkunde, 1867, t. VHI, p. 331.

(2) Philipeaux et Vulpian, QazeUe hebdomadaire^ 6 déc. 1861.

(3) Wagner, Virchow's Archiv, t. XII, p. 401.

(4) Medicta Times, t. H, 1854.

(5) Marchai (de Calvi), Recherches sur les accidents diabétiques, Paris, 1864, p. 203.

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les cas en question, et au point de vue de Tétiologie il conclut que la glycosurie doit être considérée] non pas comme Teffet, mais comme la cause des anthrax. La démonstration rigoureuse qu'avant Tapparition d'un anthrax ou d'un phlegmon diffus il n*y avait pas de sucre dans l'urine, est toujours difficile à fournir; mais on peut s'assurer au moins qu'il n'existait aucun signe de diabète, et qu'avec la guérison de l'anthrax tout symptôme suspect a disparu complètement et pour toujours.

c. Diphthérie. — La glycosurie se montre exceptionnellement à la suite de la diphthérie. J'ai observé un cas dans lequel cette glycosurie a abouti finalement au diabète.

cL De même pour la fièvre typhoïde. — Seiffert (1) a rapporté un cas de glycosurie^ suite de fièvre typhoïde.

e. Scarlatine. — A la suite d'une scarlatine -grave, avec néphrite, diphthérie peu intense, et ascite, Zinn (2) vit l'amélioration survenir, mais en même temps persistait une grande faiblesse. Il y avait émission de 700 à 1000 centimètres cubes d'urine, d'une densité de 1030, et contenant beaucoup de sucre. Guérison définitive sous l'influence d'un régime approprié.

/. Impaludisme. — Gomme l'ont montré Burdel et Verneuil (3), l'impaludisme peut provoquer exceptionnellement l'apparition du sucre dans l'urine, mais seulement tant que persistent les accès fébriles. J'ai observé un cas de ce genre, que je donne ci-dessous et qui peut servir de confirmation aux remarques déjà citées. En dehors de ce seul exemple, je n'ai jamais constaté le fait en question sur plusieurs cen* taines de malades atteints de fièvres intermittentes.

M. K..., âgé de quarante-six ans, a toujours été robuste et bien portant, jusqu'à il y a six ans. A cette époque, il est pris subite--

(1) Wiener Wochensckrift, n«» 40 et 41 .

(2) Jahrbuch fur Kinder heilkundet nouvelle série, XIX, p. 2i6.

(3) Arch. gén, de méd. i882, p. 116. — Comptes rendus de FlnstitiU, 1859. — Union médicale , 1860.

ment de troubles respiratoires, causés par de l'engorgement des viscères abdominaux et entièrement dissipés par un traitement résolutif et Tusage d*eau de Kissingen. Surviennent ensuite des troubles de la miction, accompagnés d'hématuries, le tout probablement sous rinfluence d*hémorrhoïdes ; à leur tour ces derniers accidents disparaissent complètement au bout de deux ans.

Au commencement de 1860, le malade est atteint de la grippe, qui régnait alors épidémiquement, et qui chez lui traîne en Ion gueur et détermine un amaigrissement considérable. La fièvre affecte le type tierce, toutes les formes intermittentes étant exceptionnellement fréquentes dans le pays, et modifiant constamment le cours des pyrexies. Les choses s'améliorent sous Tinfluence du sulfate de quinine, et le malade semble complètement guéri, lorsqu'on découvre du sucre dans ses urines. Les recherches attentives du médecin de la famille, le D' Lenzberg, établissent bientôt ce fait intéressant, que le sucre apparaît daus Turine seulement les jours où il y a un paroxysme fébrile, et que la quinine supprime la glycosurie, qui reprend lorsque le fébrifuge cesse d*ôtre administré.

La soif n*est pas accrue, la quantité d*uriûe dépasse rarement la normale ; sa densité paraît n'avoir jamais excédé 1 040. Aucune altération appréciable dans les viscères des cavités thoracique et abdominale ; un peu d'augmentation du volume de la rate.

Quand le malade se présente à moi, en mai 1860, il a toutes les apparences d'un homme robuste et bien portant; il se plaint pourtant d'une grande faiblesse lui rendant difficile la montée des escaliers. Appétit diminué, complètement nul les jours de fièvre ; pas de trouble des sécrétions cutanées; abolition des fonctions génitales.

L'urine, examinée après un léger accès de fièvre, est pâle, faiblement acide, d'une densité de 1020, et contient 0,5 p. 100 de sucre ; celle examinée le jour suivant est plus foncée, d'une densité de 1022, et ne contient aucune trace de sucre.

Je conseille au malade une cure à Garlsbad ; l'apparition de sucre dans l'urine, qui avait lieu tous les deux jours, dure encore deux semaines, bien qu'au bout de la première semaine il n'y eût déjà plus d'accès fébrile notable. Un fort accès survient pendant la quatrième semaine, et en môme temps le sucre reparait dans Turine, qui n'en avait point contenu pendant huit jours. Le malade se rétablit ensuite ; la faiblesse disparaît, les fonctions génitales se réveillent, la disposition d'esprit est meilleure. Dans la sixième semaine, à la suite d'un refroidissement, nouvel accès de fièvre, mais pas de sucre dans l'urine.

