Alcalins
A. Le carbonate de soude (1) est efficace dans quelques cas, diminue l'excrétion du sucre, augmente les forces et le poids du corps, mais jamais ces résultats ne sont durables. Souvent on ne remarque aucun effet heureux de ce médicament sur la marche de la maladie ; parfois même il y serait plutôt nuisible (2}.
(1) Zuntz {Beiir, z. Physiologie des Diabètes) admet comme vraisemblable, que les processus d'oxydation dans le sang ont pour conséquence la formation continue d'acides, qui se combineraient au fur et à mesure de leur pi-oductîon avec d'autres résidus de la désassimilation. Cette acidité du sang est surtout prononcée lorsqu'on le soumet aune température dépassant légèrement la chaleur normale du corps. Elle est aussi très manifeste dans le sang additionné de carbonate de soude. Les faits observés dans le traitement du diabète n'apportent aucune confirmation à ces vues théoriques.
(2) Dans un cas, des troubles de la vue s'améliorèrent sous l'influence du carbonate de soude, et empirèrent de nouveau quand on le supprima. J'ai vu pareille alternative se produire avec les eaux de Garlsbad. Un fait remarquable, découvert dans le laboratoire de ma clinique, par le professeur Ehrlich, c'est que des grenouilles plongées pendant plusieurs semaines dans une solution concentrée de sucre de raisin pur, n'ont que peu ou point de glycogène dans le foie ; on en trouvait au contraire quand la solution sucrée était additionnée de carbonate de soude.
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B; Les eaux minérales alcalines^ Garlsbad, Neuenahr et Vichy, sont beaucoup plus utiles dans le traitement du diabète que le carbonate de soude pur.
Il n*y a. aucun doute, et je m'en suis assuré maintes fois, que l'usage de ces eaux fait disparaître les symptômes du diabète soit entièrement et pour un temps plus ou moins long, soit' au moins d'une façon très notable. Je n!ai vu qu'un petit nombre de cas où les eaux de Garlsbad aient eu des suites fâcheuses. Il s'agissait presque toujours de malades qui avaient suivi ce traitement contre mon gré, et auxquels certaines complications, surtout du côté du thorax^ me l'avaient fait interdire. L'un d'eux fut pris aux eaux d'une diarrhée incoercible, puis d'accidents dysentériques, qui le forcèrent à interrompre sa cure.
Les bons effets des sources minérales sembleraient contredits par les observations de Kiilz, Riess et Senator, qui faisant prendre aux malades, soit à l'hôpital, soit en ville, des eaux de Garlsbad, combinées avec un régime sévère, n*auraient obtenu aucun changement dans l'excrétion du sucre. Il ne sert à rien de se demander si les bienfaits des eaux minérales ne doivent pas être altribuésau changement de milieu et d'habitudes, à l'exercice, au séjour dans les montagnes, à l'éloignement des affaires, à l'oubli: des tracas de chaque jour, etc. ; le fait à retenir, c'est l'efficacité des eaux, dont j'ai eu tant de preuves pour ma part que je n'hésiterai jamais à y envoyer mes malades. Pas plus que les autres traitements, elles ne réalisent la guérison définitive du diabète ; mais elljes font disparaître, le sMpre des, urio^^s pour plusieurs mois, et il' n'y revient ensuite que peu à peu, et d'abord en petite quia^lité-
Je ferai remarquer encore que, chez beaucoup de malades, toutes les èa,ux alcalines réussi^en^ dans les premiers temps, mais qu'ensuite elles deviennent de moins en moins actives pour perdre enfin toute effica/^ité. I^es succès les plus complets qu'on ea obtient se rapportent aux formes
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goutteuses du diabète, où elles modifient à la Fois la goutte et Texcrétion du sucre. Je me souviens à ce propos d'une malade, que j'avais envoyée à Carlsbad pour la goutte, et qui y fut prise d'une attaque de goutte, accompagnée de glycosurie. La continuation de la cure eut bientôt raison de cette complication.
Enfin j'ai noté certains cas où le diabète était lié, selon toute apparence, à quelque affection cérébrale localisée, et où les eaux de Carlsbad prises à domicile donnaient de très bons résultats.