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J*ai perdu de vue ce malade, et appris plus tard indirectement qu*il était mort deux ans après. La faiblesse générale et Tamaigrissèment étaient bientôt revenus, avec un trouble profond des facultés psychiques, ayant entraîné des habitudes d'ivrognerie. Des vomissements, de la diarrhée, une teinte bronzée de la peau, des douleurs dans le dos, avaient fait attribuer l'état cachectique du sujet à la maladie d'Addison. La mort avait été subite, et probablement causée par une hémorrhagie stomacale.

Ce cas est intéressant à plusieurs points de vue. Burdel a publié (1) une observation de melliturie intermittente qui se rap* proche de la précédente. On y constatait de môme la présence de sucre dans Turine aux époques des accès, et sa disparition quand la fièvre était arrêtée par la quinine. Mais il y avait en môme temps une hypertrophie considérable du foie, avec ictère. La fièvre récidiva plus tard, fut négligée et entraîna une cachexie intense, avec soif vive, urines abondantes et riches en sucre; le foie augmenta encore de volume. Une guérison complète et durable fut obtenue par l'usage prolongé du sulfate de quinine ; le foie diminua de volume, le sucre disparut des urines et lés forces revinrent.

Burdel déclare avoir observé trois cas semblables, et assigne comme cause à la glycosurie des troubles d'innervation sous l'influence du miasme palustre, par une sorte de rupture d'équilibre entre les systèmes nerveux cérébro-spinal et sympathique.

Je manque de documents sur Tapparition du sucre dans Turine sous FinQuence des poisons narcotiques. On a avancé que Téther produirait de la glycosurie , ce qui a été contredit par de nombreuses recherches ; je citerai entre autres le cas d'un jeune homme, qui avait Thabitude de s'éthériser en pleine rue, et était désigné pour cela sous un sobriquet par les gamins de Berlin ; après qu'il eut absorbé en inhalations 207 grammes d'éther à ma clinique, j'examinai son urine et n'y trouvai point de traces de sucre (2).

De même pour le chloroforme, auquel Reynoso et Pavy ont vu produire de la glycosurie. Je n'ai jamais trouvé de

(1) Burdel, Unùm médicale^ 1860, p. 338; Comptes rendus de Hnstitut, 1859, p. 680.

(2) Ewald, Berliner Klinische Wochenschrift, 1875, p. 473.

Frericus. — Lo Diabète. 3

sucre en pareil cas, non plus qu'Erlenmeyer (1), qui chez un malade ayant respiré pendant la nuit 200 à 250 grammes de chloroforme, et resté 3 jours sans connaissance, trouva dans les urines de l'albumine et du sang, mais point de sucre.

Il existe une série de substances, qui font apparaître dans Turine des matières réductrices, mais non accompagnées de sucre. C'est ce qu'ont vu Salkowski et Senator (2) après de fortes doses d'acide benzoïque, et Bôhm par l'emploi de l'essence d'absinthe. Almen pensait que l'usage d'essence de térébenthine était suivi de glycosurie, mais Smiedeberg (3) a montré qu'il s'agissait là d'acides glycurique géminés.

Ewald et V. Mering (4) ont observé dans mon laboratoire, 9près empoisonnement par la nitro-benzine, des éléments réducteurs dans l'urine, polarisant à gauche et ne fermentant pas, par conséquent ne pouvant pas être pris pour du sucre.

D'après les beaux travaux de Schmiedeberg et Meyer (5), on sait qu'après absorption de camphre, il se développe dans l'urine deux acides camphoglycuriques, et que par l'action des acides minéraux l'acide glycurique devient libre, réduisant les solutions cupriques alcalines, polarisant à droite, se comportant en un mot comme le suci e de raisin.

Par l'introduction d'orthonilrotoluol dans l'urine, Jaffé (6) a trouvé une substance polarisant à gauche, dont il a pu extraire un corps doué d'une puissance réductrice énergique et qui n'était autre que de l'acide glycurique.

(I) Bericht uber die lïeilanst'idt, Bendorf, 1877. ("2) Zcitscfitift fur KUmscke Medicin, de Krerichs, l. I, p. 244. (;<) U'er oxylationurtd Synthèse im Thierkorper, Archiv, fur experimentelU Vatkologie und Pharmak logie, 1881, p. 308.

(4) Btrliner Klmische Wochenschrift, 1875.

(.ij ZeiUchrift fur physiologhche Chemie^ t. III, p. 422. (6; /6ï(/., t. Il, p. 47.

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D'après Baumann et Schiffer, le méthylhydantoïne posséderait quelquefois des propriétés réductrices.

On voit, d'après ce qui précède, combien il faut être prudent dans la recherche du sucre dans l'urine, et que les analyses par réduction ne suffisent nullement à démontrer lexistence du sucre.

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